Actualités

Wolcensmen – Songs From the Fyrgen

Pays : Royaume-Uni
Genre : Folk
Label : Deivlforst Records
Date de sortie : 30 Novembre 2016

Infatigable explorateur de BandCamp, je ne m’explique toujours pas comment j’ai pu passer à côté de cet album. C’est simple, chers lecteurs, nous sommes face à un album de folk essentiel. Songs From the Fyrgen de Wolcensmen est une nouvelle pierre angulaire de la musique folk traditionnelle et passéiste. Ni plus, ni moins.

Wolcensmen présente bien, il faut le dire. La magnifique peinture de Ludvig Munthe, peintre très apprécié par l’univers black metal, vient de suite vous faire perdre pied, et vous arrache sans difficulté à votre siège pour vous envoyer plutôt contempler des paysages sauvages imprégnés de mysticisme. Oui, comme ça, vous vous dites qu’Ulver et les autres le font déjà très bien, et vous n’êtes pas aidés par ma prose bien peu évocatrice. Mais ayez la bonté de passer au-dessus de tout ça, et attachons-nous plutôt à expliquer pourquoi Wolcensmen est absolument nécessaire à votre intérêt pour le folklore et le paganisme.

Tout d’abord, Wolcensmen, c’est plutôt moderne. Pas moderne au sens où il y a des ajouts de dubstep, mais moderne au sens où la composition et la production tendent à se distinguer un peu des grands piliers de la musique folk traditionnelle dans laquelle s’inscrit Wolcensmen. Prenez par exemple le son de guitare. Il sonne assez travaillé en studio, comporte pas mal d’effets ajoutés au gré des pistes, et perd un peu du son de guitare organique et un peu tremblotant que vous auriez chez un Wapentake par exemple. De la même façon, des notes de synthétiseur sont ajoutés sur « Hoofes Upon the Shymmeringe Path ». La voix est également assez travaillée, on est loin des vocalises très naturelles d’un Garm. Dans l’ensemble, Songs From the Frygen est léché, bien fagoté. Je serais du genre à ne pas trop aimer ce type de production, mais il faut reconnaître que cela lui va très bien.  La musique de Wolcensmen se veut très épique, et va effectivement dans ce sens. Les chansons ne sont pas vraiment intimistes, mais plutôt superbes. Globalement, on a plus envie de se joindre à de glorieux chants venu du passé que de se recueillir.

En fait, Wolcensmen ne livre rien de moins qu’un Kveldssanger vingt ans plus tard. Un Kveldssanger plus épique, plus cinématographique, plus poli et peut-être plus professionnel. On y retrouve les codes frottées, les arpèges de guitare lancinants, les vocalises profondes, le piano… Wolcensmen est clairement un héritier. Un héritier qui a très bien assimilé l’œuvre de ces prédécesseurs et qui offre à son tour un travail très inspiré, riche et nuancé. L’album permet de plonger dans des atmosphères assez variées, malgré la domination des pistes galvanisantes et fières. On a par exemple droit à quelque chose de plus romantique sur « Snowfall » ou de plus sombre sur « Neath a Wreath of Firs ». L’album est plutôt lumineux, mais s’autorise quelques passages dans des recoins plus obscurs, ce qui n’est vraiment pas pour déplaire et apporte un peu de variété à un album qui est décidément bien dosé. Trop d’épique aurait finalement été pompeux et lassant. C’est dans ce genre de petits détails, ajoutés à la production et au soin apporté à l’aspect graphique, qui font ressentir l’album vraiment travaillé qui a attendu d’être parfait sous tous les angles avant de se révéler au public.

Au rapide rayon des défauts, on pourra noter le chant, qui peut paraître parfois un peu maniéré. Toujours très juste, mais souvent un tantinet trop surjoué, comme sur « The Fyre-Bough » ou sur le début de « Sunne ». J’aurais personnellement apprécié plus de naturel, de sincérité, et moins de raideur dans les voix. C’était d’ailleurs l’un des éléments qui réussissaient si bien à Ulver, les voix dépouillées et sans fioritures. D’une manière générale, Wolcensmen a un peu tendance à en faire beaucoup, comme l’agréable mais un peu pompeux piano sur la première piste. La dimension cinématographique de l’ensemble est bien présente. Ce n’est peut-être finalement qu’une question de goût personnel que de reproches objectifs. Sur le papier, Wolcensmen ne fait aucun faux pas, et réussit parfaitement ce qu’il entreprend. L’émotion est bien présente, l’évocation également. Wolcensmen réalise un album objectivement sans défaut, très bien ficelé, travaillé, qui réussit parfaitement ce qu’il entreprend. Un digne héritier d’Ulver. Nul doute que beaucoup seront complètement estomaqués par Songs From the Fyrgen, tant ce qu’il propose est de qualité.

Vous n’avez franchement pas besoin de plus de texte pour comprendre que cet album est simplement essentiel si vous aimez la musique folklorique. Vous trouverez peut-être à cet album mois de charme forestier que ce que vous connaissez chez Ulver, mais plus de grandeur et de superbe. Vous avez ici un album qui fera date, et qui devrait intégrer à vie le parcours musical de ceux qui aiment le folklore en musique.

About dantefever (148 Articles)
Salut vous

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :