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Live Report – Heretoir + Drawn Into Descent – Roulers

Au crépuscule d’un mois de mai chargé, voici qu’une soirée intrigante doit se dérouler au bar De Verlichte Geest de Roulers, en Belgique. L’affiche avait de quoi attirer le regard, sans pour autant faire fondre d’envie chaque membre de la communauté black. Les américains de Ghost Bath, fraîchement couronnés du bonnet d’âne avec la pauvre qualité de leur dernier album, devaient être accompagnés des talentueux allemands de Heretoir, dont le dernier album, non traité ici-même, fut une très belle réussite, et du groupe local de Drawn Into Descent, officiant dans un registre proche du black metal atmosphérique.

Alors que le soleil décline lentement pour se réfugier derrière les bâtiments qui entourent le bar, les amateurs du soir se rassemblent doucement à la porte. Chacun profite de la douce soirée qui s’annonce avec une cigarette ou une bière à la main. Peu nombreux sont les spectateurs ayant répondu à l’appel pourtant tentant lancé par Stay Heart Concerts, qui organise l’événement du jour. Principalement des belges, quelques français. Puis, l’accès au bar est ouvert, une demi-heure après l’heure prévue au préalable. Chacun s’installe autour du bar, commandant une bière ou deux, et discute chaleureusement avec ses compères. C’est maintenant le tour des belges de Drawn Into Descent d’entrer en scène pour lancer le début des hostilités.

Je ne connaissais pas ce groupe avant de me rendre à la soirée, mais une chose est sûre, ce n’est pas à ce moment-là que je peux découvrir correctement sa musique. C’est peu dire que le son mis en place pour les quatre belges est abominable et complètement inaudible. Il est même stupéfiant que rien ne soit corrigé au cours de leur prestation. La musique de Drawn Into Descent est, comme pour la grande majorité dans groupes de black metal atmosphérique, basée sur des sonorités d’ambiance sur fond d’instrumentations traditionnelles au black. Mais pour le coup, impossible de déceler quoi que ce soit dans l’horrible orgie de sonorités qui résulte de la prestation en cours.

Les saturations sont crachées par tous les amplificateurs sans répit, seule la batterie et les chants de B. parviennent à se faire entendre dans le marasme ambiant, non sans mal. Le reste s’apparente à de la bouillie, ni plus ni moins. Le son n’est pas seulement mauvais, il est également désagréable à vous broyer la cage thoracique. Le public se montre ainsi timide à chaque fin de titre, dubitatif et comme frappé par la foudre. Un mixage qui ne rend absolument pas service aux musiciens, qui semblent pourtant bien maîtres de leurs instruments. Zéro pointé sur toute la ligne. Quelle entrée en matière…

Une fois ce désastre terminé, il est temps pour les allemands de Heretoir d’investir la scène. Le changement de matériel et les balances se font rapides. À peine le temps de se rincer le gosier que chacun retrouve sa place face à la scène. D’entrée, petit soupir de soulagement. Le son n’est pas parfait, mais il est tout à fait correct et nous prouve définitivement que des erreurs ont été commises lors de la prestation précédente. Le quatuor prend d’entrée le public à la gorge pour ne plus le lâcher. Sa musique est prenante, les variations sont légion et permettent une évasion plaisante à ce moment de la soirée.

Au chant et à la guitare, Eklatanz nous fait l’étalage de ses capacités vocaliques, passant du chant clair au chant éraillé d’un simple claquement de doigts. Il sait capter l’attention malgré un jeu de scène pauvre, voilà ce que l’on appelle la prestance. Ses impressionnantes dreadlocks se meuvent au rythme d’une musique jouée à la perfection par un groupe qui a beaucoup à offrir à son public. Il est simplement décevant de voir que la salle affiche une affluence des plus regrettables malgré une programmation alléchante. Quoi qu’il en soit, la vingtaine de spectateurs présents, face à la scène au accoudés au bar, sait apprécier la musique des allemands à sa juste valeur. L’ensemble est géré avec maturité et sérieux. Que demander de plus ?

Ma récente déception vis-à-vis du dernier album de Ghost Bath en tête, j’estime peu utile d’assister à la prestation des américains, alors que leur setlist est à priori uniquement composée de titres présents sur Starmourner, à l’exception d’un seul. C’est donc ainsi que s’achève une soirée courte et mitigée, mais malgré tout plaisante par son atmosphère.

Difficile de tirer quelque conclusion sur l’événement organisé par Stay Heart Concerts. L’affiche était très intéressante au premier abord, mais elle n’a visiblement pas su convaincre plus de trente personnes, ce qui est extrêmement surprenant lorsque l’on connaît la qualité de la musique de Heretoir et la relative renommée de Ghost Bath. De plus, si l’on prend la prestation de Drawn Into Descent à titre d’exemple, certains spectateurs ont franchement dû se demander ce qu’ils faisaient devant la scène à ce moment-là. Je ne cherche pas à jeter la pierre aux techniciens du son, qui sont déjà bien aimables de proposer leur aide. Simplement, le show des belges a viré au cauchemar. Heureusement, Heretoir et sans doute Ghost Bath ont contribué à redresser quelque peu la barre. La moindre des choses.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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