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Diocletian – Doom Cult

Pays : Nouvelle Zélande
Genre : Black/Death Metal
Label : Invictus Productions
Date de sortie : 18 Mai 2009

Pour une raison étrange, le black/death a plus tendance à plaire aux amateurs de death metal que de black. Peut-être parce que le mélange, sauf exception, fait généralement de la brutalité et de la bestialité son cheval de bataille. La lourdeur et la férocité du death metal accompagnées par l’aspect mauvais et hostile du black metal le plus sale et primitif made in Bathory premières cuvées, mais sans vraiment l’aspect rock’n roll . Si ce mélange peut amener des perles de raffinement et d’atmosphère, comme le dernier Kosmokrator ou les productions de Bölzer, il en résulte plus souvent ce que l’on s’est accordé au fil du temps à appeler war metal.

doom-cult

Oui, l’appellation fait sourire. Pourtant, elle a le mérite de bien évoquer ce qui émerge globalement des albums de death/black. Un matraquage impie, bestial, bouillonnant et impitoyable qui vient déferler dans les oreilles de l’auditeur. Une appellation à la guerre et à la violence sans compromis. Archgoat, Withchrist, Revenge, Blasphemy, Angelcorpse, Arkhon Infaustus, Impiety… Les grands noms du genre correspondent tous à cette description ! Sans bien sûr oublier Diocletian ici présent.

Diocletian, c’est le chef de file de la vague de groupes death/black venue de Nouvelle-Zélande. Une succession de formations toutes plus impitoyables les unes que les autres, volontiers consanguines, qui prennent de plus en plus d’ampleur depuis quelques années. Après avoir provisoirement déposé les armes en mai 2015, le groupe semble s’être finalement remis d’aplomb. Nous sommes donc en droit d’attendre de nouvelles sorties dans un laps de temps plus ou moins long, ce qui au vu des productions précédentes n’augure que du bon !

En hommage à cette reprise d’activité, penchons-nous sur le premier album du groupe, le très fameux Doom Cult. Rien qu’à la pochette, vous sentez peut-être avoir affaire à quelque chose d’exception. Sobre, radicale, annonciatrice d’un programme qui ne souffrira d’aucun compromis. Anti-Christianisme, mort et violence. Ça met l’eau à la bouche non ? Ce blason, ce sont les armes de Diocletian, sa substantifique moelle. Penchez-vous sur les autres productions du groupe, rien ne changera d’un poil.

En quoi consiste Doom Cult ? Facile. Une grosse demi-heure de guerre totale dans vos oreilles. Cela se traduit par une production très compressée, dans laquelle la batterie assourdie se distingue comme elle peut du magma sonore des guitares et de la basse. Tout sonne étouffé et gargouillant, jusqu’à la voix vomissante de VK, qui hurle tout ce qu’il peut derrière le mur de son. Jusque-là, rien de bien original, surtout pour du black death me direz-vous. Et vous avez bien raison. Diocletian se fiche complètement de l’originalité, et se contente d’une dose bien audible de personnalité. Le black death de Diocletian, ou war metal si vous préférez, est tout à fait classique dans la forme et le fond. Ce qui le distingue, c’est tout bêtement son talent. C’est simple, Doom Cult est ce qui se fait de mieux et de plus accomplit dans ce type de musique spécifique.

Soyons un peu précis, pas comme la production de l’album. Doom Cult vous est servi sous la forme de neufs titres courts, le plus long étant le final « Heretics », durant cinq minutes. Mais ça, vous vous en fichez un peu. L’album s’écoute d’une traite, et vous aurez de toute façon de bonnes difficultés à distinguer les titres entre eux. La faute au son, certes, mais aussi à la très grande homogénéité de l’album. C’est tout l’intérêt de cette production ; il vous faudra vous y habituer durant les premières écoutes, mais une fois assimilée, elle vous happe dans un climat de guerre permanent pendant toute la durée de l’album. Inconcevable de se passer juste une chanson, l’album s’enfile tout seul, et vous aurez à peine lancé la lecture que vous vous retrouverez une demi-heure après avec votre content de bagarre musicale. Magique !

Diocletian a les arguments pour vous attraper, il faut le reconnaitre. Les riffs ne sont jamais complexes, mais parfaitement ravageurs et affutés, une fois assimilés et discernés. Le tabassage en règle ne baisse jamais ni en qualité ni en intensité. La batterie blast ou vous assène des rythmes martiaux tout le long de l’album, les quelques soli sont dans la grande tradition slayerienne du grand n’importe quoi chaotique à grand renfort de torture de vibrato.  Aucun véritable ralentissement à noter ! D’où une écoute qui peut sembler éprouvante et un poil fastidieuse les premières fois. Il vous faudra bien deux ou trois assauts pour commencer à vraiment aimer cet album, à moins que vous ne soyez déjà un sérieux client de black death bestial. Auquel cas vous connaissez probablement déjà cet album d’ailleurs. Mais une fois apprivoisé, Doom Cult devient très rapidement une œuvre culte que vous vous repasserez régulièrement, aussi dense et exigeant soit-il.

Après un tel premier album, on ne peut que se réjouir vis-à-vis de la perspective des potentielles futures sorties de Diocletian ! Le groupe est particulièrement constant en terme de qualité de sorties, et fait figure de leader de la scène black death mondiale depuis sa petite île du Pacifique. Moins extrême et surtout  plus sobre que Revenge, plus guerrier qu’un Archgoat toujours plus blasphématoire, plus martial et moins foutraque qu’Impiety, Diocletian est un incontournable de la scène war metal. Et son Doom Cult en est une excellente ouverture !

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