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Void Meditation Cult – Utter the Tongue of the Dead

Pays : États-Unis
Genre : Black Death Metal
Label : Hells Headbangers
Date de sortie : 31 Octobre 2016

Qu’est-ce que je vous disais à propos de l’underground dans la chronique de Kanopëa de Moriquendi ? Qu’on n’a jamais fini d’y trouver de bonnes choses. C’est au cours de ma quête de death metal poisseux et occulte que j’ai fini par tomber sur la magnifique pochette de ce premier album de Void Meditation Cult, sorti en fin d’année dernière chez les excellents Hells Headbangers. Et je vous assure qu’autant il n’est parfois pas aisé de trouver chaussure à son pied quand on cherche quelque chose de précis dans le labyrinthe obscure qu’est l’underground métallique, autant avec un minimum d’effort et de persévérance, on finit souvent par trouver des joyaux bien cachés.


Void Meditation Cult, c’est une formule bien précise. Prenez le son de guitare, les riffs les plus lents et le chant d’Archgoat, ajoutez-y un peu de Beherit et une ambiance bien occulte. Mixez la batterie et la voix en retrait, donnez un son grésillant et pesant aux cordes, et ajoutez un clavier fantomatique en guise de touche finale. C’est prêt, à consommer dans une cave humide et sombre. Void Meditation Cult, ce n’est réellement pas grand-chose de plus que ça pendant trente-cinq minutes suffocantes. Et attention, nous sommes là devant une véritable cérémonie occulte, pas devant une mauvaise mise en scène pseudo ésotérique (Watain, vous dites ?).

Comme Archogat, Void Meditation Cult utilise des riffs de guitare écrasants, simplistes et répétitifs au possible, mais avec un talent qui fait toute la différence avec n’importe quel groupe de raw black thrash ou de death bas du front. Avec Archgoat, vous êtes matraqués de riffs primaires mais foutrement bien sentis qui vous plongent dans une bestialité impie. Avec Void Meditation Cult, vous descendez dans une crypte aux murs résonnants d’obscures incantations, hypnotisés par ces vrombissements de cordes distordus. Le ritualisme des profondeurs.

Pour aller un peu au-delà du ce disque est vraiment trop génial, parlons un peu de la construction des pistes. Déjà, vous aurez droit à une écrasante prédominance des mid et low tempi. Normal me direz-vous, nous sommes dans du rituel. Malgré quelques interventions de vitesse relative, la sauvagerie n’est jamais vraiment présente. Les quelques passages rapides viennent vous secouer un peu pour mieux vous replonger en transe par de nouvelles rythmiques martelantes. Les chants tiennent également un rôle prédominant, ils se déclinent en grognements inhumains, murmures ou autres hurlements impies… Un festival d’émanations blasphématoires. Mais surtout, l’élément en plus qui fait la spécificité et la réussite de Void Meditation Cult, c’est le clavier. Utilisé régulièrement pour adjoindre des chœurs ou des nappes surplombant les riffs, ils confèrent au groupe cette atmosphère occulte et ritualiste si prenante. Je ne suis vraiment pas un grand amateur de claviers, mais là il faut admettre qu’ils sont simplement essentiels.

L’album est très, très homogène. À tel point qu’il est parfois difficile de discerner quand une piste s’achève et quand la suivante commence réellement. Mais franchement ce n’est pas grave, puisque le disque s’écoute d’une traite, sans pause. C’est d’ailleurs très bien vu de la part du groupe d’avoir fait plafonner Utter the Tongue of the Dead à trente-cinq minutes, la lassitude se serait probablement faite ressentir si les pistes s’étaient enchaînées plus longtemps. Pas le temps de s’ennuyer pendant cette grosse demi-heure, les ambiances cryptiques ne cessent jamais de vous emporter dans d’autres plans de conscience. Décidément, le disque est parfaitement calibré, du son des instruments aux effets studios.

Toutefois, il faut bien noter un petit bémol que je placerai sur le son des guitares, qui est à la fois une force et une faiblesse. Celui-ci est, malgré sa volonté d’être écrasant et très bourdonnant, un peu trop propre et léché. On ne s’en aperçoit qu’après plusieurs écoutes, mais celui-ci aurait gagné à être encore beaucoup plus raw et dégoulinant. Ou plutôt vraiment raw et dégoulinant. À certains moments, on a l’impression d’écouter quelque chose se voulant plus raw qu’il ne l’est vraiment. C’est en quelque sorte une imitation de son de cave, mais version moderne. Il me ferait même un peu penser à celui de Darkspace sur son dernier album. À part ce petit bémol, pas grand-chose à reprocher à Void Meditation Cult. Vous pouvez aller passer votre commande sur le site de Hells Headbangers, vous aurez votre dose de musique occulte et transcendante. Alors évidemment, vous serez déçus du résultat si vous l’écoutez en pleine lumière, mais qui aurait eu l’idée d’écouter ça sur un transat ? Un peu comme ces gens incompréhensibles qui essayent d’écouter du dark ambient dans une pièce toute éclairée et ne comprennent ensuite pas que l’on puisse être absorbé par cette musique.

Allez, fin de la dissertation, place aux incantations. Faites table rase, installez quelques bougies et éteignez les lampes, griffonnez quelques symboles occultes sur vos murs et recueillez-vous devant les émanations caverneuses de la musique de Void Meditation Cult. Une excellente surprise que ce disque sorti par un label qui mériterait décidément plus d’éloges. Et puis franchement, avec un tel artwork, on aurait été vraiment surpris de ne pas y trouver son compte d’invocations et de démonisme inspiré.

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