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Live Report – Sabaudia Nocte – Barberaz

C’est aujourd’hui sa dernière date en France, organisée par Les Hordes du Renouveau et Ytormis Production. Monarque fait une étape au Brin de Zinc, en périphérie de Chambéry. Devant des portes prêtes à ouvrir pour le concert de ce soir et sous un ciel menaçant, plusieurs dizaines de personnes investissent les lieux, dont les musiciens des trois groupes. Malepeste se prépare à ouvrir la cérémonie, et les groupes se mêlent à la foule, instaurant ainsi un climat détendu où l’on peut entendre ce bel accent québécois se détacher des autres conversations.

Au programme, les lyonnais de Malepeste, Malmort, qui joue chez lui, les bretons de Ende, et les musiciens de Monarque, fiers représentants du Québec. Après les avoir vus en vitesse au Ragnard Rock Fest 2016, c’est dans une ambiance bien plus appropriée que les artistes de Malepeste arrivent sur scène, tous encapuchonnés, sonnant la cloche rituelle, avant d’entamer un chant tribal au son d’un tambour chamanique en guise d’introduction. Leur univers occulte transparaît parfaitement, autant au niveau sonore que visuel, grâce à lumière des chandeliers, troublée par la fumée de l’encens et luisant sur des ossements qui ornent l’espace scénique.

Malepeste bénéficie d’un bon son sur la globalité de son set, ce qui sera le cas de tous les groupes, bien que par moments les guitares peinent à se faire entendre derrière les coups assénés à la batterie. Larsen et son chant tantôt incantatoire, tantôt plaintif, nous apparaît envoûté par les morceaux qui s’enchaînent rapidement. Bien vite, il est temps de clore cette première prestation. Malepeste laisse planer une atmosphère lugubre, nous laissant dans les meilleures conditions pour la suite du programme. Le temps d’une bière au bar et d’un tour à l’extérieur, et c’est au tour de Malmort de prendre le relais devant un public qui commence à grossir les rangs.

Proposant un black metal plus traditionnel et plus rentre-dedans, rappelant notamment les meilleurs albums de Marduk, les chambériens apportent un regain d’énergie et de rage, là où leurs prédécesseurs avaient instauré une ambiance plus mystique. Veste en cuir et corpse-paint coulants, les cinq musiciens enchaînent les morceaux sans faux pas et font monter la température, réussissant à garder l’attention du public, qui répond généreusement à leurs appels à lever le poing. Malmort termine son show de quarante-cinq minutes, et c’est tout juste assez pour ne pas se lasser, car bien qu’efficace en live je trouve leur compositions somme toute assez classiques. Mais le groupe n’en reste pas moins captivant, à voir sur scène pour les amateur de raw black sans fioritures.

La salle étant assez confinée, nous pouvions avoir peur de ne pas tenir très longtemps à cause de la chaleur et de l’affluence toujours grandissante, mais le public doit sa survie au ventilateur géant qui trônait au-dessus de la fosse et qui a apporté un souffle salvateur à plus d’une personne ce soir. Mais revenons-en à la musique, et c’est au tour d’Ende de prendre place. Avec un album sortie cette année, Emen Etän, bien accueilli dans l’ensemble, le groupe qui compte en plus trois musiciens live depuis 2015 et 2016, semble déjà parfaitement à l’aise. Il délivre un show carré, et propose une musique plus aérée que celle de Malmort. Toutefois, après plusieurs minutes on décroche rapidement. Les morceaux restent agréables mais l’ambiance ensorcelante dégagée sur album n’est malheureusement pas au rendez-vous. Pourtant chaque musicien est investi, surtout le frontman, I. Luciferia, mais la magie ne prend pas. Ce sera ma déception du soir, même si l’audience semble avoir passé un bon moment. Intéressant sur album donc, mais dispensable en live.

À l ‘approche de l’heure tant attendue, la salle se remplit rapidement, et quelques incivilités dans la foule se font remarquer, certains n’ayant aucun scrupule à se faufiler entre un spectateur et les trente centimètres qui le sépare de la personne de devant… Ou encore d’autres qui bousculent et poussent pour gagner quelques mètres vers la scène. Finalement le metal n’est plus cette si grande famille quand les instincts égoïstes ressortent, quitte à se montre en plus désagréable envers les gens qui font remarquer que cette attitude n’est pas la bienvenue, mais passons là-dessus.

La prestation était initialement prévue à vingt-trois heures quinze, mais le bassiste de Monarque rencontre des difficulté avec son instrument et son système de son, ce qui repousse le début du spectacle d’environ quinze minutes. Le temps aux techniciens de venir régler ce contretemps, puis place à Monarque. Après leur très bon show au Ragnard Rock 2016, les cinq musiciens sont revenus du Québec nous honorer de leur présence pour quelques dates en France, en Suisse et en Allemagne, sur la tournée Jusqu’à la mort ! (le live report de la date lilloise est d’ailleurs disponible en suivant ce lien).

Le temps de deux morceaux et voilà que la foule doit répondre à « L’Appel de la Nuit ». Monarque, de son regard perçant et de ses cris stridents, capte aisément l’audience, malgré un son parfois un peu brouillon sur les premiers morceaux, notamment sur certains riffs de guitares, mais cela sera corrigé rapidement par la suite. Tout le monde est réceptif, même un peu trop, car la fosse s’agite, ce qui est assez inadéquate avec la musique des québécois, mais cela ne dure pas et ne gâche pas le spectacle. Monarque nous offre une reprise réussite de Burzum, « Key to the Gate », ou « La Clé du Portail », comme il se plaît à l’annoncer.

Une heure devant un bon concert semble se muer en quelques minutes, ainsi sonne l’heure du dernier acte, et pas des moindre car le groupe termine avec l’excellent titre « La Vallée des Larmes », absent de la setlist lors du Ragnard Rock Fest. Même si cela aurait pu durer un peu plus longtemps, quitte à ne faire jouer que trois groupes, Monarque s’est montré à la hauteur et c’est avec grand plaisir que je reprendrai un dose de son metal noir lors de son prochain passage sur nos terres. Un arrêt au stand de Sepulchral Productions sur le chemin de la sortie, et ainsi s’achève cette nuit en compagnie de quatre formations francophones de qualité.

Conclusion de cette soirée, une bien belle date au Brin de Zinc, qui était au passage vraiment adapté à ce genre de musique. Cela change des grandes scènes en festival et offre une expérience vraiment à part. Évoquons aussi le son maîtrisé ainsi qu’un jeu de lumière adéquat, ce qui n’est pas toujours le cas dans les salles locales. Peut-être un peu indigeste cependant, avec quatre groupes à la suite, je n’aurais gardé que Malepeste, Malmort et évidemment Monarque, leur permettant un plus long set.

Merci à Gwenaël pour la rédaction de cet article.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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