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Fellwarden – Oathbearer

Pays : Royaume-Uni
Genre : Black Metal Atmosphérique
Label : Eisenwald Productions
Date de sortie : 16 Juin 2017

Après avoir renvoyé Dzö-Nga lire son intégrale de Yakari, il est temps de faire justice au black metal atmosphérique. Si le genre a tendance à agacer votre serviteur depuis quelques années, il fut une lointaine époque où celui-ci représentait la quintessence de la musique à ses oreilles. En souvenir de ce temps merveilleux, voici une chronique beaucoup moins fielleuse d’un album de qualité qui vient prouver avec talent que les trémolos, les chants extrêmes et les langueurs ambiancées peuvent cohabiter harmonieusement, sans devenir agaçants, et en faisant advenir de justes émotions.

Fellwarden est un projet de The Watcher, guitariste et vocaliste chez les anglais reconnus de Fen, pointure en termes de black metal atmosphérique et planant. Fondé en 2014, le projet prend son temps pour sortir sa première production. The Watcher écrit et joue toute la musique, à l’exception de la batterie, déléguée à Havenless, aussi batteur chez Fen depuis 2016. À la pochette classique mais agréable, on comprend bien vite que l’accent sera mis sur l’évocation du passé, de la nature sauvage, du folklore… Classique vous dit-on. Mais pas ennuyeux et rébarbatif pour autant.

Dans le black atmosphérique, certains groupes ont réussis à créer une approche toute personnelle. Summoning, Darkspace, Blut Aus Nord à sa manière, Drudkh… Fellwarden ne cherche lui pas du tout l’originalité. Son black atmosphérique est tout ce qu’il y a de plus traditionnel. C’est donc la présence de talent qui fera toute la différence. Et sans être un grand amateur de Fen, on se dit tout de même que si c’est l’une des têtes pensantes du projet qui a entièrement composé l’album, il y a une bonne chance pour que la musique soit de qualité. Fellwarden utilise de longues et gracieuses mélodies de guitare, qui s’entremêlent parfois comme sur « Guardian Unbound », des nappes de claviers qui soutiennent la composition plus qu’elles ne la portent, une batterie sous-mixée qui blast souvent, et enfin une alternance de growls et de chant écorché, avec quelques ajouts de voix claires ponctuels. Nous avons droit également à quelques éclaircies folks disséminées astucieusement, parfois en ouverture de morceau, et parfois ajoutées aux parties saturées comme sur « Wayfarer Eternal ».

Le danger avec le black metal atmosphérique, c’est de devenir ennuyeux, plat, linéaire. Fellwarden évite sans problème tous ces écueils, et arrive à emporter sur les terres bénies de l’émotion et de la contemplation. Les longueurs intrinsèques au genre ne deviennent jamais lassantes, agrémentées qu’elles sont par des chœurs ou des parties folk très réussies. On arrive à lâcher prise, à se plonger dans l’éthéré sans arriver dans le mielleux. Fellwarden n’en fait pas trop, et c’est ce qui fait toute la différence. Les guitares ne sont pas un prétexte ni une caution black metal, mais alternent entre mélodies et nappes saturées sur lesquelles peuvent s’étendre les vocalises. On peut même entendre la basse, lointaine, si l’on tend l’oreille, comme sur le début de « Snowborn ».

Fellwarden réussit en travaillant l’exigence. The Watcher est conscient que le black atmosphérique peut facilement devenir agaçant, et a manifestement placé la barre bien haut. Comme quoi, il n’y a pas de secret. Quand on prend sa musique au sérieux, que l’on prend le temps de la faire arriver à maturité et que l’on s’attache à la rendre crédible, on peut faire des merveilles. Pas besoin d’aller chercher une originalité musicale ou thématique folle, il suffit de travailler. Soyons d’accord, Fellwarden n’est pas incroyablement extraordinaire, mais se place bien au-dessus de la masse des groupes du genre. On retient véritablement l’album, on y revient même quand on a envie de se plonger dans un univers musical plaisant, reposant et harmonieux. À priori, c’est ce qu’il peut arriver de mieux à une production officiant dans ce type de musique.

Fellwarden vient redorer le blason du black metal atmosphérique, qui a tendance à trop se perdre dans les mièvreries. Les guitares ne sont pas lissées comme des produits Apple et amènent de belles mélodies, l’alternance des chants apporte un vrai plus à l’album, les claviers sont à leur juste place sans jamais devenir envahissants… Un bon dosage qui donne simplement lieu à un très bon album. Si vous aimez le black atmosphérique, il y a peu de chances que vous n’aimiez pas. Il y a également peu de chances que vous n’ayez pas encore écouté l’album cela dit.

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