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Ereb Altor – Ulfven

Pays : Suède
Genre : Black Metal / Viking metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 6 Juillet 2017

« Viking metal », c’est tout de même assez passable comme terme. Puéril, un peu niais, et surtout, ça ne veut pas dire grand-chose, étant donné que des centaines de groupes s’en revendiquent, allant d’Ensiferum à Enslaved en passant par Windir et Equilibrium… Un coup black, un coup heavy, un coup death, de nombreux coups très mauvais… Si les groupes sérieux auxquels on peut consentir à adjoindre légitimement ce qualificatif de metal viking se trouvent majoritairement dans le black metal, ce n’est pas le cas de tous.

On admet que le viking metal a été fondé par Bathory, avec sa trilogie d’albums fondateurs du genre Blood Fire Death, Hammerheart et Twilight of the Gods. Factuellement, c’est donc du heavy metal un peu plus véhément que la moyenne, le plus souvent mid tempo, appuyé par le chant de moins en moins écorché de Quorthon, assaisonné avec des parties folk à la guitare sèches et des cœurs épiques. La mythologie du Grand Nord s’y respire dans les paroles et les mélodies, les ambiances majestueuses et l’évocation des paysages glacés. Et étrangement, bien que Bathory ait touché énormément de personnes à travers le monde, il n’a été finalement que peu de groupes assez talentueux pour reprendre le flambeau de manière convaincante. Quelque part on les comprend, c’est beaucoup plus facile d’agiter une hache en polystyrène et boire de la Kronenbourg dans une corne en sortant des disques insipides et forcés recouverts par des artworks too much. Faire de la musique qui touche, c’est un peu plus compliqué.

Ereb Altor fait dans le pur Bathory Worship, et ne s’en cache pas une seconde. Assumé et pleinement revendiqué, le groupe a même sorti un album de reprise exclusivement dévoué à Bathory. Nattramn, le dernier disque original du groupe, avait déjà prouvé qu’Ereb Altor savait faire de la vraie bonne musique inspirée par le Nord. En gros, du Bathory période Nordland et Hammerheart, avec quelques ajouts black plus prononcés. Ulfven ne dévie pas de cette ligne artistique. Nous retrouvons les mélodies à base d’accord épiques, le chant exalté, mais aussi quelques blasts et des incursions de chant growlé ou hurlé. Ereb Altor fait une musique légèrement plus sombre que Bathory, plus ténébreuse, mais connaît tout de même ses moments de grâce, comme sur la très bonne ouvreuse ou sur l’éponyme.

Pour faire un léger tour du côté des reproches, on pourrait déplorer une production un poil trop sage, que l’on aurait peut-être aimée plus massive, moins léchée aussi. La batterie en particulier fait trop propre, voir dénaturée par moments. Second petit reproche, le chant pourrait parfois se lâcher un petit peu plus, et oser des mélodies vocales, comme celles présentes sur le premier Nordland par exemple. Les lignes de chant proposées sont déjà excellentes pour la plupart, et l’on sent une vraie capacité à émouvoir. On est souvent touché d’ailleurs, mais l’on sent que l’on pourrait l’être encore plus. Rien de tout ça ne vous empêchera d’apprécier le disque, mais le Diable est dans les détails comme on dit. Sans gâcher la musique du groupe, ce souci de production en particulier peut atténuer quelque peu l’expérience, mais jamais de manière gravissime.

Honnêtement, il n’y a pas grand-chose à dire sur ce disque. L’héritage de Quorthon est bien présent, les mélodies de guitare folk rendent nostalgiques de Bathory, les riffs épiques font voguer le drakkar dans la poitrine, le chant offre régulièrement un vrai entrain. Un refrain chaotique très typé première période du groupe de Quorthon vient même faire son apparition dans la très black « Gleipnir ». On est peut-être parfois en manque d’hymnes un peu plus mémorables, et une ou deux mélodies supplémentaires dans la tête à la fin de l’écoute auraient été bienvenues. Non content de rendre un bel hommage sincère à Bathory, Ereb Altor met dans sa mixture une bonne dose de personnalité qui rend le disque d’autant plus intéressant. Ulfven se conclut sur la très belle Bloodline, qui condense tout ce qu’a fait Bathory de plus épique en un final bluffant de puissance et de sincérité. L’histoire d’un fils qui, voyant son père proche du dernier voyage, reprend le flambeau de son héritage, et promet de le rendre fier… Le Grand Patron n’est décidément pas loin, en particulier quand l’on réalise que des références explicites aux titres de Bathory sont présentes dans les paroles.

Plus doom et plus black que le Bathory de l’époque viking, Ereb Altor fait son chemin dans les traces de Quorthon, en emmenant avec lui des bagages venus d’ailleurs. Et la formule fonctionne bien. Les compositions sont soignées, On ne s’ennuie jamais, et l’on aura du mal à rester insensible à cette musique si l’on aime Bathory. Ereb Altor ne fait pas du « sous-Bathory », mais en tire plutôt la substance pour la faire vivre à nouveau. Un bel hommage, un bon disque, un groupe hautement recommandable.

 

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