Actualités

Live Report – Monarque + Malcuidant + Mortis Mutilati – Lille

Il s’agissait d’une date attendue avec énormément d’impatience par la communauté black metal des environs. Et pour cause. Le jeudi 22 juin, le Québec débarque dans la capitale des Flandres, avec la venue des membres de Monarque, illustre formation de métal noir québécois. Il sont accompagnés pour l’occasion des formations françaises de Malcuidant et de Mortis Mutilati, pour une soirée que chacun espère mémorable. L’affiche a de quoi attirer les spectateurs en nombre, mais qu’en est-il du déroulement de la soirée ? L’association Ondes Noires a-t-elle encore fait mouche ?


Avec la fin de la canicule, l’air est bien plus respirable que lors de la première moitié de la semaine, étouffante au possible. Il n’est donc pas surprenant de voir les différents spectateurs profiter de l’air frais et agréable avant le début des hostilités, devant le bar du Midland. À l’intérieur, les préparations sont en très bonne voie, et les membres de Mortis Mutilati se tiennent prêt à assurer le spectacle pour ouvrir correctement la soirée. Dans la salle, les stands de merchandising ont fière allure, avec la présence d’un stand garni des sorties de Sepulchral Productions, d’où viennent les meilleurs albums de métal noir québécois.

La prestation des franciliens démarre enfin devant un public qui s’avance timidement devant la scène. Au chant et à la basse, Macabre capte l’attention et arrive à faire du début du set quelque chose de fort intrigant. Ses yeux vides guettent l’assemblée de manière inquiétante, et chaque musicien est correctement vêtu pour l’occasion. Néanmoins, le maquillage coule bien vite, la faute à la chaleur incroyable qui règne dans la salle. Quelques titres bien menés et un tacle à l’attention des russes de Welicoruss plus tard, la musique de Mortis Mutilati se montre très intéressante à écouter en live, et l’atmosphère qui s’installe dans le Midland ne laisse présager que des bonnes choses pour la suite. Le son est très bon, mais la guitare lead résonne parfois un peu trop.

Quant aux chants, il faut généralement tendre l’oreille pour percevoir quoi que ce soit, mais ce n’est rien de bien méchant, et il est tout à fait de suivre la prestation du premier groupe sans encombre. Le set défile finalement assez rapidement, et l’ultime titre des franciliens est accompagné d’un invité qui joue son rôle à fond. C’est effet Haine, batteur du groupe lillois Antilife, qui vient se saisir du deuxième micro pour accompagner Macabre au chant et pour secouer la fosse comme il se doit. Sa capacité à déverser l’animosité par tous les pores capte évidemment tous les regards, et il fait du dernier titre du groupe quelque chose de mémorable. Rien que pour cela, le fait d’assister au set de Mortis Mutilati valait le coup. C’est une très bonne ouverture à laquelle le public vient d’assister.


Le temps de se désaltérer et de se rafraîchir un petit peu, ce sont les musiciens de Malcuidant qui prennent le relais sur scène pour installer ce qui doit l’être. Plusieurs appels à rejoindre la salle sont nécessaires pour que la majeure partie des spectateurs daigne se tenir devant la scène, et la formation peut enfin débuter sa prestation. De suite, le changement d’atmosphère est bien perceptible. De quelque chose d’esthétiquement glauque avec Mortis Mutilati, le public passe à quelque chose de bien plus nerveux et belliqueux avec Malcuidant. Les musiciens dégagent un soupçon de prestance supplémentaire par rapport à leurs prédécesseurs, même si le jeu du musicien possédé tend parfois à se montrer grotesque plus qu’autre chose.


Clairement, un pallier est passé en terme d’agressivité. Aucun temps mort n’est laissé au public, et la musique de Malcuidant se montre au moins aussi irrespirable que l’air diablement chaud de la salle à ce moment de la soirée. Les titres se succèdent à la vitesse de la lumière, ne laissant qu’à deux ou trois reprises le temps à tout le monde de souffler. C’est peu, mais c’est prenant. On croit quand même lire sur le visage des musiciens une certaine frustration liée à l’incapacité à faire remuer les foules autant qu’ils l’avaient escompté. Effectivement, le public se montre tout juste réceptif, mais guère plus. La prestation à rallonge se clôt sur une nouvelle salve de riffs remplis de haine, et tout le monde semble y avoir trouvé son compte. Oui les deux groupes français ont tenu leur rang avant l’arrivée sur scène des mastodontes de la soirée.


Sans faire injure aux deux groupes français, qui ont très bien ouvert les hostilités, la grande majorité du public présente ce soir s’est déplacée grâce à la perspective de voir les québécois de Monarque se produire ici. Dans la foulée d’un concert privé donné en Bretagne avec les bretons de Goatslave, Monarque se mue en clou du spectacle lors d’une soirée déjà très satisfaisante. Et si la température était jusqu’alors très élevée dans la salle, cette dernière s’apparente réellement au coeur d’un volcan lors de la prestation des québécois, littéralement survoltés sur scène et déterminés à faire vivre au public quelque chose de mémorable. Mais surtout, une véritable communion avec le public est perceptible. Le groupe ne fait qu’un avec son auditoire.

Les musiciens font réellement corps avec leurs instruments, et notre ami Monarque est comme un poisson dans l’eau, jouant son habituelle partition de chanteur vaguement possédé par ses propres chants, se martelant le torse à coups de poing. Dans la salle, c’est un véritable sauna. Il devient vain d’essayer de se rafraîchir ou d’éponger les gouttes de transpiration qui perlent. La température atteint désormais des sommets, et chaque spectateur en a pris conscience et s’en accommode parfaitement, pourvu que la prestation des québécois continue de la sorte. Le prestation défile en un éclair, et sa clôture intervient alors que l’on a l’impression d’avoir seulement eu droit à deux pistes. Les musiciens quittent la scène et viennent saluer le public en entonnant des slogans indépendantistes québécois. Jusqu’au bout, la soirée aura été magique.


Ces derniers mois, les dates black metal organisés par Ondes Noires Lille ont eu du mal à faire du plein, en tout cas vu la qualité des affiches proposées. Cette fois-ci, même si le Midland n’était pas plein, le public était conséquent, et le remplissage était beau à voir, tant l’ambiance de la soirée fut mémorable. Les trois groupes en présence ont donné le meilleur d’eux-mêmes, et rien ne pouvait entacher leurs prestations respectives, pas même la chaleur caniculaire de la salle. C’est une nouvelle réussite haut la main pour l’association Ondes Noires, qui clôt l’année sur une note parfaite. Probablement l’une des meilleures dates de la région depuis de longs mois.

About Maxime (255 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

1 Trackback / Pingback

  1. Live Report – Sabaudia Nocte – Barberaz – Heiðnir Webzine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :