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Live Report – In Theatrum Denonium 2017

Par un samedi pluvieux, qui contraste alors avec celui de la première édition de l’événement, qui nous avait offert un beau soleil, les amateurs de black metal et de metal extrême se sont rassemblés dans le somptueux édifice du théâtre de Denain. In Theatrum Denonium Acte II, voici enfin la date fatidique. Avec une affiche bien plus attractive que celle de l’année dernière, même si celle-ci était déjà très qualitative, l’association Nord Forge a usé de solides arguments pour amener un public conséquent à la deuxième édition de son événement metal. À l’échelle locale et régionale, nul doute que cette nouvelle soirée black a su attirer du monde. Qu’en est-il de son déroulement ?

Grâce à une interview donnée plus tôt dans l’après-midi, et dont vous pourrez bientôt profiter sur le site, j’ai la chance de me trouver dans le théâtre depuis un petit moment lorsque les portes s’ouvrent face à un nombre de spectateurs plutôt conséquent. Je remercie au passage les bénévoles mobilisés pour l’occasion, dont la sympathie et l’amabilité n’a pas d’égal. Une demi-heure avant l’ouverture de la salle principale du théâtre, le public se masse dans l’entrée. Il en profite également pour se désaltérer, flâner sur les stands de merchandising, se désaltérer, admirer les guitares exposées, ou encore se désaltérer. Mais rapidement, voici que les portes s’ouvrent pour permettre aux spectateurs d’assister à la première prestation du soir, celles des intrigants américains d’Uada.

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Soyons honnêtes, nous n’avions pas été particulièrement tendres avec le groupe de Portland concernant Devoid of Light, son premier et unique album. Néanmoins, je dois avouer que mes craintes concernant la qualité de sa prestation s’envolent rapidement à l’entame d’un set vif et mené de manière très tenace vis-à-vis du public. La musique d’Uada, on la connaît, c’est du classique. Toujours est-il que ça marche, et ça marche même avec une facilité déconcertante. L’efficacité dont fait preuve le style des américains se prêtent à merveille à la représentation live. Concernant la prestation scénique, c’est pour le moins minimaliste. Les membres portent un perfecto et une longue capuche qui ne laisse pas apparaître ne serait-ce qu’un pouce de leur visage. Seul Jake Superchi se permet quelques mouvements au rythme d’une musique qui ravit littéralement le public.

On assiste à un set très cohérent et dont l’efficacité nous satisfait au plus haut point. Sur le plan technique, les musiciens sont bien évidemment maîtres de leurs instruments. À la guitare lead, James Sloan nous fait admirer sa maîtrise hors du commun lors de deux ou trois soli bien sentis. La prestation s’achève finalement alors que nous n’aurions pas refusé un ou deux titres supplémentaires. Il s’agissait là de la première venue en Europe des américains. Ils peuvent revenir quand ils le désirent. Ayons quelques mots pour le théâtre, qui offre un cadre époustouflant pour un événement de ce genre. Il donne aussi la possibilité à ceux qui le souhaitent de s’asseoir et de suivre les prestations. En outre, l’acoustique du lieu est incroyable et nous a livré un son parfait pour la prestation d’Uada.

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Rapidement, c’est au tour de Harakiri For The Sky de se produire devant un public un peu plus conséquent. De plus, de véritables amateurs du groupe autrichien prennent place juste devant la scène pour ne pas manquer une miette du spectacle. L’ambiance change tout naturellement. Nous sommes désormais face à un post-black plutôt chargé en émotion. Si je voulais être totalement sincère, je dirais que le groupe autrichien manque cruellement de prestance sur scène, mais cela n’enlève rien à la qualité de la musique jouée. Forts de leur dernier album, III: Trauma, les autrichiens savent pertinemment que la qualité de leur musique n’est plus à prouver. Les titres s’enchaînent avec fluidité, les artistes font preuve de concentration et d’application, et le résultat est tout à fait satisfaisant.

Cependant, sur le plan visuel, peut-être que la chose gagnerait à être traitée avec la volonté de marquer les esprits. Concernant la qualité sonore, l’imposante basse à six cordes de Thomas Dornig, musicien live du groupe, prend parfois le pas sur les deux guitares. Mais lorsque l’on connaît la qualité des lignes de basse de Harakiri For The Sky, ce n’est franchement pas dérangeant, bien au contraire. En définitif, la prestation des autrichiens est envoûtante et permet une belle communion avec le public. Il est également très appréciable d’avoir un groupe évoluant dans le registre post-black à l’affiche de la soirée. Un set de bonne facture, mais qui ne marque pas à vie.

