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Goatmoon – Stella Polaris

Pays : Finlande
Genre : Pagan Black Metal
Label : Werewolf Records
Date de sortie : Janvier 2017

Goatmoon fait parler de lui en ce moment. Sa présence au Call of Terror a fait grand bruit,  la formation étant clairement tendancieuse politiquement. Le groupe mené par BlackGoat Gravedesacrator (merci le générateur de pseudonyme black metal) a par le passé déclenché quelques polémiques du meilleur goût par des paroles quelque peu agressives à l’encontre des sous-hommes. Vous voyez le tableau. Mais, entre deux sieg heil, ce brave BlackGoat a daigné prendre le temps de nous préparer un album exceptionnel !

D’emblée, ce Stella Polaris est l’un des meilleurs albums de pagan que j’ai pu écouter depuis bien longtemps. Et si vous suivez mes chroniques, vous savez que je suis assez taquin en la matière. Mais alors là, l’album est parfait ! Il ne dure que trente-quatre minutes, contient huit chansons relativement courtes en conséquence, mais n’a pas besoin de plus de temps pour administrer la leçon de paganisme à saturation dont nous avions tant besoin. Et vous savez comment il fait ? C’est simple, l’authenticité.

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Quand vous aurez fini de vous plonger dans la magnifique pochette, vous découvrirez que l’introduction suivie de  la première piste éponyme est une merveille de sincérité et d’efficacité. BlackGoat ne s’est en fait chargé que du chant sur cet album, et a confié la composition à des collègues. Et ceux-ci ont abattu un beau travail ! L’introduction médiévalisante à la guitare et à la flûte fait rapidement place au riff épique de Stella Polaris. Et déjà, vous sentez que vous être face à quelque chose d’exceptionnel. Il se dégage tout de suite quelque chose de puissant et de conquérant dans la musique de Goatmoon. La voix écorchée et énergique de BlackGoat vient donner une dynamique très prenante. L’ensemble de l’album est parcouru de passages très épiques et guerriers, voire presque power comme sur le break de cette première piste.

Globalement, toutes les pistes sont construites sur le même schéma, avec une alternance de riffs affûtés et de passages plus calmes. La flûte fait de régulières apparitions, donnant une sympathique couleur folk à l’œuvre. On notera également un certain feeling heavy/power, avec des soli très bien construits. Au niveau de la production, rien de spéciale à dire, si ce n’est que la batterie manque un peu de naturel, et que les guitares auraient gagné à être plus massives, plus abrasives, et peut être un peu plus raw. Elles semblent parfois manquer quelque peu de profondeur. Rien de vraiment gênant toutefois.

L’album fait de l’un des clichés les plus énervants du pagan actuel une de ses forces. Il s’agit de l’emploi du clavier, celui-là même qui cause mon agacement chez la plupart des groupes de pagan. La différence entre Goatmoon et ces groupes-là, c’est que BlackGoat et ses amis ont eu le bon goût de ne pas en mettre partout comme de la confiture sur une tartine de pain sec pour en faire oublier le goût rassis. Ses incursions restent ponctuelles, et ne noient pas toute la musique sous des nappes dégoulinantes infâmes. Notons le passage stellaire sur « Rock The Nations ».

L’ensemble de l’album est très énergique. Les morceaux ne prennent pas des heures à monter en puissance et à se construire, mais sont plutôt explosifs et ne vous offrent que ce qu’ils ont de plus efficace à envoyer. Et honnêtement, c’est très bien comme ça. Goatmoon n’a clairement pas les moyens d’avoir les prétentions d’un Primordial ou d’un Nokturnal Mortum, et il en est bien conscient. les photos promotionnels de BlackGoat seul en tenue de guerrier viking au milieu d’une nature enneigée vous prouvent avec la force que confère le ridicule qu’effectivement, il ne faut peut-être pas trop en lui en demander. Sans doute est-ce la raison pour laquelle celui-ci a confié la composition à des camarades. Cela ne l’a pas empêché de caler un sample labellisé Goebbels-bottes cirées-trench en cuir au milieu de la seconde piste. Qu’à cela ne tienne, il compense en nous offrant du pagan moins profond et moins touchant, mais plus facile d’accès et fichtrement jouissif. Et c’est très bien comme ça ! Le groupe préfère faire ce qu’il fait de mieux plutôt que tirer des plans sur la comète, et cette humilité est tout à son honneur.

Il y a tout de même un coup de maître sur ce Stella Polaris, et ce coup de maître se nomme « Sonderkommando Nord ». Cette chanson, c’est l’apogée de l’album, et un des meilleurs riffs épique que j’ai eu l’occasion d’entendre. Cet instrumental de quatre minutes est bâti sur un riff principal en deux parties absolument magistral, soutenu par une guitare acoustique et une flûte. L’ensemble est lent, puissant et incroyablement galvanisant. Une immense réussite, dont la mélodie principale vous restera en tête des heures. Le genre de chanson qui vous donne envie de poser le pied au sommet d’une haute falaise et de défier l’horizon. Au rayon des pièces marquantes, il faut aussi évoquer la très surprenante piste finale. Et là, je vous jure que l’on a du mal à y croire. C’est une ballade à la Guns’n Roses. Le petit arpège typique du groupe américain au début, les accords de guitare avec une saturation plus hard rock qu’autre chose, le solo final typique des années 1980. Seule la grosse voix de BlackGoat vient vous rappeler que vous écoutez du pagan et pas du hard rock. Il faut un peu de temps pour s’y habituer, mais ce n’est pas désagréable au final, même si l’on aurait préféré un final instrumental planant ou une belle mélodie de guitare sèche accompagnée d’une flûte.

Il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce Stella Polaris qui réussit tout ce qu’il entreprend sans problème. Le disque a clairement l’humilité de reconnaître qu’il n’a pas de la trempe d’un album de Moonsorrow, tout comme il ne prétend pas faire autre chose que de proposer du pagan metal jouissif, simple et prenant. Et c’est infiniment respectable ! On regrettera simplement une production un peu plus authentique et raw, mais en-dehors de ça, rien ne doit vous empêcher de vous pencher sur cette étoile polaire brillante au milieu des productions pagan sans âme.

 

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