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Maglor – Asunder

Pays : Canada
Genre : Folk Metal Atmosphérique
Label : Indépendant
Date de sortie : 17 Juillet 2017

Il aura donc fallu attendre plus de cinq ans pour voir le trio canadien Maglor gratifier son public d’un deuxième album, après le très bon Call of the Forest. Dans son style bien à lui, Maglor nous émerveille à nouveau au son de ses épopées glorieuses et légendes oubliées, comme pour nous signifier que son retour sous les projecteurs devrait bousculer la scène folk mondiale. Difficile en effet de lui donner tort, tant Asunder semble avoir les arguments pour s’imposer parmi les excellentes surprises de l’année. Démonstration.


Comme à son habitude – peut-être pouvons-nous désormais parler d’habitude -, le trio a apparemment passé beaucoup de temps derrière la table de mixage ou les instruments à la main afin de composer Asunder dans les meilleurs conditions possibles. Selon les dires du groupe, plusieurs années ont été nécessaires pour mener cette deuxième sortie à bien, et nous croyons volontiers ces dires sur parole, tant l’album se montre satisfaisant à bien des niveaux. Nous sommes ici face à une espèce de style hybride empruntant principalement au folk et au pagan metal, avec toutefois la présence bien assumée de longues et grandiloquentes plages atmosphériques.

Même si Maglor conserve un bel aspect malsain grâce aux chants bien éraillés de Beren Tol Galen et Draendil, qui confèrent à Asunder une noirceur que l’on a du mal à discerner au milieu des instrumentations folk et des sonorités au clavier, il n’est pas utile de se tourner vers Asunder si votre souhait premier est de vous familiariser avec quelque chose de remuant. En effet, la principale force du deuxième album des canadiens réside dans sa capacité à dépayser et à faire de son écoute quelque chose d’imagé au possible, comme une espèce de cheminement pictural au travers de l’univers musical du trio. Il y a un temps pour tout, veillez à ce titre à écouter Asunder au moment opportun, et non lorsque vous avez besoin d’être galvanisé.

Nous pourrions malgré tout reprocher à cet album son penchant un peu trop prononcer pour les plages ambiantes. Même si ces dernières agissent parfois comme des ruptures bienvenues, elles ont la fâcheuse tendance à casser quelque peu le rythme sur les titres censés inspirer à l’épique, tel que sur le titre éponyme. L’atmosphérique, c’est bien, mais ça doit rester accessoire pour ne pas lasser ou ennuyer, et Maglor a parfois un peu de mal à ne pas dépasser la limite. Ceci étant, il est clair que les passages plus nerveux sont absolument de toute beauté. Les chants durs sont sublimés par un cadre idyllique et par un fond sonore qui se marie à merveille avec l’obscurité des vociférations qui sont de mise.

En revanche, pour une musique aussi imagée que celle de Maglor, nous étions tout à fait en droit d’exiger un artwork autrement plus détaillé et évocateur que celui utilisé par le groupe. Il clairement décevant de ne pas avoir quelque chose de plus profond au sein duquel lequel se perdre en écoutant Asunder. Le logo du groupe n’apparaît même pas, et il est remplacé un motif vaguement païen sur fond de tronc d’arbre. La musique demeure évidemment la chose la plus importante au moment d’aborder un album, mais il toujours plaisant de pouvoir poursuivre l’expérience apportée par cette dernière à l’aide d’une pochette qui étoffe davantage le travail réalisé. Il s’agit clairement du point noir de l’album. Rien de bien méchant, vous en conviendrez, mais la chose est regrettable malgré tout.

Cependant, pour ce qui est du rendu général de l’album, il est difficile de ne pas adhérer. L’album passe réellement en un éclair, et ce malgré une durée respectable et des titres plutôt longs. Mais surtout, Asunder est truffé de petites pépites telles que l’atmosphère de « Fog in the Hills of Anor » ou l’excellente introduction de « Woodfall ». Les canadiens ont assurément fourni un travail très satisfaisant lors des cinq années très calmes qui ont précédé la sortie d’Asunder. Cet album est riche d’une poésie et d’un charme absolument magnifiques, et son écoute pourrait bien vous conquérir si vous émettez le souhait de lever le pied vis-à-vis de quelque chose de plus violent. Il s’agit assurément d’un album propice à la période champêtre et estivale actuelle.

Les années n’ont pas changé Maglor d’un pouce, et le trio assure toujours autant lorsqu’il s’agit de composer de la musique doucement enivrante. Quelques légers motifs de déception sont à relever çà et là, mais ils n’altèrent à priori en rien l’opinion générale que l’on pourrait avoir d’Asunder. Ce dernier vous fait rêver de nature, de grands espaces, et de quelques légendes aussi fascinantes que plaisantes à découvrir. La scène folk metal tient peut-être déjà sa sortie phare sur l’année 2017.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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