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Live Report – Dark Cold Night II – Lille

Dans le cadre de la tournée européenne entre Psychonaut 4 et Nocturnal Depression, les deux formations faisaient escale à Lille, avant de se rendre à Paris pour la dernière date. Initialement choisi pour accueillir le concert, le Diablo dû laisser sa place au Midland pour les raisons que l’on sait. C’est donc dans l’autre bar à concerts de Lille Sud qu’aura lieu une soirée des plus mémorables en compagnie des groupes sus-cités et d’Ostium, toute jeune formation originaire de Tours. Le public semble en revanche ne pas s’être déplacé en nombre si important que la qualité de l’affiche aurait pu le suggérer. Quoi qu’il en soit, que l’amoralité et la dépravation commencent.

L’ambiance est au beau fixe à l’approche du Midland pour une soirée que tous espèrent excellente. Les spectateurs déjà sur place sont dehors, boisson houblonnée à la main, profitant de la clarté et des douces températures. À l’intérieur, dans la salle de concert, les membres de Psychonaut 4, avachis dans les fauteuils, discutent et rigolent paisiblement, pendant que les membres d’Ostium se préparent lentement mais sûrement à investir la scène. Peu à peu, chacun prend sa place et le public fait son apparition, impatient de s’imprégner du climat de déchéance qui envahira la salle d’ici quelques instants et durant toute la soirée.

Très rapidement, à l’aide de son post-black à tendance dépressive, Ostium pose les fondations d’une soirée qui s’annonce corrosive au possible. Veines Noires, qui restera devant la scène et dos au public une bonne partie de la prestation, fait preuve d’une belle maîtrise au chant, dont l’aspect éraillé et possédé sublime le jeu de son groupe. Son torse nu ainsi que celui de Silence, vite délesté de sa chemise, laissent apparaître scarifications et cicatrices, comme pour en ajouter au côté malsain du set. Veines Noires se permet d’ailleurs quelques incursions au coeur du pit, bousculant et haranguant ses troupes. En ce qui concerne l’aspect musical, le son parfait permet d’apprécier à sa juste valeur la belle alchimie des tourangeaux. Entre passages lancinants de douleur et ruptures acoustiques de toute beauté, les ingrédients sont réunis pour offrir au public une entrée en matière plus que réussie. Une très belle surprise.

De suite après la prestation d’Ostium, les musiciens de Psychonaut 4 s’affairent à préparer la leur. Ainsi, contrairement à ce que l’affiche laissait entendre, c’est bel et bien Nocturnal Depression qui jouera en dernier devant un public encore sonné par la prestations des géorgiens. Car on ne va sans doute pas se voiler la face, Psychonaut 4 n’est pas là pour plaisanter. La sympathie hors scène des géorgiens n’a d’égal que le sérieux de leur démonstration de force une fois les instruments en main. Menés par un Graf titubant et délirant (sans doute au sens premier du terme), les musiciens entament leur prestation devant un public acquis à sa cause et plus encore. Bien qu’un peu à l’étroit sur scène, les géorgiens savent y faire.

L’ambiance musicale change quelque peu, la mélancolie et le mal-être laissent place au malaise. Le show de Psychonaut 4 se veut maladif au possible, avec des choix portés sur des titres remuant dangereusement le public ou, au contraire, sur de longues plages nuisibles et irrépressibles. Dans l’immédiate proximité de la scène, les plus remuants semblent pouvoir tuer au nom des géorgiens, tant la communion semble forte. Graf se permet également de faire monter sur scène Lord Lokhraed, chanteur de Nocturnal Depression, pour un titre à deux têtes très appréciable. Malgré un léger problème technique touchant Glixxx, ce dernier ayant cassé l’une de ses cordes, les artistes gèrent leur set avec sérieux et conviction. Peut-être même un peu trop parfois, comme en témoigne Graf, qui finira dans un état quasi-léthargique, littéralement allongé sur scène. L’atmosphère alors en place est extrêmement spéciale, mais diablement galvanisante, comme si la décadence en personne avait fait irruption dans la salle. Une bacchanale des temps modernes.

Une fois tout le monde remis de ses émotions, la plupart du temps tant bien que mal, et une fois les balances faites, place à la prestation des français de Nocturnal Depression. Alors que Graf pique du nez dans les fauteuils pour une petite sieste bien méritée, les artistes nous plongent dans leur univers sordide avant même le début des hostilités, magnifiquement grimés et correctement vêtus de leurs affiquets noirs. Et la tendance se confirme une fois la prestation entamée goulûment. Les riffs se font glacials et les vociférations, que dis-je, les hurlements de Lord Lokhraed permettent à la formation d’installer un climat ténébreux avec autant de facilité que si on nous l’avait servi sur un plateau.

Notons malgré tout un nouveau cassage de corde du côté d’Avskrius, ce qui contraint Lord Lokhraed, pas perturbé pour un sou, à poursuivre seul à la guitare. L’expérience est de mise pour cette dernière prestation, et les français ne déçoivent pas sur ce point. Le show se veut carré et mené avec une maîtrise sans pareille. Les quatre artistes font preuve de beaucoup de prestance, et projettent leurs ombres malfaisantes sur le public, dont l’attitude s’est soudainement calmée par rapport au show précédent. La formation grenobloise ne faillit pas à sa réputation et nous offre un spectacle des plus sobres, mais ô combien prenant.

La soirée se clôt ainsi, sur une excellente note. Saluons l’initiative de l’antenne lilloise de l’association Ondes Noires, qui nous propose régulièrement de très belles affiches. Une nouvelle réussite sur ce plan, peut-être un peu moins sur celui de la fréquentation, qui aurait pu être plus importante compte tenu de la qualité manifeste des trois groupes en présence. À déserter ce genre d’événement, il risque de voir son existence menacée. Les spectateurs quittent le Midland petit à petit ou vont se désaltérer à l’aide d’une dernière bière, avec le sentiment d’avoir passé une soirée d’exception. À juste titre.

Absence de photos dans l’article compte tenu de la piètre qualité de celles ayant été prises.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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