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La Breiche – Le Mal des Ardents

Pays : France
Genre : Ritual Folk Ambient / Musique Médiévale
Label : Cold Springs Records
Date de sortie : 6 Février 2017

La tendance qu’ont certains groupes à vouloir retranscrire une certaine ambiance passéiste a bien souvent ses limites. À ce titre, il est souvent plus engageant de se trouver face à un projet ou un groupe qui incarne par sa nature même ce qu’il veut transmettre à son public. Le duo pyrénéens La Breiche nous évoque tout cela à peine une oreille posée sur sa musique. Par les caractéristiques de sa musique et par ce qu’elle dégage, difficile de ne pas s’avouer étreint par un mal ancestral réveillé par d’obscures incantations. Justement, le mal. La Breiche vient de sortir sa deuxième sortie avec Le Mal des Ardents. Un album qui ne laissera pas de marbre celles et ceux y étant réceptifs.


Si vous l’ignorez – nous passons l’éponge de bon coeur – La Breiche est un groupe formé par l’association de deux musiciens notamment membres de la formation Sus Scrofa, talentueux mais méconnu pionnier du pagan black metal en France. Et lorsque l’on sait de quoi le groupe est capable malgré le nombre famélique d’albums sortis, on est de suite un peu plus confiant quant à la qualité probable des sorties de La Breiche. Mais attention, il n’est pas question de pagan black ici-même, du moins, pas sur le plan stylistique pur. Médiéval et passéiste, oui, mais La Breiche, c’est bien plus que ça.

Médiéval, La Breiche l’est davantage par l’orientation de ses thématiques que par ses choix techniques. Les instruments traditionnels sont bien présents pour étoffer le style parfois minimaliste du groupe, mais nous sommes loin de la musicalité à outrance. Le Mal des Ardents nous conte l’histoire vraie d’un moine français du nom d’Ademar de Chabannes, qui, au cours du Xème siècle, relata de funestes événements se produisant dans le Limousin. Certains paysants ayant consommé un aliment en particulier se plaignèrent des flammes d’un feu invisible, les consumant à petit feu. Comme le voulait l’époque, la sorcellerie fut accusée d’être à l’origine de cette immondice. D’ailleurs, le nom du groupe fait lui-même référence à la sorcellerie. Inutile de s’étaler sur la question, toujours est-il que La Breiche nous offre un récit musical autour d’un événement intimiste et bien précis de l’histoire paysanne du Moyen Âge.

Faire de la bonne musique c’est bien, avoir un réel univers c’est mieux, et c’est là que le duo fait mouche. Il est assez fascinant d’une certaine manière de s’imaginer assister aux péripéties de l’époque en ayant dans les oreilles la musique correctement dosée et rythmée avec justesse de La Breiche. Évidemment, compte tenu de ses spécificités techniques, Le Mal des Ardents n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il s’agit d’un album qui doit être apprécié à sa juste valeur, impossible donc d’espérer en prendre possession sans avoir la receptivité nécessaire à sa bonne appréhension. Mais une fois préparé et impatient de s’abandonner à son atmosphère si particulière, le plaisir est immense.

Qu’il est déléctable de se plonger ainsi dans l’ambiance unique mise en place, on redouterait presque le suite des événements, et chaque fin de titre annonce comme un nouveau rebondissement. La musique du duo pyrénéen ne s’emballe absolument jamais, ce qui en ajoute à l’aspect pesant de l’ensemble. À l’arrivée, l’auditeur a dans les oreilles ce qui se fait de mieux en matière de fable picturale soutenue par une musique glauque et scénique au possible. Lorsque de tels éléments répondent présents, il devient délicat de faire la fine bouche. Une musique spéciale, certes, mais une musique qui connaît ses atouts et qui est sûre de ses forces.

Le talent des musiciens en présence est plus qu’avéré, si toutefois nous avions vraiment des doutes. Pour sa deuxième sortie, La Breiche a frappé fort, mais avec une subtilité exquise qui donne par la même occasion vie à un événement médiéval mineur mais ô combien prenant. C’est le moins qu’on puisse dire alors même que Le Mal des Ardents n’a qu’à claquer des doigts pour nous faire succomber. Cette sortie confirme également le très bon état de santé de la petite mais extrêmement talentueuse scène pyrénéenne, qui gagnerait à être davantage estimée. Le Mal des Ardents est un album minimaliste, mais dont la richesse n’a que peu d’égal.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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