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Live Report – Cernunnos Pagan Fest IX

Nous y sommes enfin, la neuvième édition du Cernunnos Pagan Fest. L’événement folk, pagan et médiéval fait son grand retour après une année 2016 vierge, pour le plus grand bonheur des amoureux d’airs festifs et dansants. C’est ainsi qu’il a lieu dans la Ferme du Buisson, lieu culturel d’importance dans le département de la Seine-et-Marne, à Noisiel. L’affiche donnait déjà très envie, avec des groupes d’importance et des formations moins connues, mais pas dénuées d’une certain talent, ce qui portait à croire que tout cela nous promettait de la fête, de la chaleur, et une belle communion.

C’est par un froid déchirant et sous une pluie fine que l’accès au public s’ouvre, à treize heures précises. Les conditions météorologiques n’empêchent pas les plus téméraires d’entre nous d’arborer kilts, tenues d’inspiration viking, ou même longues toges se voulant médiévales. Cela dit, je n’aurais pas renié une fourrure sur mes épaules, comme certains ont eu l’intelligence de le faire. Une heure après l’ouverture des portes doit avoir lieu la toute première représentation de la journée, celle des français de Toter Fisch, gagnants du tremplin organisé en marge de la tenue du Cernunnos Pagan Fest.

Cependant petit problème. Non pas qu’un quelconque retard soit à déplorer, mais au vu des températures, une ouverture de la salle à un autre moment que cinq minutes avant le début du concert n’aurait pas été de refus. L’équipe de sécurité avait sans doute ses raisons, quand bien même, nous aurions aimé pouvoir nous réchauffer quelque peu après avoir longuement attendu dans le froid. Peu importe ce léger désagrément, la prestation de Toter Fisch démarre devant un public déjà bien enthousiaste à l’idée de se remuer le lard sur une musique enjouée.

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Concernant le groupe en lui-même, n’ayons pas peur de comparer son style à celui d’Alestorm, à savoir un folk metal porté sur les thèmes de la piraterie. Quelque chose de déjà vu donc, mais pas désagréable pour autant. La musique est sincère et le public adhère totalement, une belle entrée en matière. Le groupe se permet même de jouer quelques titres de son prochain album. Nous retiendrons la franchise et l’efficacité de ce show. Dans la foulée, ce sont les bretons de Möhrkvlth qui se produise, sur la scène de l’Abreuvoir cette fois-ci. Changement total d’ambiance. Nous pénétrons dans une salle plus petite et embrumée par les volutes d’encens.

Une véritable atmosphère plane dans la salle et sur la scène, une chose que nous ne retrouverons d’ailleurs pas à l’issue de la journée, du moins pas avec autant de réussite. Évidemment, le changement d’ambiance vaut aussi pour la musique, la formation bretonne officiant dans un registre black assez épique. Connaissant la qualité de la musique de Möhrkvkth et le talent de ses musiciens, c’est sans surprise que la prestation est aboutie et menée avec maturité de bout en bout. Les chants en breton de Hiron résonnent comme un hymne à sa terre natale. La Bretagne est présente partout, du début à la fin, et elle nous est martelée avec une ferveur sans pareil. Une vraie claque.

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En raison de la tenue d’une interview, et à mon plus grand désarroi, impossible d’assister à la prestation des roumains de Dordeduh dans de bonnes conditions. À ce titre, ayons un mot pour la Halle, la plus grandes des deux salles proposées. Avec le nombre de spectateurs présents pour cette neuvième édition, la Halle se remplissait à la vitesse de la lumière lorsqu’un groupe était sur le point de jouer. Retard tout bonnement proscrit. Bizarrement, l’Abreuvoir affichait un peu moins complet malgré sa plus petite taille. Paradoxal.

