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Live Report – Throne Fest 2017 – Jour 1

Pour beaucoup de festivaliers, le week-end des 3 et 4 juin se faisait attendre avec une impatience difficilement dissimulable. L’édition 2017 du Throne Fest a fait languir son monde grâce à une affiche à nouveau rutilante composée de grands noms, de groupes de seconde zone très talentueux, ou de mastodontes de demain. C’est enfin le jour J pour un public rassemblé en nombre devant le Kubox de Kuurne, dans l’ouest de la Belgique, non loin de Courtrai et de la frontière française. Les spectateurs de l’hexagone sont d’ailleurs présents en nombre. C’est un public fort cosmopolite qui attend le début de l’offensive. Place au spectacle.

C’est sous un grand soleil que le parking se remplit petit à petit en face de la salle du Kubox. La bonne humeur est bien présente et tout le monde aime à commencer le week-end convenablement en plaisantant, une bière à la main. En coulisse, l’édition 2017 du Throne Fest se prépare plus que jamais, et les derniers préparatifs sont en passe de s’effectuer avant l’ouverture de la salle. C’est chose faite à midi, et les premiers festivaliers, bracelet à la main, tuent le temps et attendent la prestation d’Ars Veneficium en flânant près des stands de merchandising ou en allant commander de quoi s’hydrater.

Les belges d’Ars Veneficium font donc leur apparition sur scène alors que s’ouvrent les pans de murs censés diviser la salle en deux pièces distinctes. Les musiciens sont fort bien apprêtés pour la cérémonie, en arborant des corpse paints qui vont tout à fait de pair avec la musique qui est la leur. Il ne faut d’ailleurs pas longtemps pour que public soit captivé par la prestation très prenante du groupe. Grâce à sa musique froide et très directe, Ars Veneficium est parvenu à rameuter un bon nombre de spectateurs vers la scène, eux qui étaient en premier lieu réticents à s’en approcher. Au chant, S. fait preuve de maîtrise, même si un soupçon de prestance en plus n’aurait pas été de trop.

En ce qui concerne le son, beaucoup de soin a visiblement été apporté à la préparation du show de la formation belge. Tous les instruments sont bien audibles et l’ensemble fait du premier concert de la journée une entrée en matière des plus remarquables. Il s’agit d’ailleurs d’une très bonne découverte en ce qui me concerne. Une première prestation de festival, c’est quelque chose qu’il ne faut pas rater, et les belges mettent les bouchées doubles pour en faire quelque chose de mémorable. Mémorable, la prestation de Cryfemal l’est également, mais pas pour les mêmes raisons. En guise de rappel, Cryfemal est un projet solo espagnol uniquement composé de sa tête pensante, Ebola. Quatre musiciens live se sont donc joints à notre artiste pour la bonne tenue de sa prestation.


Par où commencer ? Sur disque, la musique de Cryfemal est très intéressante, mais sur scène, ce n’est visiblement pas la même chose, loin s’en faut. Dans un premier temps, il y a le spectacle pathétique donné par l’un des guitaristes, invité, rappelons-le, qui juge opportun de se vider une bouteille de scotch dans le gosier et de profiter de chaque intertitre pour lancer un doigt d’honneur bien cliché en direction du public. Comprenons-nous bien, dans l’un de ses groupes (car il fait apparemment partie de plusieurs groupes), il peut tout à fait agir comme bon lui semble. Mais lorsqu’il n’est présent que pour faire le nombre et permettre à l’artiste principal, en l’occurrence Ebola, de se produire sur scène, la tendance doit être à l’effacement.

Justement, Ebola. L’artiste arrive sur scène dans un mini short visiblement trop petit pour lui (ou était-ce un caleçon ?) et peinturluré de partout telle une grossière bête de foire satanique. On le sait, l’espagnol aime beaucoup jouer avec les stéréotypes de la scène black metal, toujours est-il que le résultat ne s’apparente à rien de plus qu’une fade et grotesque plaisanterie. Son chant est grandement perfectible, et il a peine à se mettre au niveau de ses musiciens live, qui ont tous signé un sans faute, il convient de le signaler, du moins sur le plan du jeu pur. Bref, la curiosité m’animait avant d’assister à la prestation de Cryfemal, mais elle m’a brusquement fait faux bond. Au suivant.

Fort heureusement pour notre bien-être et notre capital satisfaction, Cryfemal est suivi de près par la formation de Naðra. Et une fois les balances effectuées, les jeunes islandais ont investi la scène pour nous asséner un coup inoubliable. Il est fascinant de voir à quel point des musiciens aussi jeunes peuvent faire preuve d’aisance et de maturité sur scène. Ils ne sont pas arrivés dans la scène black il y a une semaine, il n’empêche que la formation dégage quelque chose de presque mystique, comme en témoigne les jeux littéralement possédés de Gustáf Evensen et de Tómas Ísdal. Les titres s’enchaînent très rapidement, et une atmosphère transcendante et irrespirable s’installe très vite dans une salle baignée par la lumière du light show des islandais.

