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Neravendetta – Magnum Chaos

Pays : Italie
Genre : Black Metal Mélodique
Label : Indépendant
Date de sortie : 17 Octobre 2016

De l’autre côté des Alpes, le black metal n’est pas encore roi. Si l’on reconnaît volontiers le talent de certaines formations telles que Selvans, le pays a bien du mal à soutenir la comparaison avec ses voisins directs et indirects. Néanmoins, en creusant un peu, il se peut que vous dénichiez quelques groupes forts prometteurs çà et là. Des groupes comme celui dont nous allons parler aujourd’hui. Neravendetta, groupe sarde fondé en 2008 qui a pour le moment deux sorties à son actif. Je me dois d’insister sur le caractère éphémère du nombre de sorties dont le groupe peut se targuer, car s’il continue sur sa lancée, ce chiffre pourrait bien grimper.

neravendetta-magnum-chaos-front-cover
Le registre dans lequel évolue Neravendetta (vengeance noire en italien) pourra vous sembler assez trouble. Les artistes se revendiquent appartenant à un style fusionnel entre le black metal et le viking metal. Ce dernier étant surtout thématique, comme me le martèle assez régulièrement un ami proche, à raison sans doute, nous ne saurions l’associer à Neravendetta dans la mesure où les thèmes abordés ne concernent en rien la culture nordique d’antan. Nous nous trouvons donc face à un groupe de black metal à légères tendances mélodiques et atmosphériques. Quelques instruments folk feront également de brèves apparitions au sein d’un album marqué par le sceau de l’accessibilité.

Et il s’agit probablement là de l’un des points faibles de cet album. Si vous êtes habitués à vous imprégner d’un black mordant et froid à souhaits, de grâce, passez votre chemin. Dans la mesure où le registre mélodique prend le dessus sur les autres, vous savez désormais à quoi vous attendre. En ce qui concerne les spécificités techniques de cet album, vous allez rapidement vous rendre compte qu’il parvient à séduire par son aspect attractif. Mis à part le chant et la batterie, rares sont les éléments propres au black metal. La guitare lead vous assène ses riffs avec beaucoup d’onctuosité, et les touches atmosphériques obtenues grâce au clavier de Francesco Carboni étoffent l’ensemble avec davantage d’onirisme que d’austérité. Le ton de mon propos vous trompe peut-être. Magnum Chaos aurait effectivement pu gagner en profondeur avec des sonorités plus corrosives, mais ça n’est pas un mauvais album, loin de là.

Car même si le premier album des italiens se montre accessible, nous mentirions si nous venions à prétendre que son écoute est fade et sans intérêt, c’est même tout l’inverse. En réalité, les artistes nous servent sur un plateau un album dont l’écriture fait preuve d’une maturité et d’une maîtrise tout à fait surprenantes. En 2009, le groupe de Cagliari avait essayé d’enregistrer son tout premier album, sans succès. Nul doute que cet échec a beaucoup servi aux musiciens dans la mesure où la musique a pu mûrir en eux de la plus belle des manière. En musique plus qu’ailleurs, la qualité prime sur la quantité, et Neravendetta l’a très bien compris. Vous vous surprendrez à être déçu par la longueur de cet album. En effet, trente-huit minutes, c’est relativement peu, surtout lorsque la musique fait preuve d’une telle efficacité.

En effet, si Magnum Chaos manque manifestement de force émotionnelle, nous nous devons de reconnaître que ses titres sont très efficaces. De la même manière, la tension ne tombe que très rarement, comme si la respiration vous était difficile du début à la fin de cet album. Voilà une musique qui doit particulièrement donner en concert. Les titres sont plutôt courts, ce qui est cohérent vis-à-vis de la stylistique adoptée par le groupe. Après tout, Neravendetta n’évolue pas dans un style méditatif à outrance. Inutile, donc, de nous servir des titres dont la longueur excède les dix minutes. Magnum Chaos pourra vous faire tiquer. En effet, il est plutôt inhabituel d’entendre de tels riffs dans le black metal. Mais il serait bien dommage de ne pas se pencher avec intérêt sur la musique des italiens, car elle a beaucoup d’énergie à revendre.

Même si leur musique est assez classique, les musiciens sardes de Neravendetta font preuve de beaucoup d’efficacité avec leur tout premier album. Comme pour finir en beauté, c’est la dernière piste de l’album, « Sailing To Chaos », qui offre le plus d’émotion à l’auditeur. Ces riffs dévastateurs coupés finalement par de légères sonorités au clavier. Neravendetta, c’est ça. Une musique accessible, certes, mais qui fait mouche de la plus belle des manières. À explorer sur-le-champ si vous souhaitez vous procurer un album qui ne nécessite pas des heures d’écoute avant d’être appréhendé. Une belle découverte.

 

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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