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AFFECTVS & Lamia Culta – Blessing From the Darkness, Opus II

Pays : Russie / Ukraine
Genre : Dark Ambient
Label : Black Mara
Date de sortie : 15 Avril 2017

Les splits sont décidément appréciés chez Black Mara. Toutefois, il s’agit souvent d’un exercice périlleux, qui peut se résumer à la formule quitte ou double quand les deux entités musicales se partagent le temps d’écoute en composant chacun de leur côté un certain nombre de pistes. Cette fois-ci, AFFECTVS et Lamia Culta ont fait les choses différemment. Au lieu d’un split à proprement parler, il s’agit en fait plutôt d’une collaboration.

Les pistes, au nombre de onze, ont été réalisées communément. L’homogénéité de la production et la cohérence globale s’en trouvent renforcées, ce qui est à mon sens primordial lorsque l’on parle de musique ambiante. Il faut une ligne directrice forte, voire une certaine monotonie qualitative pour que la formule fasse effet. Ce second opus de Blessing From the Darkness va parfaitement en ce sens. Tout l’album plonge l’auditeur dans le même sanctuaire, lui inflige les mêmes incantations enfiévrées.

Le dark ambient proposé ici est riche, chargé. Les nappes de claviers inséparables du style sont bien présentes, mais de manière assez discrète, ou véritablement comme toile de fond sur laquelle viennent se déployer les nombreux éléments musicaux. Et le plus important d’entre eux sont les voix. Litanies, invocations, râles, incantations, appels frénétiques, pleurs, gémissements… Les expressions vocales sont exclusivement féminines, déclinées à l’infini, et souvent impitoyables envers l’auditeur. La thématique centrale de la production est un satanisme théiste et possédé qui se manifeste de bout en bout, autant à travers les appels aux différents noms du Démon que dans les ambiances troubles et angoissées développées par AFFECTVS et Lamia Culta.

Blessing From the Darkness, Opus II est ésotérique par tous les moyens. Les atmosphères nocturnes, les feux crépitants, les masses sonores menaçantes, les sifflements stridents, les flûtes et le piano ponctuel… On ressentirait parfois un rien d’ambiances orientalisantes, notamment par l’utilisation des flûtes évoquées, comme si vous vous retrouviez au cœur d’un rituel mésopotamien pratiqué au fond d’un temple dédié à des dieux oubliés au cœur d’un désert. Cette caractéristique géographique se retrouve également dans certains chants, qui pourraient faire penser aux lamentations déchirées caractéristiques de ces contrées. Si vous avez vu le film Passion, vous voyez peut-être de quoi il est question. Ironique d’ailleurs… Mettons qu’à la place de la crucifixion du Christ, nous assistons ici à son renoncement à mourir pour les hommes, laissant ainsi libre cours aux pratiques occultes.

L’écoute de cet album peut se révéler éprouvante. Long, dense et parfois très anxiogène, Blessing From the Darkness, Opus II ne laisse aucun répit. Satan est convoqué de toutes les manières possibles, à chaque instant, et vient prendre à revers ceux qui souhaiteraient encore lui échapper. Les percussions et les maigres cordes pincées ethniques vous entraînent dans cette sombre spiritualité d’un autre temps. Il n’est pas question de s’opposer à la possession, celle-ci se manifeste beaucoup trop violemment par ces appels répétés, parfois éructées par ces hiérophantes infatigables, plongées dans une transe qui ne semble jamais devoir cesser. Comme à son habitude, Black Mara propose un support à vos propres rituels, avec un objet de toute beauté orné, comme il se doit, d’une croix de bois retournée. Vous avez dans les mains les outils de votre propre damnation.

Long, puissant et enfiévré, cette collaboration est un chef d’œuvre d’ambiance et de construction. On ne se lasse jamais du rituel, qui parvient toujours à se renouveler via l’utilisation de nouveaux instruments, de sonorités inédites ou d’incantations toujours plus inquiétantes. Blessing from the Darkness, Opus II impose le respect, de par sa richesse, sa diversité et sa capacité à capter l’attention. Rares sont les œuvres du style à réussir à ne pas fatiguer par leur longueur ou leur intransigeance. Si vous ne trouvez pas Satan dans les guitares frénétiques du black metal, vous le trouverez peut-être dans les sombres prières invoquées par AFFECTVS et Lamia Culta.

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