Vient ensuite l’un des groupes les plus intrigants de la journée, j’ai nommé PerKelt, formation de musique folk et médiévale, et basée outre-Manche, mais dont les deux membres fondateurs nous viennent de République Tchèque. Nous retrouvons d’ailleurs un visage familier en la personne de David Maurette, percussionniste français du groupe depuis 2015. L’Abreuvoir est rempli pour l’occasion, il faut croire que la formation folk suscite beaucoup de curiosité. La prestation démarre sous l’impulsion d’une Paya Bastlova rayonnante et visiblement enchantée par le nombre conséquent de festivaliers se tenant devant la scène. La voix enchanteresse et le souffle juste à la flûte, l’artiste tchèque envoûte littéralement une salle qui se laisse bercer par toute la poésie de PerKelt.

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Néanmoins, festival de folk metal oblige, tout un contingent de pollueurs de salle s’époumonent à inciter la chanteuse à se dénuder. Lors d’une prestation plus légère, on laisse passer, mais pour un concert tel que celui de PerKelt, c’est réellement fatigant. Le public metal dans toute sa splendeur, ou pas. Si on laisse l’indiscipline de certains de côté, la prestation est magique et incite à la méditation. Le jeu possédé de David Maurette et de Stepan Honc suffisent à traduire le plaisir pris sur scène, qui est d’ailleurs communicatif dans la mesure où la salle explose au son des applaudissements et des acclamations à chaque fin de titre. Assurément l’une des prestations les plus abouties de la journée.

C’est désormais à Dalriada que revient la tâche de mettre l’ambiance dans une salle pleine à craquer. La formation de folk metal hongroise, forte d’une discographie respectable, et réputée pour la réelle touche propre à l’Europe centrale de sa musique. Malheureusement, et je m’en excuse d’avance auprès des équipes techniques, je ne me souviens pas avoir entendu un si mauvais son en concert. Je ne jeterai la pierre à personne, car le reste de la journée fut très satisfaisant sur ce point, mais la prestation de Dalriada fut purement et simplement ruinée. Impossible d’entendre autre chose que les guitares, même la batterie était reléguée au second plan. Laura Binder aurait très bien pu s’arrêter de chanter en cours de set que nous n’aurions pas vu la différence. Il en va de même pour le claviériste et le flûtiste. Et lorsque l’on connaît la musique des hongrois, on sait à quel point les sonorités passées sous silence sont importantes.

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Quelqu’un a entendu Laura Binder chanter ? Qu’il se manifeste maintenant ou se taise à jamais. Et lorsqu’on l’a vue épuisée et en sueur à la fin de la prestation, on a de la peine pour elle de s’être démenée pour rien. Grotesque. Quoiqu’il en soit, le groupe a pris beaucoup de plaisir sur scène, et le public ne s’est pas prié pour le partager à son tour, comme en témoigne l’état de forme d’une fosse survoltée. Peut-être qu’il s’agit là de la seule chose à retenir de cette prestation. Un petit mot également sur l’absence de zone réservée au photographes. Évidemment, cela était difficile à mettre en place dans des salles telles que celles-ci, mais les photographes ont dû avoir toutes les difficultés du monde à prendre des clichés convenables lorsque la fosse s’agitait, tout comme ils dérangeaient de manière très pénible les spectateurs situés au premier rang. Voilà qui ne va pas améliorer les relations entre spectateurs et photographes.

Griffon entre en scène à dix-sept heures cinquante-cinq pétantes. Les musiciens portent tous une veste en jean avec le même backpatch, leurs visages sont maquillés avec un mélange de rouge et noir. Rien à voir avec Turisas, je vous vois venir. Après une introduction orchestrale très prenante, le groupe lance son premier assaut. Le son est plutôt correct, les mélodies sont à peu près audibles. Le light show est par contre un peu hors sujet, avec des lumières parfois vertes ou roses. En revanche, l’arrière-scène en briques rouges sur laquelle est tendue la bannière du groupe donne un cachet très sympathique à la prestation. Pour parler un peu de la musique, on peut dire que le groupe est très carré. Aucun pain à relever, des musiciens assez mobiles qui n’hésitent pas à traverser la scène de longs en large pour aller favoriser une partie du public, et surtout, le chanteur Aaron complètement possédé qui s’époumone dans son micro avec une conviction impressionnante.C’est véritablement lui qui mène la cérémonie !

