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Asath Reon – Buried Visions

Pays : Slovaquie
Genre : Ritual Ambient
Label : Black Mara
Date de sortie : 10 Août 2017

Mais dites, c’est qu’on commencerait presque à en voir la fin, de cet été interminable ? Le soleil se couche plus tôt, les soirées se font plus fraîches… Si cela sonne comme une sordide condamnation à un retour au travail et à un quotidien monotone pour certains, c’est en revanche une excellente nouvelle pour d’autres. Enfin, il sera bientôt de nouveau possible d’écouter du black metal ou du dark ambient sans être gêné par un soleil assassin et sans-gêne, avec cette impression persistante d’être en train de faire quelque chose d’absurde tant le contexte lumineux ne se prête pas à de telles émanations sonores.

Malgré cette chaude saison doucement déclinante, Black Mara décide de nous sortir un album de musique ambiante, rituelle au possible, faite pour les caves fraîches et les lieux reclus. Il s’agit de Buried Visions, par l’artiste slovaque Asath Reon. Un nom aux sonorités déjà occultes, qui propose une musique tournée vers l’ésotérisme et l’exploration du surnaturel. Pas bien original en effet, mais vous savez peut-être que pour votre serviteur, l’originalité n’est absolument pas essentielle pour une œuvre musicale.  Il suffit de faire de la bonne musique, qu’elle soit codifiée et balisée ou non.

Asath Reon utilise des sonorités homogènes, peu variées, très classiques du genre. Des nappes de clavier lointaines et graves, des cloches sonnées sporadiquement, un gong sourd et menaçant, quelques chœurs diffus et souvent assourdis pour leur donner un effet angoissant… Ne tournons pas autour du bénitier, si vous aimez le dark ambient, vous avez déjà entendu tout ça. En fait, Asath Reon partage pas mal de points communs avec Unsettled Dust, sorti chez le même label il y a quelques mois et encensé dans nos pages. Atmosphère éthérée, évanescente, parfois plombée par des sonorités plus lourdes ou grondantes, tournée vers l’exploration intérieure. Les deux artistes créent un climat occulte et prenant pour mieux vous couper du monde et vous attirer plus bas. Pour continuer sur la comparaison, on notera tout de même qu’Unsettled Dust utilise plus de sonorités différentes et remplit plus l’espace sonore que son confrère. Asath Reon est plus épuré, et peut être moins intense, plus homogène aussi. Clairement, la séparation des pistes n’est pas utile, tant l’ensemble de l’album semble être une longue mélopée continue.

Asath Reon utilise ses sonorités avec parcimonie, ne surchargeant jamais l’oreille. Le silence est toujours perceptible entre les différents instruments, et les sons distillés donnent plus l’impression d’habiter le silence profond que de définir par eux-mêmes un climat. Le disque se fait globalement assez secret, assez minimaliste presque. L’atmosphère est prenante, inquiétante, parfois hypnotique, et tend vers le spirituel. Si Unsettled Dust atteignait la transe et se laissait aller à des passages plus illuminés et sereins, la plénitude reste étrangère à Asath Reon. Il ère dans ses paysages lugubres, agitant son encensoir, promène partout sa bure usée jusqu’à la trame, mais ne semble pas trouver son accomplissement spirituel. Asath Reon est un damné qui ne peut que hanter de sombres lieux enfouis quand Unsettled Dust traverse forêts et immenses cavernes lacustres pour ressentir son lieu d’échappatoire.

L’appréciation de ce disque se fera surtout en fonction de vos goûts en matière d’ambient, et de votre réceptivité vis-à-vis des ambiances occultes et ésotériques. Si le genre et la thématique ne vous sont pas chers, vous pouvez passer à côté de ces visions brûlées sans regrets. Si en revanche vous cherchez un très bon disque du genre, classique mais qui enrichira gracieusement votre bibliothèque d’occultisme sonore, vous êtes sur le bon autel.

Vous l’aurez compris, Buried Visions est un album tout en tensions diffuses, en angoisses ésotériques et en secrets occultes. Moins prenant, moins apte à transir que les autres productions récentes de Black Mara, il n’en est pas moins un excellent album, tout à fait capable de faire sortir de soi. Comme de coutume, Black Mara a assorti son disque d’une somptueuse édition reliée, peut-être même encore plus belle qu’à son habitude. Fortement recommandé, et évidemment à écouter dans les conditions adéquates.

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