Actualités

Dzö-Nga – The Sachem’s Tales

Pays : États-Unis
Genre : Black Metal Atmosphérique
Label : Avantgarde Music
Date de sortie : 14 Juin 2017

L’artwork avait déjà sûrement tapé dans l’œil de certains. Il est vrai que si beaucoup de folklores ont été utilisés dans des albums de black metal, la culture amérindienne n’est pas celle qui vient à l’esprit en premier quand l’on parle de mythologie et de black metal. Voici Dzö-Nga, duo de black metal atmosphérique venu de Boston, qui nous livre son second album, The Sachem’s Tales.

Je ne sais pas bien ce que le Sachem pouvait effectivement raconter comme histoires avant que les colons américains ne viennent génocider les amérindiens à coup de Winchester, d’alcool et de couvertures infectées, mais j’espère de tout cœur qu’il avait de plus belles choses à dire que Dzö-Nga. On attaque d’emblée, sans prévenir, mais l’album l’a bien cherché. Et c’est vraiment dommage, parce que le gâchis est conséquent.

Quand l’on souhaite faire découvrir une culture avec de la musique, on essaye de faire les choses bien, au risque de finir comme Amon Amarth. Nous sommes ici dans du black metal atmosphérique tout ce qu’il y a de plus cliché, parfaitement dans ce que j’aime à appeler le black metal potiche. Comprenez que dans ce disque, le black metal, on s’en fiche complètement. Les roulements de double pédale, les cris écorchés et les grosses guitares bien abrasives et sous-mixées que l’on entend en fond ne servent qu’à donner une teinte black metal à l’album. On est finalement moins face à un album de black metal que face à un album de (pseudo) folk qui voudrait s’acheter une caution black metal.

Au-dessus de ce vague ersatz de black se dessinent des mélodies de guitare, de violons et de piano, soutenues par la voix éthérée de Grushenka Ødegård. Et franchement, ça ne marche pas trop mal, il y a même quelques moments à peu près enchanteurs, mais globalement, tout fait trop plastique pour réussir à émouvoir. Les guitares acoustiques sont bardées d’effets studio qui anéantissent complètement le rendu forestier et sauvage manifestement recherché, le violon sonne trafiqué jusqu’à l’os lui aussi. Le comble est atteint avec les nappes d’orgue grandiloquentes sur « Against the Northern Wind ». La piste se rattrape un peu avec une très bonne mélodie de guitare acoustique, malheureusement toujours jouée sous blister, et vite interrompue par une partie pseudo-black metal sans intérêt. Le gâchis.

Un bon plantage, ennuyeux à mourir. Pas vraiment d’autres mots. Avantgarde Music a le nez beaucoup plus fiable d’habitude, rappelez-vous le dernier Sojourner, ou simplement Darkspace… Nous sommes ici dans l’exacte définition du black metal atmosphérique agaçant et vide. Certes, votre serviteur est devenu particulièrement difficile dans ce style, mais quand rien n’émane de la musique à ce point-là, il faut le dire. La musique du groupe est plate, sans vraie émotion, sans passion, clichée et simplement insignifiante. Comme la pochette en fait. On aurait pu avoir quelque chose d’intéressant, mais le résultat final fait tellement édulcoré que les quelques bonnes idées se perdent en route.

Le pire est atteint avec la conclusion acoustique, mêlant claviers, guitares sèches et violon. Un sommet de ridicule. Le piano part en roue libre totale, et se met à faire des descentes de claviers qui rendent le tout parfaitement grotesque, voire comique. Avec ce violon absolument synthétique en fond, on pourrait presque croire à la bande-son d’un dessin animé fauché ou au générique d’un vidéaste faisant des tops « culturels » sur YouTube. Pathétique. Le groupe devient aussi triste que gênant. À croire que son attachement à la culture amérindienne se limite à Pocahontas.

À force de vouloir faire planant et envoûtant, on finit par tomber dans le sirupeux et l’ennuyeux. Ça ne m’amuse pas spécialement de dézinguer des groupes comme ça (ou si peu), mais quand un album réussit à cumuler tous les clichés insupportables d’une scène, promène un peu partout sa vacuité et réussit tout de même à être signé chez un label de qualité, il y a de quoi s’énerver. Mais le vrai sujet d’énervement, c’est surtout que ce type de production médiocre saborde l’idée que l’on peut avoir d’un folklore ou d’une culture. Quand on prétend avoir un amour spécial pour un peuple, on fait en sorte de lui rendre hommage, de manifester son respect. On ne le ridiculise pas avec ce genre de musique insipide. Un peuple, des traditions, des coutumes et de croyances, surtout éteintes, ça se respecte, bon sang ! Il vaut mieux lui ficher la paix et ne pas s’y intéresser plutôt que de manifester un attachement de façade pour s’acheter une originalité.

Un beau coup d’épée dans l’eau. Dzö-Nga fait dans le médiocre décomplexé. Il semble juste n’avoir rien à dire qui vaille le coup d’être écouté.  Et quand un groupe n’a rien à dire, il vaut mieux qu’il se taise (bonjour Slayer). Enfin, ce n’est pas avec cet album que la mythologie amérindienne aura droit à son monument dans le black metal. Espérons que ce ratage n’aura pas découragé les autres musiciens vraiment inspirés par cette culture, qui a sans doute son lot de légendes et de mythes à nous apporter via le black metal.

About dantefever (124 Articles)
Salut vous

1 Trackback / Pingback

  1. Fellwarden – Oathbearer – Heiðnir Webzine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :