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Entartung – Baptised Into the Faith of Lust

Pays : Allemagne
Genre : Black Metal
Label : World Terror Committee
Date de sortie : 17 Mars 2017

Le black metal allemand commence à sérieusement venir me faire de l’œil. Si Darkened Nocturn Slaughtercult était déjà dans mes petits papiers, les récentes sorties de Horn ou de Mosaic sont venues accentuer mon intérêt pour ce pays qui s’impose décidément comme l’une des terres promises du metal. Si vous ne connaissiez pas Entartung, vous avez peut-être remarqué sur le net le magnifique artwork de son dernier-né Baptised into the Faith of Lust.

Et vous auriez eu raison de vous pencher dessus. L’album est sorti mi-mars via le très bon label World Terror Committee, et propose un black metal mélodique et atmosphérique de grande qualité. Du black tout ce qu’il y a de plus classique, avec trémolo picking, voix écorchées, séquences mid-tempo marquant la mélancolie et le regret, et batterie qui alterne entre blast-beat et une vraie richesse rythmique. On pourrait dire qu’Entartung propose du black mélodique et atmosphérique de luxe, empaqueté dans un très bel étui et servi par une production parfaite. L’équilibre sonore est excellent, avec cette batterie légèrement en arrière-plan mais bien franche et variée, ces guitares pleines et très lisibles, et cette basse que l’on peut entendre délivrer ses discrètes lignes mélodique en tendant l’oreille.

Concrètement, Entartung livre sept pistes, dont deux intermèdes courts pour une durée totale d’une quarantaine de minutes. Et franchement, il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce disque. Les mélodies sont très bonnes, avec un penchant pour la langueur et la nostalgie prenante, mais sans jamais tomber dans le désespoir. Les élans mélodiques sont altérés par une amertume omniprésente qui vient donner un cachet d’enchantement aigre aux compositions. Certains passages sont entièrement tournés vers cette tendre tristesse qui se sublime, comme après le break acoustique de « Vices of the Prophet ». L’album comporte ainsi quelques moments de grâce, mais jamais pleinement lumineux. Toujours cette petite amertume qui vient s’installer en fin de phrasé mélodique, qui conclut les riffs en leur donnant une couleur plus terne que brillante.

Baptised Into the Faith of Lust est un album très homogène, qui fait alterner plusieurs nuances d’un champ lexical d’émotion unique. Le tout est plongé dans notre chère nostalgie, mais emprunte pour la faire ressentir tour à tour la tristesse, le chagrin, la volonté que l’on sait vaine d’aller de l’avant… Certains passages se font presque épiques, comme sur la première partie de « De Sura Frukterna », mais jamais pleinement triomphants, mise à part sur la très réussie « The Black Dog of God ». C’est la force de ce disque que de savoir rester dans ce qu’il veut faire ressentir sans jamais s’éparpiller. J’ai beau ne pas bien connaître le black metal allemand, il me semble trouver ici quelques caractéristiques typiques de cette scène nationale, notamment dans le son de guitare bien franc et chaud, la production authentique et puissante et une famille d’émotions assez proche. En fait, j’ai presque envie de dire que ce disque est le pendant non plus batailleur mais plus romantique du dernier Horn. Alors vous allez sûrement dire que je compare à l’une de mes seules références allemandes, mais cette impression est vraiment tenace. Dans certains passages, j’ai même presque le sentiment d’entendre des réminiscences d’Annorkoth, renommé maintenant en Skyforest. Le riff blasté au début de « Der Werwolf » par exemple. Tiens, il s’agit au passage de la seule piste s’énervant vraiment de l’album. Les voix se font plus agressives et la batterie plus massive. Elle devrait plaire à ceux qui seraient en train de s’endormir au milieu de cette langueur ambiante. Personnellement, elle ne me convainc pas tout à fait, mais enfin, elle a le mérite d’apporter un peu de variété.

Pas grand-chose à dire finalement, si ce n’est que l’album manque selon moi d’intensité. Soyons d’accord pour dire qu’il n’a pas à souffrir de vrais reproches, mais j’aurai personnellement apprécié lui trouver un soupçon de je ne sais quoi en plus. Le disque arrive clairement à vous plonger dans une atmosphère douce-amère de regret, mais ne transporte pas. Et c’est dommage, parce que le groupe en a clairement les moyens ! Il ne faudrait pas grand-chose pour que la formule prenne définitivement et arrive à embarquer dans les tourments mélancoliques du groupe… Regardez le riff d’ouverture de la dernière piste « Black Dog of God ». Là, il y a de la passion et la groupe touche à son but ! Là, on est complètement possédé par cette mélodie évocatrice qui vous percute et ne vous lâche plus ! Cette piste est clairement la meilleur de l’album, et on préfère se la repasser plutôt que d’écouter la dernière piste atmosphérique qui arrive comme un cheveux sur la soupe. Pas de doute, le groupe finira par nous sortir un chef d’œuvre dans quelques années.

Baptised Into the Faith of Lust n’a vraiment pas à rougir. Il propose des mélodies très bien fichues, des ambiances efficaces et prenantes et un beau travail instrumental. Seulement, il n’arrive pas tout à fait à décoller. Ce n’est pas si grave notez, vous passerez déjà un excellent moment en sa compagnie à regretter tout ce que vous avez à regretter ! L’album est très satisfaisant, mais pas exceptionnel, et c’est bien ce que l’on attend d’un groupe qui manifeste de si belles capacités. Mais allez, cela n’augure que du bon pour les années à venir !

 

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