Pas de communication entre les morceaux, mais une gestuelle tragique et une belle proximité avec le public. Pas de discours entre les morceaux, pas de « on est content d’être là » ni de « vous êtes géniaux », mais une présence scénique puissante et canalisée vers le devant de la scène. Les morceaux s’enchaînent dans le registre black metal épique et très évocateur de Griffon, le public est complètement conquis. Dommage que l’affluence ne soit pas à la hauteur de la prestation, le groupe méritait clairement mieux. Enfin, le show est court mais très intense, et s’achève brusquement quand les musiciens quittent la scène dès la fin du dernier morceau en laissant leurs instruments derrière eux. Un excellent show, pour un groupe particulièrement convaincant.

Oui, on sait, le Naheulband, ce n’est pas très pagan. Et en plus c’est moi, qui passe mon temps à râler sur le folk metal beauf, qui vient vous en faire un live report. Peut-être, sauf que le Naheulband est justement parodique et n’a aucune intention autre que faire rire. Je n’ai donc aucun scrupule à les trouver plus crédible que la moitié de la scène folk metal actuelle. Ceci dit, immergeons-nous en Terre de Fangh. L’affluence pour le groupe de Pen of Chaos est considérable, et celui-ci est acclamé dès son entrée en scène. Après quelques blagues d’initiés, le show commence. Tous les tubes du groupe s’enchaînent, « Le Laridé du Poulet », « Crom », « La Marche Barbare », « Massacrons-Nous dans la Taverne », « La Vie d’Aventurier », « le Nanana de l’Elfe ». Vous les connaissez sûrement. Étonnement, on notera deux ou trois interruptions de chanson pour cause d’oubli de paroles de la part de Pen of Chaos. Voici de quoi s’étonner. Rien de bien méchant toutefois, tant le leader est sympathique. Mine de rien, les chansons sont assez riches, avec des parties de violons et de banjo très sympathiques et festives. Les musiciens s’amusent manifestement, se coiffant de chapeaux-poulets et tirant des pétards sur scène. La bonne ambiance règne, et on se surprend à hurler les chansons dont on connaît toutes les paroles par cœur sans même se rappeler les avoir apprises. Le set s’achève sur l’inévitable « Mon Ancêtre Gurdil », dont le refrain est reprit par toute la salle. Un excellent show, très réussi, qui permet de se replonger avec joie dans l’univers culte du Donjon de Naheulbeuk.

Dans l’impossibilité de livrer une analyse convenable des prestations suivantes, c’est ainsi que s’achève notre récit de cette nouvelle édition du Cernunnos Pagan Fest. Mis à part quelques points noirs tels que les prix et la quantité de nourriture, l’absence de fosse photographe, ou encore le son à de rares occasions, nous pouvons affirmer haut et fort que la neuvième édition du festival folk metal francilien fut une belle réussite. Avec un site très bien agencé, des bénévoles souriants et très disponibles, ainsi que des groupes bien décidés à vous faire vibrer et danser au son de leur musique, il était très difficile de garder un avis déplorable de cet événement. Nous remercions chaleureusement l’équipe organisatrice d’avoir accueilli notre équipe dans de si bonnes conditions. La dixième édition est d’ores et déjà à ne pas manquer.

Article rédigé à quatre mains en compagnie de Dantefever
Nos remerciements les plus sincères à l’organisation du Cernunnos Pagan Fest et à Dooweet Agency

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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  1. Le Cernunnos Pagan Fest 2018 est fixé – Heiðnir Webzine

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