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Throne of Heresy – Decameron

Pays : Suède
Genre : Black Metal
Label : The Sign Records
Date de sortie : 7 Novembre 2017

C’est aujourd’hui au groupe suédois de Throne Of Heresy de nous délivrer son troisième album studio intitulé Decameron. Un concept album sur la mort qu’infligea la peste dans différentes parties du monde. Respectant une trame chronologique, on suit le chemin parcouru par le virus. L’histoire est donc de mise, cela apporte une touche originale non négligeable quant à la démarche du groupe à vouloir illustrer sa musique de la façon la plus authentique. D’un point de vue musical, le groupe nous sort un album très propre, le son a été très travaillé. Mention spéciale à la caisse claire d’ailleurs, j’adore ce son sec percutant qui cogne bien. La dynamique entre les instruments est très réfléchie, les gars savaient ce qu’ils voulaient, il y a de l’expérience derrière cette musique et ce son. Mais une fois ces premières bonnes impressions dépassées, qu’en est-il réellement ? Décortiquons tout ça ensemble.


Pour être honnête, avant de savoir que le groupe était suédois, je ne m’attendais pas à ça. On m’avait dit qu’il s’agissait là d’un groupe de black death, je me suis donc dit qu’il y avait potentiellement là une bonne surprise à se mettre sous la dent. La musique de Throne of Heresy n’est pas mauvaise du tout, c’est une musique réfléchie, bien arrangée, on sent qu’il y a du travail en termes de composition. Je tire même mon chapeau aux artistes pour tous ces efforts. Seulement, pour moi, ça sonne trop académique, c’est là que le bât blesse. Parfois, je sens une touche de Primordial pas repoussante du tout, comme sur « Plague Ships », qui me fait ainsi penser au fameux « Coffin Ship ». Certaines mélodies retiennent mon attention sans problème, comme sur le morceau d’ouverture « The Shores of Issyk-Kul », ou encore sur « Siege of Caffa » et le titre éponyme. Le dernier titre est également bien travaillé, « The Pale Burden » clôture superbement l’album. Donc finalement, pourquoi ne suis-je pas séduit ?

Il n’y a pas l’étincelle, je pense que cet album manque cruellement d’identité, le son et les compositions sont objectivement bonnes, mais l’ensemble sonne trop académique, trop scolaire. Les artistes ont voulu faire l’album parfait, c’est perceptible à des kilomètres, et c’est peut-être ce qui ôte à cet opus toute empreinte personnelle. J’ai l’impression de l’avoir déjà écouté quinze fois. Malheureusement, au fur et à mesure des écoutes, ce son semble de plus en plus aseptisé. Tout ça manque d’imperfection, de quelque chose de plus transpirant, de plus sale, de plus charismatique finalement. Une chose qui n’a pas éveillé un très grand intérêt chez moi non plus est le chant, il ne magnifie pas la musique, il est prévisible, sans identité particulière. Finalement, c’est un album logique, mathématique, les compositions peuvent parfois susciter certaines émotions, grâce à quelques mélodies bien trouvées, mais les breaks, les enchaînements, les introductions, le son, le chant, tout ça sonne mécanique, froid, sans aucune rondeur. Pour quelqu’un qui veut basculer dans le metal extrême avec une production bien faite, pas tordue du tout, ça peut valoir le coup. Mais pour un amateur confirmé comme moi, j’ai juste envie de dire que je n’ai plus quatorze ans.

Conclusion, sur le papier nous avons affaire à un album qui frôle le sans faute, qui conviendra à un public épris de ce genre de son ou de compositions. C’est-à-dire, une musique qui globalement remplit certains critères pour retenir l’attention du plus grand nombre, violente mais pas trop, extrême mais pas trop (on peut être extrême sans être violent). En ce qui me concerne, je n’adhère pas du tout car, bien que sincère, la musique de Throne of Heresy s’appuie trop sur ses références, pratique un style au lieu de de s’en foutre du reste et de jouer sa propre musique. Il manque la folie, le chemin sinueux de la première écoute et enfin la lumière, le combat avant la victoire. J’irais presque penser que les musiciens se sont auto-censurés pour être certains d’atteindre leur public. C’est une musique qui manque cruellement de passion. La prochaine fois, lâchez-vous. Règle numéro un en musique, aucune limite.

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