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Moriquendi – Kanopëa

Pays : France
Genre : Black Metal Atmosphérique
Label : Indépendant
Date de sortie : 6 Juin 2016

Ce qui est bien avec l’underground, c’est que l’on n’a jamais fini d’y trouver des groupes intéressants. Vous pouvez tomber sur une formation de true black complètement cryptique qui lâche des mélodies qui vous transportent, ou poser vos oreilles sur un projet comme Moriquendi, qui a composé sa propre formule et l’a peaufinée pour livrer un album travaillé et doté d’une forte personnalité.

Moriquendi, c’est le nom des elfes qui n’ont jamais connu Valinor et la lumière des deux arbres dans la mythologie de Tolkien. Leur histoire est assez succinctement présentée dans Le Silmarillion si mes souvenirs sont bons. Le titre de l’album, Kanopëa, offre un second clin d’œil à l’univers de Tolkien, avec le mot-valise canopée, qui évoque les plus hauts feuillages des arbres d’une forêt, et Ëa, le dieu démiurge premier dans la cosmogonie de Tolkien. Si vous êtes aussi habile et intelligent que je le suis, ce qui n’est pas peu dire, vous comprendrez assez facilement que nous sommes face à un groupe qui souhaite nous emmener avec lui dans l’univers de maître anglais de la fantaisie. Et Dieu sait que les groupes qui parlent de Tolkien dans le black metal sont rares, n’est-ce pas Varg ?

La musique de Moriquendi se veut atmosphérique, très planante, et manie pour ce faire des outils classiques mais utilisés avec originalité. Les synthétiseurs sont omniprésents, autant pour offrir de belles mélodies que pour placer des effets sonores divers. Les riffs de guitare se veulent assez simples, la batterie sonne également assez classique. Évidemment, dit comme ça, vous n’avez pas beaucoup d’indices, et je pourrais être en train de vous décrire n’importe quel groupe de black atmosphérique. Sauf que les mélodies et les riffs de Moriquendi sont vraiment originaux, personnels et bien amenés. On n’ira pas jusqu’à dire inédits, mais tout de même, il se dégage quelque chose d’assez unique des compositions. Une ambiance assez tribale est de mise, et l’on s’imagine très bien suivre les péripéties d’un clan elfique marginal, vivant sa culture et son attachement à la nature sans barrière ni obstacle. La musique de Moriquendi immerge complètement dans cette ambiance. Exemple parfait, la première piste. Une introduction au synthétiseur qui dégage quelque chose de presque chamanique, puis un gros riff bien lourd qui vient vous rappeler que ces elfes-là sont ceux qui n’ont pas contemplés la grâce des Ainurs.

Pour continuer dans la dimension atmosphérique et tribale, remarquez cette flûte qui vient voltiger à vos oreilles sur « And Falls the Rains… ». Elle vient vous toucher de ses petites trilles volatiles, et vous ramène à cette primordialité de la nature et de sa magie constituant le quotidien de cette ethnie elfique. Prenez encore l’introduction de la piste suivante, « Albtraum ». Ces vocaux de guide spirituel, cette composition très épique et évocatrice… Franchement, vous y êtes dans cette tribu ! L’originalité de Moriquendi transporte réellement, et l’album passe très vite. Il s’écoute de toute façon d’une traite. Les influences post- sont assez présentes, que cela soit au niveau de la production assez moderne ou du très rare chant, qui me ferait penser à celui de Neige en plus grave. Petit bémol d’ailleurs sur la production, on aurait peut-être aimé une guitare un peu moins lissée et une batterie avec un son plus organique. C’est vraiment un petit défaut, mais je trouve parfois que le son des instruments sonne un peu trop moderne et propre par rapport à l’ambiance dégagée. Mais ce n’est vraiment qu’une petite gêne, et il faut être un gros pinailleur dans mon genre pour en venir à râler là-dessus. Parce qu’à part ça, il n’y a vraiment pas grand-chose à redire sur Moriquendi. Les ambiances et l’originalité sont présentes, la musique est bien composée et prenante, on sent une vraie personnalité du début à la fin. L’album est particulièrement agréable. Je dirais même reposant. C’est sûrement dû à l’absence de chant. Toujours est-il que l’album, à défaut de vous faire vivre des montagnes russes émotionnelles, vous embarque dans un voyage dépaysant bien à sa manière. D’ailleurs, j’ai beau me creuser la tête, je n’arrive pas à trouver de groupe se rapprochant de près ou de loin de Moriquendi…

Très, très bon petit album qui ne souffre d’aucun vrai gros défaut. Franchement, on ne saurait que trop vous recommander ce Kanopëa fort intéressant, qui devrait plaire autant aux amateurs de Tolkien que de metal un peu hors des sentiers battus. Si l’on n’est pas face à un monument d’émotion poignant à la Primodial, l’album s’écoute sans aucune accroche et donne une belle couleur aux pérégrinations de cette tribu elfique méconnue. On espère très fort que Moriquendi nous offrira dans les années à venir d’autres productions de ce genre, en fouillant son passionnant concept pour nous embarquer à nouveau sur les traces des elfes de la nuit.

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