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Quintessenz – To the Gallows

Pays : Allemagne
Genre : Black Thrash / Heavy Metal
Label : Evil Spells Records
Date de sortie : 19 Décembre 2016

Je réitère, persiste et signe ce que je vous disais lors de la chronique de Void Meditation Cult, ainsi que dans celle de Moriquendi. L’underground, c’est la meilleure chose qui soit arrivée à la musique ! On plonge dans les profondeurs de la scène, on y louvoie entre des milliers d’albums anciens ou récents souvent complètement cryptiques, on est attiré par une belle pochette ou des sonorités qui viennent titiller nos cordes sensibles, et on en ressort finalement après plusieurs heures avec une liste d’achat qui vous fait (encore) finir le mois en négatif !

Franchement, au diable le banquier, son costard et son bureau tout propre. Lui et sa tête de croque-mort neurasthénique ne valent rien à côté de la musique qui vous saisit aux tripes et vous fait brandir le poing. L’élu du jour s’appelle Quintessenz et officie dans le metal le plus old-school qui soit. Nous sommes face à un black metal période première vague, anobli par des influences heavy épiques et encanaillé par du vieux thrash suranné qui sent le Hellhammer à plein nez. Tout ce qui rend votre serviteur complètement fou en fait. Le groupe attire déjà l’œil grâce à sa splendide pochette, et ne vous lâche plus dès la première écoute.

Metal old-school oblige, la production est un peu raw sans être du tout cavernicole pour autant. Juste ce qu’il faut pour donner de la saveur! Les guitares sont plutôt chaudes et sentent les lampes d’amplificateur qui crament. La batterie est toute fraîche et naturelle, on aurait peut-être souhaité un rien de puissance supplémentaire, mais franchement rien de gênant. D’autant plus que l’on nous offre de jolis plans assez nuancés, sans se rabattre sur du blast et du skank-beat à tout vas. La basse est bien perceptible, englobe cette musique venue de Germanie de sa présence chaude et grave. Enfin, le chant est simplement parfait ! Parfois grognant et éructant, comme il se doit dans le black thrash old-school, parfois plus proche de ce que proposait Darkthrone sur le très bon The Underground Resistance, que Quintessenz a probablement beaucoup apprécié !

Quintessenz a un énorme talent pour les mélodies prenantes. Absolument toutes les chansons ont leur passage d’anthologie, que ce soit les leads en trémolo-picking épiques et puissantes comme sur « The Claws of Nosferatu » ou le terrible « Her Spells », ou bien des mid-tempos épiques comme sur « Sounding the Funeral Bell ». Le tout est bien évidemment parcouru de soli très bien composés pour encore ajouter de savoureux ingrédients à la recette déjà goûteuse à souhait. Les riffs sont la plus grande force de Quintessenz, et ceux-ci pleuvent sur l’auditeur avec une qualité absolument constante. La musique de Quintessenz n’est pas toutes griffes dehors comme le sont souvent les productions black thrash, mais se permet au contraire pas mal de passages voir de chansons mid-tempi. Votre serviteur, pourtant amateur de bons vieux carnages impis à l’ancienne dans ce genre de metal, n’a souffert  d’aucune baisse d’attention lors des passages plus posés du disque. L’hymne « To the Gallows », puissant et classieux en milieu d’album, est une très belle réussite, notamment grâce à son refrain tragique et presque théâtral, et se conclue d’une manière jouissive avec une bonne accélération finale. Le tryptique central de mid-tempi galvanisants et dévastateurs que forment « Sounding the Funeral Bell », « To the Gallows » et « Endless Night » est simplement magistral. L’épique, le théâtral et le galvanisant se suivent tour à tour, enchaînants les riffs jouissifs et les refrains entraînants sans aucune baisse de qualité. Le heavy transpire par tous les pores de ces chansons bien construites, jouissives et simplement irrésistibles.

L’album accuse une toute petite baisse de régime sur « Seth », un peu moins intéressante que ses consœurs, mais rien de grave, surtout que survient juste ensuite la géniale « Gloomweaver », avec son riff principale incroyablement évocateur. C’est décidément une caractéristique de Quintessenz, les riffs ont souvent quelque chose d’assez racé, d’assez classieux et de presque noble. On ira pas jusqu’à parler de néo-classique, déjà parce que Quintessenz n’a pas cette prétention, et ensuite parce qu’il ne s’agit simplement que d’un ressenti sur une partie des mélodies de l’album. L’album est constamment accrocheur et puissant, et ne va pas s’acheter une crédibilité en tentant de produire de la musique savante occidentale à la guitare. En parlant d’accroche et de puissance, l’album se conclut sur « Cursed By Moonlight », avec son riff enthousiaste et presque dansant. Une fin en toute beauté !

Quintessenz vient de sortir un album non pas très bon, mais simplement excellent. Encore plus impressionnant quand l’on sait que le projet n’est tenu que par un seul musicien ! Genözider, tel est son nom, a un talent fou pour composer une musique puissante, épique, accrocheuse et néanmoins loin des clichés du black thrash à trois riffs simplistes. Un album quasiment parfait, qui ne souffre que d’une seule piste légèrement en-dessous des autres. Longue vie à l’underground, longue vie à Quintessenz !

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