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Live Report – The Moon and the Nightspirit + Trobar de Morte + Rastaban

Il est amusant de constater qu’une certaine sphère musicale gravite autour du metal. On remarque beaucoup de connivences entre la musique folk, le dungeon synth, le dark ambient et le milieu metal, que cela soit dans les sonorités, les univers déployés, ou les styles vestimentaires. Voilà à peu près à quelles réflexions je me livrais en pénétrant dans le Glazart pour y voir se succéder trois formations folk de qualité, entourées de vestes à patch et de vêtements estampillés Nokturnal Mortum ou Arkona. Rastaban en premier lieu, venu de Belgique, puis les espagnols de Trobar de Morte, et enfin les fameux hongrois de The Moon and the Nigthspirit. Pour l’occasion, le Glazart a invité quelques stands médiévaux, dont certains étaient déjà présent au Cernunnos Pagan Fest quelques mois plus tôt.

Le temps de prendre une pinte et de saluer en coup de vent Aharon de Griffon, Rastaban commence son set. Sur scène nous voyons se dresser un guitariste sur un haut tabouret décoré, un violoniste qui alternera avec un bouzouki durant toute la durée du set, un batteur, un géant armé d’un slideridoo, sorte de didgeridoo joué en faisant coulisser des cylindres de bois imbriqués, et enfin la (vraiment très) jolie Marine au micro. De suite, le groupe nous met dans l’ambiance en nous saluant en français, et entame ses morceaux. Pas de grande surprise, la musique de Rastaban s’inscrit dans le folk traditionnel et classique, souvent assez dansant, parfois plus nostalgique, mais jamais sombre ou ténébreux. La musique des belges est placée sous le signe de la bonne humeur, celle-ci portée par les nombreuses plaisanteries lancées par Stephan le violoniste/bouzoukiste. Les musiciens sont tout sourires, s’amusent visiblement en jouant leurs chansons qui s’enchaînent sans jamais devenir lassantes, et on participe avec entrain à ce concert prenant et particulièrement agréable.

Le groupe est extrêmement sympathique, avec cette communication simple et franche avec le public et cette volonté manifeste de faire passer un bon moment. Le slideridoo apporte des sonorités assez atypiques à l’ensemble, meublant les fréquences basses et ajoutant une vraie profondeur à la musique de Rastaban. Aucun de musiciens ne flanche à aucun moment, et on passe trois quarts d’heure de bonheur musical. On est même triste quand les musiciens quittent la scène. Une très, très bonne découverte en ce qui me concerne, et un excellent moment passé en compagnie de musiciens proprement adorables.

Après quinze courtes minutes, les musiciens de Trobar de Morte prennent possession de la scène, qu’ils habillent en enroulant du lierre autour des pieds de micro et en se vêtant de tuniques à capuche. On sent le stage setting travaillé ! Nous avons donc un guitariste/bouzoukiste, un flûtiste qui alternera aussi avec une cornemuse, un percussionniste/bassiste, une violoniste et l’envoûtante Lady Morte qui passera le plus clair de son temps au chant, mais se saisira à l’occasion d’une flûte ou d’une vielle à roue. La musique de Trobar de Morte se fait plus incantatoire, plus théâtrale sans jamais se prendre au sérieux, plus cérémonielle aussi. Le groupe tentera régulièrement de s’adresser à nous en espagnol ou dans un français hésitant, ce qui permettra d’échanger quelques sourires et rires avec les musiciens. Le set se fait très professionnel, la musique assez complexe et construite du groupe n’a aucun souci à convaincre et à enchanter.

On notera en particulier la chanson sur laquelle Lady Morte se vêtira d’une immense cape qui donnera l’impression d’un sombre papillon dansant sur la scène. Il faut d’ailleurs saluer l’excellente prestation de cette chanteuse, qui tiendra des vocalises parfaites et sans aucun fausse note durant tout le show, alternant entre murmures et incantations, mais se montrant également capable de séduire par de jolie trilles sur les airs plus dansants. A la fin de l’heure de spectacle, les musiciens se retirent sous les regrets du public, venu au nombre d’une petite centaine. Encore une excellente prestation, qu’il me faudra revivre au plus vite ! Moins intimiste que Rastaban, les musiciens de Trobar de Morte ont conquis le public par leurs sympathiques sourires, leur musique très carrée et pleine d’émotion, et leur stage setting immersif. Pour couronner le tout, le son s’est fait très bon, clair et puissant, permettant de distinguer chaque instrument. Rien à redire, que du bonheur !

Allez, nous passons au plat de résistance de la soirée. Si vous avez lu ma chronique de Metanoia, vous savez que j’ai été beaucoup moins touché que je ne l’espérais par ce nouvel album de The Moon and the Nigthspirit. Je craignais logiquement que ce show soit orienté vers ce nouvel opus, et ma crainte fût confirmée. Mais à ma grande surprise, j’ai énormément apprécié les nouveaux morceaux joués sur scène ! Les musiciens sont au nombre de quatre ; un bassiste, les indétrônables Mihály et Ágnes, et enfin l’élément qui a permis à a la magie de se faire ; un percussionniste. Je regrettais beaucoup l’emploi de la batterie dans la dernière œuvre du groupe, lui imputant la couleur plus sombre de la production. Et bien le problème est ici réglé, puisque la batterie a été remplacée par deux tambours (pardonnez mon inculture en matière de percussions) assortis d’une cymbale.

Et c’est bien ces percussions qui donneront vie à ces nouvelles chansons ! Les compositions de Metanoia sonnent beaucoup, beaucoup mieux de cette manière, croyez-moi ! Le percussionniste est d’ailleurs complètement possédé par sa musique, et livre une prestation tout en exultation et en balancements. De l’autre côté, la mystérieuse Ágnes, juchée sur son tabouret, nous offre de manière sobre et touchante sa voix si juste et prenante, accompagnée de ses enchanteresses mélodies au violon. Enfin, Mihály, les cheveux en bataille, nous tricoteras les sonorités si particulières de The Moon and the Nigthspirit à l’aide de sa guitare à douze cordes, accompagnant parfois sa partenaire avec un chant habité et profond. La communication avec le public est très limitée, mais l’on sent un réel plaisir et une réelle profondeur dans la prestation des musiciens, qui vibrent réellement au rythme de leur musique.

Tous closent leurs yeux, le bassiste se balance au gré de ses notes, Mihály se concentre sur ses doigts et Ágnes se fait la discrète maîtresse de cérémonie, usant de son violon et de sa voix comme de sortilèges qu’elle dispenserait à l’assemblée. Une heure de pérégrination dans les vielles forêts d’Europe de l’Est, de mysticisme et de légendes. Aucun reproche à faire, le concert est fabuleux, animé de ce petit plus qui fait les concerts marquants. Le son est encore une fois aux petits oignons. L’atmosphère forestière et païenne est bien présente, et il est réellement difficile d’émerger de cet incroyable instant musical. Enfin, la prestation prend fin, et les musiciens quittent la scène après un salut commun.

C’est le dos et les jambes douloureuses que je quitte le Glazart, mais enchanté de ma soirée. Les trois groupes qui se sont succédé ont livrés des prestations simplement parfaites, tous à leur manière bien personnelle. Une soirée d’exception, qui invite à se replonger dans la musique des groupes présents.

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