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Malokarpatan – Stridžie Dni

Pays : Slovaquie
Genre : Black Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 13 Septembre 2015

Vous en écoutez beaucoup vous du black metal de Slovaque ? À priori, non, pas trop. Pour beaucoup, moi le premier, on aurait même du mal à situer le pays sur une carte. On sait que c’est plus ou moins au milieu de l’Europe, mais en général, on n’en sait guère plus. Ce que l’on sait en revanche, c’est que la scène d’Europe de l’est est en plein essor et commence à retenir l’attention. On pense bien sûr à l’Ukraine, mais aussi peut être à la Hongrie ou à la Grèce. Malokarpatan est le pur produit de son sol, et vous offre une découverte des légendes et du folklore populaire de son pays.

 

Stridžie Dni se présente à vous sous la forme d’une intrigante pochette, mettant en scène des couleurs que l’on n’a pas l’habitude de voir dans les visuels black metal classiques. On penserait être face à un livre de conte plutôt qu’à un album de metal extrême. Stridžie Dni correspond à des festivités populaires locales durant lesquelles on célèbre les vieilles histoires et les traditions. Et conformément à sa thématique, Malokarpatan se fait ensorcelant.

Musicalement, j’ai presque envie d’appeler Malokarpatan le Bathory de l’est, sans l’aspect réducteur. Tout y est, la production raw et primitive, les riffs de guitare mi-heavy mi-thrash mi-black, les voix grognées, les envolées atmosphériques… À la manière de Bathory sur Blood Fire Death, Malokarpatan plonge l’auditeur dans son pays, l’introduisant au folklore ancestral qui le définit. Les mélodies de guitare sont parfois très surprenantes, à l’image de celle qui traverse toute la dernière partie de la première piste. Difficile de décrire ces airs que l’on s’attendrait à entendre joués par des flûtes ou des violons plutôt que par des guitares saturées et enregistrées avec les moyens du bord. Elles sont réellement marquées par le folklore slovaque, et transpirent l’amour pour les vieux mythes. En contraste, certains passages se font beaucoup plus heavy et headbangant, comme sur « O Víne, Kterak Učený Hugolín Gavlovič Z Horovec Vyprával ». Cette alternance entre mélodies tirées de l’ancien temps qui ont l’air d’avoir été extraites du sol et ces passages ultra-efficaces à la Venom créent une étrange mixture aussi possédante que jouissive. Quand je vous disais que c’était le cousin slovaque de Bathory !

Il faut aussi accorder une attention particulière aux chants. La voix grognée ou éructée de Temnohor, parfois soutenu par son compère As et souvent réverbérée, traverse tout l’album de manière magistrale. Des ricanements sardoniques ou rires hystériques viennent s’ajouter à ses paroles écrites dans sa langue. On assiste souvent à une superposition des chants, comme pour donner une impression d’incantation ou de sabbat de sorcière. Les chansons sont souvent introduites par des samples divers, instruments de musique traditionnels ou discours publics en slovaque. Ils ont le mérite de plonger encore plus dans ces terres mal connues des européens de l’ouest. Tout l’album dégage quelque chose de très particulier, quelque chose de réellement unique qu’on n’avait encore jamais entendu dans le metal me semble-t-il. Les passages inquiétants suivent ceux plus légers et presque festifs. Comme l’indiquent les musiciens, les textes évoquent les contes locaux, et sont à la fois humoristiques, mélancoliques et mystiques. Tout ce qui compose un folklore en somme. Cette ambiguïté de ton se ressent profondément à l’écoute de Stridžie Dni et peut être assez déconcertante. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour s’imprégner de ce disque somme toute assez déroutant. Une fois apprivoisé, il se révèle être un véritable trésor, unique et absolument essentiel.

En y réfléchissant, cet album, sorti en 2015, semble si archaïque dans le son et la composition, si intègre à ses origines locales qu’il semble être issu d’un très lointain passé. Ce n’est pas un passé réactualisé par le metal, mais simplement le passé, comme si les légendes et les traditions évoquées n’avaient jamais été contées autrement que par Malokarpatan. On pourrait presque imaginer les musiciens jouant dans un tableau représentant la vie en Slovaquie il y a trois siècles. Exactement comme sur l’artwork en fait…

Ce premier Malokarpatan est un essentiel pour qui aime le black metal ensorcelant, passéiste, suranné et authentique. Habité, sincère et original, tout en étant on ne peut plus classique et traditionnel, Stridžie Dni risque de vous surprendre, mais aussi de ne plus vous lâcher. Vous vous surprendrez sûrement à marmonner les mélodies de l’album comme on siffloterait une vieille chanson d’autrefois.

 

 

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