Toute la salle est obnubilée par la prestation en cours et réagit très favorablement à chaque nouveau chant. Plus rien ne compte, si ce n’est que le groupe poursuive sur sa formidable lancée. Une prestation exceptionnelle de bout en bout, portée par des musiciens de talent qui ont fait oublier au public le groupe qui les précédait. Naðra a encore de très, très belles années devant lui. Suite à ce formidable show, les islandais laissent place à deux groupes polonais. Le premier, Furia, qui ne peut avoir droit à ses lignes dans la mesure où ma piètre position ne me permet guère de déceler quoi que ce soit sur scène. Toujours est-il que les polonais semblent avoir mené quelque chose de tout à fait satisfaisant, au rythme de ses sonorités simples mais efficaces. Comme depuis le début de la journée, le son demeure excellent.

Place ensuite à Hate, probablement le seul groupe du week-end à officier dans un véritable registre death metal, même s’il n’est pas si éloigné que ça du black. N’ayant pas vu les polonais sur scène depuis quelques années, j’ai pu constater une certaine évolution quant au comportement des musiciens. Beaucoup d’assurance et de sérénité se dégagent de leur jeu, et ils ne se font d’ailleurs pas prier pour faire du Kubox une zone à risque. La musique de Hate est peut-être simple, mais il n’en faut pas davantage pour apporter violence et animosité dans les rangs d’un public acquis à la cause du groupe. Sa musique se fait colossale et imposante, comme pour impressionner et faire craindre. Les titres s’enchaînent à la satisfaction générale, et les polonais gèrent la chose avec énormément de justesse. Ce n’est de toute manière une surprise pour personne.

Suite à la prestation des polonais, une bonne partie du public reste à proximité de la scène pour garder une bonne place, et pour cause. Ce sont en effet les américains d’Absu qui sont les prochains sur la liste. Le trio, valeur sûre de la scène black thrash, offre un spectacle magistral devant un public en folie. Le contraste est saisissant entre la noirceur qui était en vigueur jusqu’alors et l’énergie implacable déployée par les texans. Proscriptor commence le set derrière la batterie, comme à son habitude, avant de laisser sa place et de se placer face au public, haranguant ses troupes et offrant un spectacle haut en couleurs.


C’est peu dire que le public apprécie grandement la prestation des américains. La furie du trio contamine rapidement la fosse, qui devient difficile à canaliser, au son de la musique dévastatrice proposée par des musiciens maîtres de leur art. Absu était très attendu, et il n’a pas déçu pour un sou. Par la suite, c’est au tour du projet allemand Nargaroth de se produire sur scène, jouissant lui aussi de la présence de musiciens live. Là encore, difficile pour moi de conter les événements avec précision compte tenu de ma position. Mais, fidèle à sa réputation et à l’aide d’un jeu de scène hors du commun, la formation a su faire honneur à son illustre blason, en grande partie grâce à un Ash des grands soirs. Deströyer 666 et Marduk ont fermé la marche pour ce samedi, avec notamment un set exceptionnel des suédois, portant entre autres sur leur quatrième et mythique album, Heaven Shall Burn… When We Are Gathered. Une premier journée extraordinaire.

Des groupes talentueux, un son quasiment parfait, une organisation pointilleuse. La bonne recette tient finalement à peu de choses. Ce fut une première partie de festival réussie haut la main pour l’équipe d’organisation du Throne Fest. Porté par des groupes globalement concernés et sérieux sur scène, l’événement black metal frappe pour le moment très fort. Place désormais au deuxième jour, qui verra se produire nombre de groupes au moins tout aussi bon…

About Maxime (302 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

4 Comments on Live Report – Throne Fest 2017 – Jour 1

  1. Mais Heaven Shall Burn n’est absolument pas le premier album de Marduk! C’est leur quatrième!!! Le premier à ne pas être produit par Swano, le premier avec Legion, le premier produit aux Abyss et sans Joachim Av Grav. Attention, c’est déjà le « nouveau » Marduk. Quand on a connu cette époque, on s’en souvient. Vraiment. C’est avec cet album que Marduk a fait sa première tournée en France et je peux vous dire que c’était énorme.

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  2. C’est le dernier bon album de Marduk. Il a pas mal tourné sur ma platine, j’aime pas ramener ma fraise, mais là ça me touchait trop. Bon album avec un super tube « Glorification of the black God » et son inspiration/reprise de Mussorsky. Putain de haine dans ce titre. Je me rappelle aussi de Legion sur la scène du Bikini. Quelle explosion de violence quand tout s’est allumé!

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