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Black Faith – Nightscapes

Pays : Italie
Genre : Black Metal
Label : Throats Production
Date de sortie : 2017 (indéterminé)

Le black metal italien n’est vraiment pas l’une des scènes les plus prolifiques du genre ! C’est la formule la plus courtoise pour dire que le pays n’est pas franchement l’un des plus notables pour notre genre de musique préféré. Les plus pointus d’entre vous doivent sûrement déjà être en train de se dire que je n’y connais rien en ramenant à l’appui pléthore de groupes extrêmement talentueux, bande de trve que vous êtes. Mais ne vous inquiétez pas, Black Faith a eu la gentillesse de nous envoyer son album à paraître Nightscapes, conscients qu’ils sont sans doute que votre serviteur est un inculte de leur scène nationale.

black-faith

Nightscapes se présente à vous dans sa belle cover nocturne. Une silhouette encapuchonnée marche sous un ciel étoilé, au milieu d’une vaste plaine. Classique, mais bien réalisée, évocatrice et donnant envie de se pencher sur la musique. Dès l’ouverture « Obsecratio », vous savez que vous êtes en terrain connu. Les guitares ont un son typique, le riffing se base sur du trémolo à toute allure et les blasts sont légions. Voix écorchée pour couronner le tout, bienvenu en plein culte du début des années 1990. Suivant cette sympathique introduction, vous arrivez à la première vraie piste, « Culmination of Injustice ». Ici, l’inspiration semble se faire très suédoise. Je pense personnellement aux premiers Dark Funeral. L’ensemble ne décélère jamais. Les voix sont lointaines, éructées, et contrastent étrangement avec les guitares on ne peut plus présentes. Une petite idée pour mettre en valeur le chant qui rehausse efficacement la piste, lui donnant une vraie personnalité.

Après un nouvel interlude, voici « Never Eternal », qui elle se base sur un mid tempo répété à l’envie. Si les premières mesures sont convaincantes et bien entraînantes, la piste finit par traîner en longueur et devenir lassante. La voix vient encore une fois se placer en peu en arrière du mix, et enlève pour le coup un dynamisme qui manque cruellement à la chanson. Les pistes suivantes s’enchaînent, variant entre furie toute scandinave et lenteur sépulcrale. Le problème, c’est que rien ne se distingue réellement pour ma part. C’est parfaitement accompli, très carré, l’héritage scandinave est bien assimilé, la batterie se permet des passages parfois assez originaux. Mais l’attention décline inexorablement. À propos de la batterie, je mentionnerai au passage qu’elle est un peu trop claire et claquante à mon goût, très sèche, et fait parfois un peu tiquer.

Vous aurez compris le problème. Après un départ en trombe très accrocheur, Nightscapes perd peu à peu votre intérêt pour ne le raviver qu’à de trop rares occasions. Évoquons tout de même « The Shadowline », qui sort un peu du lot en proposant enfin quelque chose que le groupe avait perdu depuis le début de l’album. Cette chose c’est, vous savez, ce qui fait que l’on retient un album et qu’on le réécoute avec autant sinon plus de plaisir que la première fois. Cette fameuse particularité qui fait de Varg Vikernes, l’homme qui compose un album avec dix notes répétées en boucle, un génie intemporel de la musique.

L’émotion ! C’est bien ça, c’est l’émotion ! Et bien voilà, nous y sommes, à part quelques passages ou chansons, Nightscapes ne vous fait pas ressentir assez d’émotions pour satisfaire complètement. Tout est parfaitement calibré, mais il n’est que trop rare que la musique de Black Faith fasse réellement mouche. En-dehors des deux premières pistes, on notera « The Shadowline » déjà nommée et sa suivante, « These Corridors Spurts Blood » qui vous ressert une louche d’énergie et de colère bien senties, avec quelques passages punk jouissifs. Enfin, la piste éponyme est réellement réussie, avec un riff principal excellent. Enfin Black Faith se fait touchant ! Enfin il se lâche un peu et se permet une certaine personnalité derrière son hommage aux grands anciens des terres glacées ! Et ça marche bon sang ! Le groupe a un réel potentiel quand il s’y met. Quand on constate que Black Faith est capable du meilleur, il est particulièrement rageant de le voir gâcher de bons riffs en les incorporant à des chansons trop longues et qui ne présentent que peu d’intérêt. Prenez « Consecrabor », le riff d’entrée est excellent, mais vite annihilé par le reste de la chanson, complètement inintéressant. Les qualités du groupe sont criantes, mais noyées dans trop de passages plus moyens voir médiocres superflus.

On en arrive donc finalement à un album en demi-teinte, ni vraiment réussi ni réellement mauvais. Nigthscapes navigue entre deux eaux. Ni assez bon pour être un succès, ni trop mauvais pour n’être qu’un simple gaspillage. Le groupe a du talent, encore faut-il qu’il le laisse s’exprimer. D’autant plus que l’album est long, très long même. La moitié des pistes dépasse les sept minutes. Il y a de sérieux, trop sérieux moments de décrochage au cours de l’écoute. Enfin, le groupe prouve tout de même qu’il sait faire de belles choses quand il s’y met, et c’est quelque chose d’assez encourageant pour lui accorder une attention soutenue pour les années à venir.

Nightscapes aura donc prouvé que la scène italienne peut donner de très bonnes choses, même avec une certaine irrégularité. Une bonne moitié de l’album est de trop, et le groupe aurait eu meilleur choix de faire un tri et de ne garder que les pistes les plus efficaces et touchantes. Enfin, une moitié d’album bonne, surtout avec un album aussi long, ce n’est tout de même pas beaucoup. À vous de voir donc, si le groupe trouve assez grâce à vos oreilles, ou si au contraire vous verrez sérieusement passer le temps au bout d’un moment.

 

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