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Ungfell – Tôtbringære

Pays : Suisse
Genre : Black Metal
Label : Graceless Recordings
Date de sortie : 1 Février 2017

Le black metal à tendance médiévale, c’est quelque chose qui peut donner de très bonnes choses. On se souvient de Darkenhöld par exemple, ou des projets comme Herlequin dont nous vous parlions il y a quelques mois. Que l’on veuille le faire transparaître à travers les riffs et l’ambiance globale, ou grâce à des instruments archaïques, il y a toujours moyens d’incorporer une dose de Moyen Âge. Seulement, c’est tout de même un pari risqué. Le basculement dans l’agaçant et l’indigeste n’est pas simple à éviter, pas plus que la comparaison avec d’autres groupes.

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Ungfell nous vient donc de Suisse et s’inscrit dans la grande tradition des groupes de black metal menés par un seul homme. Ici, c’est Menetekel qui s’occupe de tout, ayant seulement fait appel à un compagnon pour la batterie. La belle pochette aux tons terreux et passés est assez annonciatrice de ce qui nous attend sur l’album ; l’évocation d’un Moyen Âge sale et fangeux, plein de folklore populaire et de craintes surnaturelles. On retrouve d’ailleurs sur l’album des samples de films que votre serviteur croit avoir identifiés comme provenant du chef d’œuvre Le Septième Sceau  d’Ingmar Bergman. La formule est connue, mais les véritables réussites du genre se comptent sur les doigts d’une main.

L’album se décline en 8 pistes plutôt longues, dont deux interludes. La composition fait la part belle aux mélodies en trémolo sur fond de batterie hargneuse. Et dès la première piste « Viures Brunst », vous ne pouvez que reconnaître une influence musicale bien de chez nous, et même un peu trop de chez nous diraient certains. Et oui, Peste Noire est très présent sur ce disque, autant dans le son de guitare chaud et très naturel que dans le chant de Menetekel, se voulant dérangé et partant dans les aigus éructés, soutenu régulièrement par des growls. Même les riffs ont quelque chose de très peste-négrien, oscillant entre l’entraînant, le gouailleur et le mélancolique. Ce cher Famine a bien laissé sa patte dans les oreilles d’Ungfell. L’atmosphère globale du disque fait assez penser à celle de La Sanie Des Siècles. Heureusement, le groupe arrive à se différencier quelque peu de Peste Noire.

Parce que d’emblée, il faut reconnaître que ce Tôtbringære est moins inspiré que Peste Noire, en particulier sur le terrain médiévale arriéré et déliquescent de La Sanie Des Siècles qu’a sûrement beaucoup écouté Menetekel. Certes, Peste Noire n’apporte pas un travail instrumental aussi important qu’Ungfell, mais les français ont le sens du riff touchant dès la première écoute et de l’aliénation mentale à fleur de peau. Le suisse est sur les mêmes plates-bandes, mais ne peut que décevoir un peu, tant il sera difficile de battre Peste Noire sur ce terrain-là. Une maladresse donc, mais pardonnable. Car Ungfell a effectivement de beaux arguments à faire valoir !

Le souci, c’est que Tôtbringære n’arrive à décoller vraiment qu’à partir de la superbe quatrième piste « Trommler Tod ». Avant cela, les riffs sont plus agaçants qu’autre chose, et les ambiances sont trop foutraques et dispersées pour être vraiment convaincantes. Et ce qui est un peu inquiétant, c’est que c’est dans ses meilleurs moments qu’Ungell ressemble le plus à Peste Noire. Prenez la piste finale, la très réussie « Der Opfersprung ». La chanson est très bonne, alternant les riffs de qualité et les atmosphères passéistes aigres. Seulement, on croirait vraiment entendre du Peste Noire, à mi-chemin entre La Sanie Des Siècles et les deux derniers albums du groupe. Troublant.

Le disque est parsemé de bons moments souvent très convaincants, il n’y a pas à dire. Les multiples passages à la guitare clean sont intelligemment placés, les instruments traditionnels sont bien utilisés et tendent pour le coup à apporter une vraie patte. Les pistes sont souvent bien construites. Sauf que l’album se réveille décidément trop lentement, et fait presque décrocher avant d’avoir atteint son premier tiers, tant celui-ci se révèle laborieux et peu agréable. En fait, il y a un vrai problème de mise en valeur des mélodies. Certaines sont gâchées par une batterie maladroite ou une voix trop criarde. Ah oui ! Parlons-en du chant ! Un vrai problème selon moi. Il ressemble à un mélange entre celui de Famine et celui de Dunkel de Sale Freux. Et autant ces chants respectifs collent très bien aux projets de leurs musiciens, autant chez Ungfell, ça ne fonctionne pas vraiment. C’est même souvent un vrai obstacle à mon avis. Trop strident, trop écorché et poussé. Tiens, à propos de Dunkel, son ombre est perceptible régulièrement tout au long de l’album également, en particulier dans les passages les plus mélancoliques.

Ungfell a un vrai potentiel. Il utilise bien ses instruments folkloriques et fournit une musique de très bonne qualité sur une bonne partie de l’album, avec une atmosphère propre qui se fait peu à peu sentir. Seulement, ses influences sont encore trop perceptibles et ses défauts sont encore trop présents pour être entièrement satisfaisant. Un gros espoir à placer dans le prochain album pour sûr !

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