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Tchornobog – Tchornobog

Pays : États-Unis
Genre : Metal Extrême
Label : I, Voidhanger Records
Date de sortie : 21 Juillet 2017

L’été est ce que l’on pourrait appeler une période creuse en termes de sortie de qualité, et la période estivale 2017 ne déroge pas vraiment à la règle. Ceci étant, les italiens de I, Voidhanger Records ont jugé bon de choisir la fin du mois de juillet pour sortir le tout premier album du projet de Markov Soroka, Tchornobog. L’album éponyme nous apparaît de manière titanesque, avec un artwork fort bien réalisé par Adam Burke. Le moins que l’on puisse dire, c’est effectivement que cet album tape, mais il serait néanmoins réducteur de l’estimer à l’aide de sa seule armada offensive.


Dans la mythologie slave, Tchernobog (Czernobog ou encore Zernebog selon la langue) est une divinité majeure qui représente la nuit et s’oppose ainsi à Belobog, dieu du soleil. Par la suite, avec la christianisation de l’Europe de l’est, Tchernobog s’est vu devenir le dieu du mal et de la malchance aux yeux de tous. Voilà qui introduit de manière on ne peut plus succincte la musique du projet de Markov Soroka, qui rappelons-le est d’origine ukrainienne. L’artiste qui est également derrière Aureole et Slow nous présente donc en ce moment son troisième projet solo avec Tchornobog, et force est de constater que le jeune artiste a de la ressource. Voire même bien plus que ça.

Tchornobog est un album incroyablement imposant, autant le préciser d’emblée, car il s’agit là d’un aspect non négligeable. Quatre titres pour plus d’une heure de musique, autant dire que vous aurez à vous demander plusieurs fois si le titre en cours est celui qui était déjà joué dix minutes auparavant, et la réponse à cette interrogation sera la plupart du temps positive. Sur le plan stylistique, Tchornobog emprunte à de nombreux styles tels que le black, le death ou encore le doom, et y ajoute également des touches psychédéliques et atmosphériques du plus bel effet. Le mélange donne évidemment naissance à quelque chose de plutôt imposant, et j’ose espérer que vous décelez ici l’euphémisme utilisé.

Mais Tchornobog est surtout un merveilleux condensé de puissance et de dégoût. Sa musique se montre dominatrice et écrasante, vous n’êtes absolument rien face à tel album, face à un tel déchaînement de colère divine, si ce n’est le pâle et frêle sujet de sa volonté. Tchornobog va littéralement vous aplatir si vous osez lui faire affront, et il n’en ressentira évidemment aucun remord. Sur le plan thématique, le spirituel est bien plus présent qu’on ne pourrait le croire. Ainsi, Markov Soroka entend notamment aborder les thèmes du soi. L’album prend à ce titre une dimension très personnelle, l’artiste ayant clairement avancé que le Tchernobog pouvait être vu comme une entité à part entière pouvant se situer en chacun.

Une fois ces précisions symboliques faites, il est temps de se pencher plus en détail sur la musique dévastatrice dont il est question. Malgré un acharnement continu, Tchornobog est riche d’une dimension atmosphérique impressionnante. Entendez par là que le climat nocif et délétère qui est mis en place avec beaucoup de succès aura raison de votre sensibilité sans grande difficulté. La batterie, qui est d’ailleurs l’oeuvre de Magnús Skúlason (Svartiðauði), ne laisse que peu de répit. Seule la piste « Non-Existence’s Warmth » vient faire tomber le rythme, vous vous surprendrez d’ailleurs à reprendre votre souffre à son commencement.

C’est sur ce titre que l’aspect presque avant-gardiste de Tchornobog prend de l’ampleur. Une fois passée l’introduction ambient et presque ritualiste, nous avons la surprise non moins plaisante d’entendre sonner saxophone et trompette. La chose étonne, mais jamais elle ne suscite la perplexité, comme si l’ensemble était trop bien construit pour se voir fragiliser par ce simple choix. D’autant que ces sonorités se marient à merveille avec l’ambiance un peu plus relâchée et méditative de ce titre. « Non-Existence’s Warmth » est donc pour de nombreuses raisons la piste la plus complète et la plus réussie de cet album. Elle parvient à casser le rythme et à faire voir les choses encore plus loin, ce qui aurait été bien compliqué si Markov Soroka avait daigné imprimé la même cadence sur tout Tchornobog. L’importance de ce genre de titre est trop souvent négligée.

Les hostilités reprennent ensuite de plus belle avec « Here, at the Disposition of Time », comme sur les deux premiers titres de Tchornobog. Il vous sera sans doute difficile d’effectuer l’écoute de cet album en une fois, déjà parce que sa durée n’est pas moindre, mais aussi parce que son potentiel accablant ne doit pas être pris à la légère. Mais si vous y parvenez, vous aurez alors la possibilité de vous familiariser avec un album qui a de fantastiques choses à vous offrir. Tchornobog est comme un immense monolithe érigé telle une idole, il impressionne et inspire une certaine peur. Mais comme chaque idole, il fascine et pousse à la remise en question. De manière on ne peut plus magistrale, évidemment.

Pour le tout premier album de Tchornobog, Markov Soroka a vu les choses en grand, et cette initiative lui donne plus que raison. En cette pauvre période estivale, vous pourriez bien trouver en Tchornobog le réconfort dont vous avez besoin pour mieux supporter les fortes chaleurs. Il s’agit également d’une nouvelle sortie très intéressante pour le label italien I, Voidhanger Records. L’album se mue en véritable furie impitoyable, mais pas seulement. Tout ce que le metal extrême sait faire de mieux se retrouve en Tchornobog.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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