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Anubis – Cradle of Civilization

Pays : France
Genre : Dungeon Synth / Folk Ambient
Label : Obscure Dungeon Records
Date de sortie : Juillet 2017

Le dungeon synth, on sait tous plus ou moins de quoi ça parle la majeure partie du temps. Oubliettes putrides, château abandonné au sommet d’une colline, grotte peuplée de créatures plus dangereuses les unes que les autres… De manière générale, la grande majorité des projets de dungeon synth s’attache à relater les événements de quelque univers fictif de medieval fantasy, dans la plus pure tradition d’un genre qui s’inspire directement du jeu de rôle ou des vastes univers imaginés çà et là en profondeur. Heureusement, certains projets sont là pour élargir quelque peu le champ d’action du genre, et Anubis en fait partie.


En théorie, un simple coup d’œil jeté au nom du projet, oeuvre des artistes français qui se situent derrière Elixir et Balrog, suffit à donner des indications assez précises sur ses thématiques. Mais admettons que votre culture en matière d’Égypte ancienne se limite au nombre de côtés que comporte une pyramide. Anubis est bien évidemment le dieu funéraire de la richissime mythologie égyptienne, et c’est ainsi que toute l’oeuvre de nos deux artistes français tourne autour de l’univers fascinant de l’Égypte ancienne. Vous l’aurez compris sans mal, du dungeon synth qui parle de pharaons, de dieux à têtes d’animaux et de l’Histoire de l’une des plus puissantes civilisations de l’Antiquité, c’est assez inédit. Mais c’est surtout extrêmement bon.

Et ce n’est finalement pas surprenant lorsque l’on sait la qualité des deux musiciens en présence. Lorsque le talent est au rendez-vous, le contenu d’un album ne peut qu’être satisfaisante, et il est même ici bien plus que ça. À l’aide de neuf pistes très variées, les deux artistes nous baladent de village en village, sous la chaleur saisissante de l’Égypte, au gré de leurs réflexions et envies concernant le rutilant patrimoine culturelle d’une région de l’Afrique qui a connu une puissance absolument incroyable des siècles durant. Ce qui frappe au sein de cet album, ce sont les influences orientales qui ont inspiré nos artistes. La chose n’est évidemment pas surprenante dans la mesure où l’on parle de l’Égypte, mais ces influences sont rudement bien utilisées pour donner à Cradle of Civilization des arguments à la hauteur de ses ambitions.

Il est peut-être un peu décevant de constater que le titre « God of the Nile », qui fut la seule piste dévoilée en marge de la sortie de l’album, soit la plus réussie. Cela en effet un peu moins de corps au reste de l’album, même si « Coffin of Thuya » a également de sérieux arguments. Mais cette sortie n’en reste pas moins excellente, et oscille entre folk ambient oriental et plages atmosphériques propices à la contemplation mentale des splendides constructions égyptiennes. Là où Cradle of Civilization diffère des albums conventionnels de dungeon synth, c’est avant tout grâce à ses thématiques. En effet, la tradition veut que le dungeon synth porte principalement sur des univers fictifs et inventés de toute part. Ici, Anubis concentre certes sa musique sur la mythologie, mais aussi sur le passé véritable de la civilisation égyptienne. C’est ainsi que vous aurez droit à une piste à propos de Cléopâtre, chose assez inimaginable dans le dungeon synth conventionnel.

Sur le plan technique, l’aisance des artistes est audible. Aucun accroc, aucun baisse de régime. L’auditeur est tenu en haleine du début de « Eyes of the Storm » à la fin de « Obelisk of Khamoon ». Il est d’ailleurs assez frustrant de ne pas avoir droit à une ou deux pistes supplémentaires pour prolonger l’intrigante expérience proposée par Anubis. Les flûtes transportent avec la manière, alors que les tambours vont varier la rythmique de l’album avec beaucoup d’efficacité. De bout en bout, cet album est une véritable perle. L’écoute se révèle aisée au possible et rend hommage aux innombrables mythes dont est riche l’une des mythologies les plus fascinantes de l’Antiquité. Un véritable voyage dans le temps.

Grâce à une maîtrise des percussions très intéressante et tout un panel de sonorités orientales prenantes comme il se doit, Anubis n’a aucun mal à vous attraper par le col pour vous offrir un périple des plus dépaysants. Cradle of Civilization agit comme une bouffée d’air frais au sein d’un genre qui a souvent peine à se réinventer, et le mérite de nos deux musiciens n’en est que plus important. Dans la mesure où il s’agit là d’un projet collaboratif, peut-être n’auront nous pas droit à d’autres sorties aussi solides à l’avenir. Mais si cela devait arriver, nul doute qu’Anubis n’aurait absolument aucun mal à séduire son monde.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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