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Deathspell Omega – Paracletus

Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Norma Evangelium Diaboli
Date de sortie : 8 Novembre 2010

Et nous voici en compagnie d’un album qui n’est pas atypique du tout, c’est le moins que l’on puisse dire, surtout s’il sort directement des esprits pour le moins étranges des membres de Deathspell Omega. Paracletus est donc le nom donné à cette oeuvre qui, par son visuel et sa musique, va vous faire ressentir beaucoup de choses inhabituelles encore une fois. Ainsi, attaquons nous ici au cinquième album du groupe français, production longue durée j’entends, qui avec cette offrande va nous faire cogiter sur la notion de black metal, repoussant un peu plus les limites du genre. En effet, on observe une entrée en matière comme il se doit avec « Epiklesis », dans l’étrangeté, la bizarrerie, la dissonance, qui donne le ton pour l’ensemble de l’album.


Mais ce n’est que le début car survient « Wings Of Predation » qui accélère la marche et vient ancrer quelque chose de fondamental dans la musique du groupe, le mélange entre consonance et dissonance, noirceur et éclaircie. Ce titre illustre parfaitement bien cette dualité permanente, une musique comme teintée de bien et de mal, de pardon et de rancœur. Mais ne nous laissons point leurrer, Deathspell Omega n’est pas là pour dispenser ses paroles sur l’amour ou la bienveillance. Ces éclaircies sont intelligemment bien pensées, elles donnent du relief à l’ensemble et laissent entrevoir la folie créatrice sans limites de ses géniteurs.

Ainsi entre blasts tourbillonnants, passages mid tempo, passages plus en rondeur notamment avec une basse magnifique, tant sur la composition que sur le son, le groupe enchaînent les titres « Abscission », « Dearth », « Phosphene », et « Epiklesis » (oui c’est bien le même titre que l’introduction). On observe également des phrasés en français qui apportent une touche encore plus personnelle. Mais arrêtons nous un instant pour évoquer le son, ce travail de fourmi que je salue et qui mérite une ovation toute particulière, car faire sonner un accordage, des écarts, des plans si particuliers est une vraie prouesse en soi, le but n’étant pas juste que le tout sonne moderne, lissé au possible. Non, il est ici question d’un son organique, chaud, mais tout autant précis, une batterie et une basse qui de concert sont bien une plus value non négligeable. Vous l’aurez compris, la musique de Deathspell Omega ô combien technique, pointue, acérée, profite ici, selon moi, du son parfait qui la magnifie.

Les titres suivant s’enchaînent parfaitement bien tel un chaos de formes et de couleurs maîtrisé comme sur « Malconfort », qui appuie là où ça fait mal avec ce ralentissement à en dégoûter plus d’un, mais on aime ça, car c’est bien pensé. C’est finalement enivrant de trouver une beauté fatale dans tout ce fracas de laideur. C’est ce qui me fascine le plus chez cette formation, exceller tout autant dans la lourdeur luminescente d’un « Dearth » à ses débuts ainsi que dans la tornade discordante d’un « Devouring Famine ». Ce sont à chaque fois des mondes qui s’affrontent tout autant qu’ils se complètent.

Continuons sur le titre suivant, « Have You Beheld The Fevers ? » qui alterne plus fréquemment entre blast tumultueux et mid tempo. Le malaise se fait sentir sur la fin de la chanson quand le tempo ralentit sensiblement pour laisser émerger le serpent de mer insaisissable qu’est cette dissonance omniprésente, mais qui cette fois-ci fait monter la fièvre, le morceau est court mais terriblement efficace. Vient ensuite « Devouring Famine », qui ne laisse aucune chance à ceux qui auraient tenté de lutter. Rentrer en conflit avec cette fibre artistique musicale ne sert à rien, le combat est vain, plus c’est laid et plus c’est beau. Prenons un instant avant le dernier titre pour savourer le visuel, une pochette qui, bien que minimaliste pour certains, représente à merveille le contenu musical. Des formes insaisissables, explosives, mordantes, une caricature de l’homme probablement. Il n’y a pas de réponse toute faite, mais on ressent indéniablement une force malveillante qui rôde.

Ainsi venons-en à « Apokatastasis Pantôn », qui vient clôturer ce magnifique album, c’est pour moi la récompense pour l’implication de tout auditeur dans cette aventure. Car oui un album de Deathspell Omega est une vraie aventure en soi. Une symbiose transcendantale sans pareil entre la basse et la batterie, des arpèges magnifiques, deux mélodies en fond qui se chevauchent et rendent cette écoute tout simplement magique, une cymbale ride qui martèle, des roulement de toms qui assomment, et ensuite le thème qui hypnotise, Deathspell Omega finit de nous achever avec ce final, c’est un sans faute. Il n’y a pas de chant sur ce morceau et je le comprends tout à fait, tout est tellement fusionnel qu’il n’y a besoin d’aucun autre élément.

Que dire de plus, Deathspell Omega nous livre ici un album fabuleux, sensible, personnel, je sais parfaitement que je ne trouverai pas ça ailleurs. Cette formation française à atteint un sommet en terme de qualité, et c’est d’autant plus étonnant qu’elle ne pratique pas une musique conventionnelle. Une référence indiscutable en la matière.

 

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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