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Ritualization – Sacraments To The Sons Of The Abyss

Pays : France
Genre : Blackened Death Metal
Label : Iron Bonehead
Date de sortie : 13 Fevrier 2017

Dans la catégorie des attendus au tournant, Ritualization se posait là. Dans le rayon des grands noms, la formation possède un atout de choix à la batterie en la personne de Blastum, qui officie également chez Merrimack et VI. Après un EP puis un split avec Temple of Baal, le groupe se décide enfin, après une décennie, à sortir son premier album. L’artwork n’est signé par rien de moins que Chris Moyen, dessinateur français cultissime dans le metal underground depuis 1990. Rien à redire, Ritualization a vraiment mis toutes les chances de son côté !

sacrahornsup

Dès l’introduction, la personnalité du groupe est bien marquée. Bienvenue dans les ténèbres occultes, morbides et impies du groupe. Le premier titre, « Latest Rites To The Damned », arrive, et vous avez déjà les principales caractéristiques de Ritualization. Un son de guitare assez sec, old-school, un chant dans la pure tradition death metal des années 1990, et un jeu de batterie proprement incroyable. La musique de Ritualization tourne manifestement autour de cet instrument. La diversité du jeu de Blastum est simplement renversante. Les blasts frénétiques alternent avec des passages épileptiques ou des rythmiques presque thrash bien nerveuses. Le tout avec une propreté et une précision hallucinante. Clairement le gros point fort du disque.

Les riffs viennent piocher dans les deux influences majeures que sont Morbid Angel et Incantation. Les mélodies distordues, les rythmiques saccadées, les harmoniques sifflantes. Les grands anciens du death metal sont bien présents. On se rappelle souvent d’Altars of Madness et Onward To Golgotha. Pour autant, Ritualization a sa propre personnalité, et se démarque bien de ses influences. Si le son de guitare rend clairement hommage à Incantation, les français maintiennent une brutalité bien plus intense. Sacraments To The Sons Of The Abyss ne baisse quasiment jamais le rythme, ne livrant presque aucune partie mid-tempo qui fait pourtant la patte d’Incantation. Ce qui définit une grosse part de la personnalité du groupe, ce sont les influences black metal qui transparaissent parfois, avec cette ambiance morbide et blasphématoire. Vous aurez du mal à trouver des parties musicales vraiment proches du black, mais vous ressentirez peut-être plus dans l’atmosphère globale du disque l’aspect funèbre et une inspiration black metal primitif à la Archgoat ou Beherit.

Clairement, Ritualization a réussi à trouver un son bien à lui. Le groupe reste très classique en soi, mais livre un album d’une telle qualité qu’il serait dommage de bouder son plaisir. À défaut d’originalité, ce que le groupe n’a de toute façon jamais prétendu offrir, Ritualization s’offre une bonne dose de personnalité, et c’est ce qui le rend mémorable. Les petites leads perverses derrière les riffs, la basse qui vient parfois quitter la sphère du ressenti pour se faire bien audible, ces soli torturés à la Trey Azagtoth qui viennent parfois s’incruster (en moins tordus et hallucinés cependant). Et surtout, cette batterie complètement possédée qui envahit chaque recoin sonore de ses nuances infinies ! Difficile de tarir d’éloge sur Blastum, tant sa prestation est fabuleuse ici. Elle offre une vraie profondeur et un cachet remarquable à l’album, lui permettant de s’élever sans problème au-dessus des productions du genre.

Un certain Dead Congregation fait la loi dans le milieu du blasphemous death metal depuis quelques années, et il sera difficile de le déloger de son trône tant son Promulgation Of The Fall de 2014 s’est avéré être un monument. Si les deux groupes n’ont pas exactement le même son, Ritualization se faisant moins écrasant et monolithique pour verser plus dans la sauvagerie, les deux formations partagent les mêmes influences manifestes et ne sont pas sans points communs. Ritualization irait-il taquiner le colosse grec pour lui apporter un peu de concurrence au pays du death metal sombre et blasphématoire ?

Les français livrent un disque excellent, dont aucun défaut manifeste ne ressort. De la production à l’exécution en passant par l’atmosphère et l’artwork, tout ce disque suinte le travail sincère et l’exigence musicale. L’attente que suscitait le groupe se transforme en gratitude, et Sacraments To The Sons Of The Abyss convainc de bout en bout. En dix ans, le groupe a eu le temps de se tailler une solide réputation de groupe imparable sur scène, et confirme sa réputation sur disque. Ritualization se place avec son premier album en tête de file de l’underground français.

 

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