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L’installation d’une magnifique et effrayante statue de Cthulhu sur le devant de la scène marque l’imminence de la prestation de The Great Old Ones, seul groupe français à l’affiche ce soir. Réputés pour leurs shows très impressionnants sur le plan visuel, les bordelais sont attendus avec beaucoup d’impatience de la part d’un public qui se masse devant la scène avec une impatience mêlée d’appréhension. Et pour cause. Sans vouloir faire injure à la tête d’affiche, dont il sera question plus tard, c’est bel et bien The Great Old Ones qui aura fourni la prestation la plus frénétique et la plus impétueuse de la soirée. Et lorsque l’on connaît son dernier album, ce n’est absolument pas une surprise.

La formation originaire du sud-ouest commence sérieusement à se faire un nom, et pas seulement en France. Ce gain d’importance s’accompagne naturellement d’une scénographie taillée au millimètre, avec des éléments visuels époustouflants. Nous avons déjà eu un mot pour la sculpture de Cthulhu, qui s’illumine de manière inquiétante à de rares occasions durant le concert. Mais nous nous devons également d’évoquer le portrait de Lovecraft en arrière-plan, qui nous surprend de manière imposante et terrifiante telle une icône malfaisante à chaque fois qu’il est éclairé par un projecteur. Ajoutez à cela un jeu de lumières époustouflant, et vous avez le mélange parfait qui va de pair avec la somptueuse musique chaotique et torrentielle de The Great Old Ones.

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Car ce sont bien là les adjectifs qui qualifient au mieux la musique des bordelais. Certains peuvent y voir quelque chose de saturé ou de stochastique, je préfère y voir un voyage fascinant à travers l’obscur univers de notre cher Lovecraft. Il est splendide de voir la manière avec laquelle les musiciens parviennent à installer un climat ravageur et monstrueux dans le théâtre. Les vociférations à peine humaines de Jeff et de Ben n’y sont pas étrangères, tout comme l’atmosphère obtenue à l’aide d’un jeu de guitare littéralement possédé. Une prestation dévastatrice qui plaît énormément au public. Clairement, la claque de la soirée.

À peine nous sommes de la prestation que celle d’Enthroned approche à grands pas. Est-il vraiment nécessaire de présenter la formation belge, tête d’affiche cette deuxième édition d’In Theatrum Denonium ? Le groupe est actif depuis le début des années 1990 et pèse dix albums. Des légendes, et le show qui accompagne les belges n’est pas là pour nous faire changer d’avis. Clairement, il se dégage beaucoup d’expérience de la prestation d’Enthroned. Le groupe appartient à cette catégorie qui veut que le maquillage originel du black metal n’est pas dépassé, et on ne peut qu’aller dans ce sens lorsque l’on voit ce que cela apporte au jeu de scène des belges. Nornagest a fière allure et fait preuve d’une assurance à toute épreuve. Preuve s’il en est que le groupe a déjà une certaine expérience de la scène. J’espère que vous avez su déceler l’évident euphémisme utilisé.

Sur le plan musical pur, le son de parfaite qualité permet à un public aux anges de profiter au mieux de la musique des belges. C’est d’ailleurs l’une des principales choses à souligner concernant le déroulement de la soirée. Le son fut d’excellente qualité lors de chacune des quatre prestations, et lorsque l’on sait à point la chose peut être délicate, on apprécie d’autant plus le travail effectué en ce sens. Devant un public acquis à sa cause, Enthroned clôt la soirée sur une note marquée du sceau de la violence et du black metal traditionnel. Une tête d’affiche largement à la hauteur de sa réputation et de son talent. Un excellent concert du début à la fin.

À l’issue de cette soirée et une fois les idées remises en place, nous pouvons effectivement dire que cette deuxième édition d’In Theatrum Denonium est une franche réussite. Nord Forge a mis les petits plats dans les grands en proposant une affiche bien meilleure que celle de l’année dernière, et les changements se sont faits ressentir sur scène lors de la soirée. De plus, les organisateurs et les bénévoles ont fait preuve de beaucoup de sympathie et de serviabilité. J’ai également appris que les membres des trois groupes se sont montrés impressionnés et agréablement surpris par le lieu et par le sérieux de l’opération, ce qui en ajoute encore plus à la réussite de la soirée. Nous remercions chaleureusement l’association Nord Forge et l’équipe organisatrice de nous avoir offert l’opportunité de couvrir médiatiquement l’événement. Il sera très difficile de faire mieux que cette édition 2017, mais rien n’est impossible lorsque la passion et le coeur sont au rendez-vous. À l’année prochaine ?

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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