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Darkenhöld – Memoria Sylvarum

Pays : France
Genre : Black Metal Médiéval
Label : Indépendant
Date de sortie : 17 Mai 2017

Darkenhöld se fait petit à petit sa place dans notre excellente scène française depuis une dizaine d’années. Le black metal dédié à l’évocation du Moyen Âge du groupe a déjà donné lieu à trois albums de qualité, dont aucun ne présentait de réelles faiblesses. Darkenhöld fait les choses bien, et ce à tout point de vue, à tel point qu’il est réellement ardu de trouver quoi que ce soit à reprocher à son quatrième album, Memoria Sylvarum.

Bon, déjà, il faut dire un mot sur l’artwork. Fait de belles teintes harmonieuses, les traits et les formes sont quelque peu estompés pour laisser l’imaginaire faire son travail. Une porte d’entrée parfaite pour la musique du groupe, qui appelle au rêve et au retour dans un passé certainement plus propice à l’expression de l’âme que notre triste époque. Et l’évasion, le retour à ce qui est vieux, Darkenhöld le maîtrise parfaitement. Un artwork comme celui-ci, on en ferait bien une tapisserie pour donner une noblesse à un mur de sa maison. Ensuite, Darkenhöld a bien choisi sa production. Les guitares sont bien chaudes, possèdent un bon gros grain qui fait plaisir à l’oreille, la batterie sonne comme un charme. On regrette juste une basse pas très audible, mais simplement perceptible sur certains passages.

Maintenant que Darkenhöld a mis tous les atouts de son côté pour mettre en valeur sa musique, il faut voir un peu ce que vaut celle-ci. Et franchement, il y a de quoi tomber à la renverse. Quelle richesse mélodique, quel travail sur les ambiances et l’énergie ! « La Chevauchée des Esprits de Jadis » vous emmène dans une cavalcade entraînante, avec ses riffs enthousiasmants et son chant hargneux et énergique. Chanson irrésistible, qui dévoile brillamment la personnalité du groupe. Des mélodies solides, des incursions de guitare acoustique, de vaillants chœurs en arrière-plan, le solo parfaitement bien placé qui vient ajouter encore de la richesse à la chanson… Une merveille vous dis-je ! Le genre de piste qui ferait presque craindre la suite en fait. On en vient à se dire, « allez, le groupe n’a quand même pas été capable de composer un album entier aussi bon que cette première chanson, ils l’ont mise au début pour que le reste passe mieux même si c’est moins bon… ». Mais pas du tout ! L’album entier est aussi excellent que cette première piste.

« Ruines Scellées En La Vieille Forêt » vient prendre la suite, plus austère et solennelle. Les riffs feraient presque penser à du Belenos, l’ambiance se fait plus sombre… Le clavier intervient, il reviendra ponctuellement au cours de l’album. Si vous me lisez depuis quelques temps, vous avez peut-être senti une certaine réticence concernant les claviers dans le black metal. Cela est dû au fait que je les trouve rarement bien utilisés. Mais alors ici, chapeau bas. Parcimonie, intelligence, pertinence. Les interventions de clavier sont parfaitement dosées, et apportent un vrai supplément épique ou atmosphérique aux pistes.

« À l’Orée de l’Escalier Sylvestre » vient redonner un coup d’enthousiasme, plus gaillarde et vaillante. L’heure n’est pas tout à fait à la cavalcade comme pour la première piste, mais l’on est de nouveau face à quelque chose de plus positif et glorieux. C’est l’une des grande force de Darkenhöld, composer des chansons vraiment prenantes, pleines de subtilités, trempées dans une solide personnalité. Le groupe a un univers bien à lui, passionnant à découvrir, et se détache quelque peu des standards black metal. Sa musique est globalement moins sombre que ses comparses, allant plus vers la nostalgie pure que vers le désespoir et les ténèbres. Et cela lui va bien ! Darkenhöld ressuscite une époque médiévale emplie de mystères et de magie, aussi splendide que dangereuse, mais incroyablement attirante, profonde et évocatrice. Ce n’est pas le Moyen Âge crasseux et dépravé de Peste Noire, mais plutôt celui évoqué dans la matière de Bretagne, à mi-chemin entre chevalerie et paganisme.

Le charmant interlude au clavier « La Grotte De La Chèvre d’Or » vient marquer l’entrée dans la seconde partie de l’album. « Sous la Voûte De Chênes » s’ouvre sur un riff plein de noblesse, annonce son riff épique par des accords de guitare folk et fait débarquer un riffing mélodique presque heavy/power avant de repartir sur une partie black metal en trémolo qui aurait bien un petit goût de Taake. Rugissements, guitares agressives, puis break acoustique de nouveau. Parlons-en tiens, de ces parties acoustiques. Si elles sont légions dans le black metal et rarement désagréables, Darkenhöld parvient à les rendre particulièrement prenantes et évocatrices. Les guitares reprennent, accompagnées par ce qui semble être un tambour en arrière-plan. C’est à ce genre de petits détails que l’on sent le travail et la volonté de livrer un album accompli et fort.

Sans détailler plus que ça les pistes restantes, qui sont tout aussi excellentes de toute manière, on ne peut que saluer Darkenhöld pour le travail accompli. Proprement impressionant. Le groupe a réussi à composer un album de black metal classique en tout point, avec une vraie profondeur et des traits de caractère bien présents. Memoria Sylvarum est puissant, évocateur, enthousiasmant. Un vrai voyage dans les vielles époques d’autrefois. Honnêtement, je ne trouve rien à reprocher à cet album, et Dieu sait que je peux être taquin quand je m’y mets. Mais là, on remonte la visière de son heaume, on arrête son cheval, on se redresse et on salut respectueusement le grand seigneur que l’on a devant soi.

Darkenhöld respire la noblesse, la sincérité, le talent et la volonté de bien faire. Et tout ça ensemble, ça donne l’un des meilleurs albums de l’année. En passant à travers Memoria Sylvarum, vous serez ému, apeuré, galvanisé, et batailleur. Jamais vous ne serez ennuyé, jamais vous ne trouverez le temps long. À la table de Darkenhöld, nul n’est mal reçu, et l’hôte de ces lieux a de merveilleuses histoires à vous conter, si seulement vous preniez le temps de les écouter. Tendez l’oreille, le passé clame et chante ! Un splendide volume, qui étaye encore magnifiquement l’étagère d’un groupe en tous points respectable et remarquable.

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