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Old Tower – The Rise of the Specter

Pays : Pays-Bas
Genre : Dungeon Synth
Label : Indépendant
Date de sortie : 6 Janvier 2017

Le dungeon synth a de plus en plus de chapelles et sous-genres différents, se voulant bien distincts les uns des autres. Médiéval, atmosphérique, folk… Les qualificatifs sont nombreux pour cette musique aussi minimaliste que fascinante. Les grands anciens du genre ne s’embarrassaient pas vraiment de ce genre de précisions lexicales et composaient leur musique avec ce qui leur venait. C’est d’ailleurs l’essence même de cette musique, puisqu’elle ne demande que très peu de moyens techniques, elle permet de créer un peu ce que l’on veut sans avoir à s’embarrasser de contraintes telles que la concordance artistique entre les membres d’un groupe ou la capacité à réellement maîtriser un instrument. L’expression artistique n’en est que plus brute, moins sophistiqué peut-être que dans des genres musicaux requérant plus de technique.

Votre serviteur aime à dire que pour le dungeon synth, comme dans une certaine mesure pour le black metal, une dose d’autisme est nécessaire. La volonté de se replier sur soi pour ne livrer qu’une pure émanation personnelle, la simplicité technique générale, l’usage de la répétition… C’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle le black metal compte tant de projets menés par un seul artiste et que le dungeon synth ne comporte à ma connaissance que cela. Et l’autisme, le présence hégémonique de l’artiste dans l’œuvre, on la retrouve parfaitement dans The Rise of the Specter du projet Old Tower. Sorti en tout début d’année 2017, cet album se décline en deux pistes d’un quart d’heure chacune. Les éléments musicaux se comptent sur les doigts d’une main. D’abord, des chœurs. Beaucoup de chœurs ! Presque omniprésents en fait. Ensuite, un ensemble de cordes, un ensemble de cuivre, quelques tambours très ponctuels et pas mal de réverbérations. Terminé pour la partie technique.

Alors de suite, vous pouvez imaginer que vous allez vous retrouver face à une production utilisant le minimalisme et l’austérité pour justifier un néant musical. Et c’est complètement ça, sauf que vous pouvez vous arrêter à austérité et oublier la fin en relisant ma dernière phrase. Old Tower ne justifie rien du tout par l’austérité et le minimalisme, mais s’en sert comme éléments pour donner lieu à un excellent album. Et en vérité, il va être difficile de dire grand-chose sur cette œuvre. Autant vous m’avez peut être lu disserter sur des lignes et des lignes à propos de Fields of the Nephilim, autant là on ne va pas traîner. D’une manière générale, je trouve assez difficile de discourir sur le dungeon synth. On ne peut pas vraiment souligner les procédés instrumentaux, ni évoquer de grande variété des compositions puisque les albums sont souvent très homogènes. Tenez, vous avez déjà essayé de discuter avec un autiste ? C’est très, très difficile. Et bien pour le dungeon synth, c’est pareil, on ne peut pas discuter de grand-chose. Vous voyez que j’avais raison au début de cette chronique ! Le dungeon synth, c’est une forme d’autisme musical. Et Old Tower suit parfaitement cette caractéristique.

Allez, décrivons ce qui peut être décrit. L’ambiance de ce disque est sombre, très ténébreuse et froide, mais pas désespérée pour autant. On trouve parfois quelques mélodies plus lumineuses que les autres, plus douces. Le seul reproche que l’on pourra faire, ce sont quelques changements un peu brusques d’une mélodie à une autre parfois. D’une manière générale, l’album dégage quelque chose d’aristocratique, de vieille noblesse déchue et enfouie dans le temps. Le passéisme inhérent au dungeon synth est on ne peut plus présent, les chœurs incessants se faisant les spectres des sombres ères passées venus vous rappeler que le présent n’est qu’une illusion qui ne dure pas, et que notre petite époque insignifiante de laquelle toute grandeur a disparu sera bien vite engloutie dans les remous de l’Histoire. L’artwork monochrome, avec son vieux château, ses arbres dénudés et sa silhouette encapuchonnée suit parfaitement cette ambiance mortuaire et glorieuse à la fois. La grave beauté de l’album envahie et transporte réellement dans les souvenirs d’anciennes époques, autrement plus glorieuses et superbes que notre XXIème siècle vacuiste.

Comme je vous le disais tantôt, le dungeon synth, c’est une musique dans laquelle le talent et l’inspiration font la différence immédiate. On peut apprécier un minimum une musique vide émotionnellement qui propose un travail instrumental impressionnant ou comportant de très beaux textes. Dans le dungeon synth, c’est beaucoup plus simple et binaire. C’est évocateur, ou ça ne l’est pas. C’est prenant, ou ça ne l’est pas. C’est ensorcelant, ou ça ne l’est pas. Et Old Tower, ça l’est terriblement.

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1 Comment on Old Tower – The Rise of the Specter

  1. Excellente découverte. Merci. Même pour le style, j’en étais resté à Burzum et Mortiis et je découvre plein de choses géniales.

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