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Live Report – Ragnard Winter Night – Roulers

Dans le cadre des différentes dates estampillées Ragnard Winter Night, un concert était organisé conjointement par Ondes Noires Lille et un certain festival français ce jeudi 2 février dans le bar De Verlichte Geest de la charmante ville de Roulers (Roeselare en néerlandais). Vous l’aurez compris, c’est cette fois-ci outre-Quiévrain que l’équipe de Heiðnir Webzine s’est rendue pour assister à un concert dont l’excellente affiche n’a pas dû faire hésiter grand monde au moment de sa révélation. Les ukrainiens de Khors étaient ainsi accompagnés des français d’Antilife et des italiens de Selvans. Rien que cela. Le tout pour offrir à quelques dizaines de spectateurs une soirée haute en couleurs et riche en black metal.

Concernant l’affiche en elle-même, sa qualité n’est évidemment pas à prouver. Les lillois d’Antilife ont sorti en 2016 un excellent premier album marqué du sceau du DSBM, et que dire de Khors et de Selvans ? Les ukrainiens et les italiens ne sont bien entendu plus à présenter. Néanmoins, même si ces trois formations appartiennent au registre black, difficile de trouver des points de corrélation entre leurs styles respectifs. Quoi qu’il en soit, nous sommes heureux de traverser la Belgique depuis la métropole lilloise pour nous rendre à l’une des dates marquantes de ce début d’année 2017. Place à la musique

Une fois arrivés devant le bar De Verlichte Geest, un léger point noir vient mettre à mal l’entame d’une soirée que l’on espère mémorable. L’ouverture des portes n’intervient pas à dix-neuf heures, comme prévu en amont, mais bien quarante minutes plus tard. Autant dire que nous sommes heureux que les glaciales gelées de l’hiver soient derrière nous. La salle baigne dans une atmosphère assez chaleureuse, même si nous ressentons déjà l’excitation qui va accompagner la première prestation du soir, celle des lillois d’Antilife. Un rapide coup d’oeil vers la scène nous donne un aperçu de ce qui est sur le point de se produire. Artistes maquillés, ailes d’oiseaux et viscères accrochées devant la batterie. Le set s’annonce marquant, et pour cause.

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Après des balances interminables, le quintette se lance enfin devant un public encore accoudé au bar, une Jupiler à la main. Deux choses se distinguent des autres en ce début de prestation, la mauvaise qualité du son et la prestance de Psycho. Inutile de se voiler la face, le son est franchement désagréable par moments, surtout lorsqu’il concerne les chants de Psycho. C’est bien simple, on ne l’entend que lorsque ses hurlements se font trop aigus. Passé ce léger désagrément, la prestation des lillois s’est faite sous les yeux fascinés d’un public qui n’attendait sans doute pas un tel jeu de scène. Entre l’attitude littéralement possédée du chanteur et la musique malsaine à souhait, l’atmosphère de la salle venait de prendre un sérieux coup de froid.

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Nous avons donc l’occasion de voir Psycho s’adonner à un véritable rituel païen sous nos yeux, buvant ainsi le contenu d’un crâne après en avoir aspergé les membres de son groupe, ou encore faire tourner sa bouteille parmi les spectateurs. Ce même Psycho profite d’ailleurs des premiers intertitres pour se lacérer allègrement le torse à l’aide d’une lame de rasoir, et ira jusqu’à tirer cinq coups de feu à l’aide d’un pistolet au rythme de la musique toujours aussi lancinante du groupe lillois. En fin de prestation, Haine se lève de son tabouret, la démarche titubante, avant se jeter littéralement dans la foule pour en découdre avec un spectateur. Un jeu de scène intrigant et impressionnant du début à la fin. Antilife a cultivé la peur et la misanthropie, à la fascination générale.

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Une fois cette douloureuse mais non moins jubilatoire entrée en matière terminée, c’est au tour des italiens de Selvans d’occuper la scène. Le décor change, tout comme l’ambiance. Le sang et la violence laissent place à un cadre sombre et champêtre qui incarne l’identité même de la musique des italiens. Des balances bien plus rapides cette fois-ci, mais une qualité sonore qui devra à nouveau être réglée en cours de prestation. Selvans Haruspex arrive sur scène affublé de son traditionnel masque lupin au rythme de la batterie et de guitares qui nous font entrer de suite dans l’univers musical si poussé de Selvans. Nous remarquons également que le chanteur a à coeur d’interagir avec un public acquis à sa cause, comme en témoigne l’ambiance qui monte progressivement au fil de la prestation du groupe. Selvans Haruspex ne s’est en outre pas fait prié pour terminer la bouteille de Cellier des Dauphins entamée au préalable par les membres d’Antilife.

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Une prestation très sérieuse de la part des italiens, qui jouent devant trente personnes comme devant un public bien plus large. Nous assistons à un jeu de scène bien moins poussé que celui d’Antilife, mais ce n’est de toute manière pas ce que l’on attendait des italiens. Petit pincement au coeur dans la mesure où le groupe n’a joué aucun titre atmosphérique, mais cela n’est pas sans rapport avec d’évidentes contraintes instrumentales. Un set mené avec maîtrise de bout en bout pour instaurer une réelle atmosphère au sein de la salle. Après cela, juste le temps pour le public de se désaltérer le gosier ou de s’oxygéner que vient le tour de la tête d’affiche de la soirée, celui des ukrainiens de Khors.

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Une fois les balances faites, et même si le grand Khaoth semble bien à l’étroit derrière sa batterie, le concert peut enfin commencer. Vêtus de leurs traditionnelles longues tuniques noires, les quatre membres de Khors mettent de suite en place une atmosphère plus martiale dans la salle. Leur musique ne se veut pas particulièrement effrénée, mais l’ambiance qui se dégage de la scène tend à assombrir davantage une salle déjà dévouée corps et âme à Khors. Cependant, petit problème. Oui, vous avez deviné, le son fait encore des siennes. Les chants de Jurgis ont beaucoup de mal à se faire entendre dans le marasme ambiant, et ses quelques soli ont toutes les peines du monde à se faire une place aux côtés de la basse et de la batterie. Ce qui devait probablement arriver arriva. La prestation des ukrainiens s’interrompt quelques minutes pour laisser aux ingénieurs du son le temps de régler les quelques soucis qui plombent la prestation de Khors. Malgré ce petit problème, le set des ukrainiens est dirigé avec toute la maturité que l’on peut imaginer de la part d’un groupe comme celui-ci. Un final à la mesure de tout le talent déployé au cours de la soirée.

Malgré les soucis techniques qui ont dérangé chaque groupe ainsi que le public, nous pouvons dire sans trop nous mouiller que la soirée fut une franche réussite. Trois groupes de talent et des musiciens conscients de leur force. Un jeu de scène prenant, voire même obsédant à certains moments. La recette est simple, mais elle fonctionne à merveille dans ce genre de soirée intimiste où les groupes font corps avec leur public. Voici ce qui a contenté les quelques dizaines de spectateurs présents dans le bar belge. Un grand moment rendu possible par Ondes Noires Lille.

Article réalisé en collaboration avec Hugo.

About Maxime (321 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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  1. Live Report – Throne For Pain Tour – Lille – Heiðnir Webzine

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