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Ghost Bath – Starmourner

Pays : États-Unis
Genre : Post-Black Metal
Label : Nuclear Blast Entertainment
Date de sortie : 21 Avril 2017

Vous devez sûrement avoir déjà entendu parler de Ghost Bath au moins une fois jusqu’à maintenant. Peut-être était-ce lorsque le groupe s’est révélé être américain, et non chinois, comme il aimait à le laisser croire, ou peut-être était-ce plus récemment, suite à la sortie de l’excellent Moonlover, lorsque le quintette a décidé de signer chez le géant et controversé label allemand Nuclear Blast. La formation du Dakota du Sud n’a laissé personne indifférent grâce à son dernier album, aussi lancinant que fascinant. Deux ans plus tard, qu’en est-il de son évolution et du travail qui a été fourni sur Starmourner ?


Au risque de vous annoncer la couleur dès le début, vous devriez remarquer quelques changements sur le groupe rien qu’en jetant un œil intéressé à l’artwork de ce nouvel album. Ghost Bath était reconnu, du moins sur ses deux dernières sorties, pour l’ambiance extrêmement malsaine qui se dégageait de son univers graphique. Sur Funeral, nous pouvions admirer la fantastique toile Ophelia, oeuvre de l’artiste britannique John Everett Millais, qui se mariait à merveille à la musique du groupe américain. Sur Moonlover, nous avions atteint des sommets de noirceur avec un artwork aussi cru et malsain que possible. Qu’avons-nous pour Starmourner ? Un très bel artwork en vérité, rien à redire sur sa qualité. En revanche, il contraste sérieusement avec le travail musical réalisé par le groupe jusqu’alors. Il nous annonce même la couleur pour la suite des événements. Oui mes amis, Ghost Bath a changé.

On ne va pas se le cacher, si nous avions tant apprécié Moonlover, c’est avant tout pour son côté déchirant que l’on ne retrouve que trop rarement dans les albums du genre. Du post-black, certes, mais du post-black axé sur des thématiques très noires et suicidaires, et les spécificités techniques étaient sans cesse présentes pour nous le rappeler. Un chef d’oeuvre s’il en est. Nous tombons dans la comparaison avec un peu trop de facilité, mais la démarche est nécessaire lorsque que l’on passe d’un diamant à un caillou. La métaphore est sans doute un peu trop péjorative, mais le fossé est tellement grand entre Moonlover et Starmourner que l’on en vient réellement à se demander si ces deux albums ont été composés par le même groupe.

Meublons quelque peu notre propos. Starmourner n’est pas un mauvais album en soi, mais il est tellement décevant que le sentiment qui prime est celui de la désillusion. Où sont passés les pals, les lames et les hurlements ? Qu’est-il advenu de cette touche lancinante à souhait ? Et qui diable a décidé de rendre les instrumentations aussi plates ? L’album a beau être riche de douze pistes, il vous sera bien complexe de différencier les unes des autres, et le choix selon lequel un seul mot est utilisé pour intituler chaque piste n’aide franchement pas. On en vient presque à se demander ce qu’il reste de black metal dans cet album. Les rugissements de 丹尼斯, qui constituaient l’une des principales attractions de Moonlover, passent au second plan de manière tout à fait inexplicable. Et lorsque l’on sait quel cachet cela donnait à certaines atmosphères, le froncement de sourcils est la seule réaction qui est de mise.

En guise de rappel, l’expression ghost bath ferait référence à une forme de suicide par immersion dans l’eau. On se demande bien ce qui fait référence à ce genre de joyeuseté dans Starmourner, alors que la question ne se posait même pas concernant les deux albums précédents. Au contraire, nous avons dans les oreilles une musique assez fade, et même surfacique, qui n’émeut pas pour un sou. Les trop rares envolées, comme sur l’introduction de « Luminescence », sont de suite matraquées par une composition lacunaire et une propension rageante à vouloir rendre la chose plus accessible. Au risque de comparer à nouveau, les ruptures, qui étaient si astucieuses sur Moonlover, interviennent ici de manière presque aléatoire et viennent casser le peu d’ambiance qui se dégage de certains titres. Un gros raté sur toute la ligne, et le fait d’affirmer ce genre de chose est douloureux tant cet album s’est fait attendre.

Nuclear Blast avait cru bon de dévoiler les titres « Thrones » et « Ambrosial » en marge de la sortie de l’album, comme pour donner un avant-goût de ce que pourrait être Starmourner. Cet avant-goût était amer, et rien de plus. Ces deux titres-là font même partie des plus décevants de l’album. Le parti pris est clairement celui de l’accessibilité, et la chose n’est pas complexe à deviner. La guitare lead crache un riff supposé entraînant toutes les quinze secondes sans que nous puissions profiter des quelques accélérations rythmiques de la batterie. Justement, concernant la rythmique, assez correcte dans l’ensemble, soulignons le passage absolument inaudible de la deuxième moitié de « Ambrosial », durant lequel le rythme et les sonorités ne changent absolument pas durant plus de deux minutes. Nous pourrions encore en dire, mais la lapidation a assez duré. Oui mes amis, Ghost Bath a changé.

Quelques riffs, deux ou trois introductions bien ficelées, et c’est tout ce que ce nouvel album a à proposer. Même si le ton de cet article aura pu vous abuser, Starmourner n’est pas un album à jeter à tout prix, en particulier si vous n’êtes pas particulièrement touché par la musique habituelle de Ghost Bath. De plus, il pourra également et tout simplement plaire à tous les adeptes de post-black édulcoré et qui ne va pas prospecter du côté de la douleur ou de la neurasthénie, car les américains s’en sont drastiquement éloignés avec ce nouvel album. Il est clair que Starmourner marque un tournant on ne peut plus significatif dans la carrière de Ghost Bath, et cela n’est sans doute pas sans rapport avec le nouveau label de la formation américaine. Une énorme déception.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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