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Black Wine Order – Dirt

Pays : France
Genre : Musique Expérimentale
Label : Indépendant
Date de sortie : 3 Août 2017

Peut-être vous souvenez-vous vaguement de Black Wine Order. Nous avions en effet dressé une analyse assez élogieuse de VVVVV, son tout premier album, sorti en janvier dernier. Le projet français est de retour depuis le début du mois d’août avec Dirt, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la fumée qui englobe sa musique s’est durement épaissie, pour ne plus rien laisser apparaître de cohérent, à moins que l’on s’y aventure tout entier. Vous aurez remarqué qu’il est cette fois inutile de s’encombrer d’une étiquette concernant le genre du projet. En effet, Black Wine Order, c’est bien plus que ça.


Le style un poil plus conventionnel présent sur Dirt ne doit vous abuser, le deuxième album du mystérieux projet français est au moins aussi obscur et inaccessible que son prédécesseur. Là où VVVVV se montrait glauque et effrayant, sans pour autant être repoussant (la nuance est ici importante), Dirt s’apparente à une grotesque fanfare dont l’unique but est de jouer les mélodies les plus évasives et les plus oniriques qu’elle soit capable de répandre. De suite, on remarque que le chant a une place bien plus importante. Ces murmures à la fois rassurants et inquiétants contrastent énormément avec la dissonance ambiante sans que cela ne jure complètement. Malgré tout, Black Wine Order sait se montrer dérangeant.

Le réel symbole de ce côté malsain est incarné par le titre « Bourbier du Diable ». Fort de paroles en français, ce dernier met mal à l’aise. L’auditeur ressent alors une espèce de demi-angoisse inconnue, comme si la musique cherchait sournoisement à l’étourdir à l’aide d’une recette nouvelle. Black Wine Order se veut ici encore plus cryptique que sur VVVVV, et la chose déroute d’autant plus que ce premier album battait déjà des records en termes d’imperméabilité. Dirt se montre peut-être un poil moins engageant, la faute à une atmosphère bien plus noire qui devrait tenir à l’écart les moins réceptifs, mais les différentes émotions qu’il dégage sont tout bonnement impressionnantes.

Sur le plan technique, une fois encore, la variété est de mise. Outre le chant, nous notons la présence de guitares, d’une basse, d’une batterie et de sonorités électroniques en tout genre. Sur ce dernier point, les sonorités old school et celles plus modernes cohabitent parfaitement, ce qui renforce cette sensation de dérangement et de contraste. N’y voyez-là rien de péjoratif, mais Dirt peut tout simplement être vu comme une cacophonie de belle facture. Le dérèglement ressenti à l’écoute de cet album est assez prenant, et il est impossible de faire abstraction vis-à-vis de ce flot continu de sons grinçants et incongrus. La chose ferait presque penser à l’atmosphère grossière et si particulière de l’album Nom d’une Pipe! de Pensées Nocturnes.

Comme pour l’album précédent, l’artwork sombre et minimaliste illustre la musique comme il se doit. En revanche, Dirt a tendance à s’essouffler quelque peu sur la durée. Si le titre « Transistor », avec ses sonorités synthwave bienvenues, agit comme une bouffée d’air frais, la clôture de l’album sur « Devotee » peut sembler un peu superflue. Un titre de neuf minutes aurait peut-être davantage joui d’une position de charnière au sein de l’album. Il est ainsi un peu lourd de le voir à la toute fin, mais l’avis sur la question divergera sans doute. Dans tous les cas, Black Wine Order a signé un album occulte au possible, peut-être même encore plus insaisissable que le précédent. L’écoute est certes éprouvante, mais nul doute que vous saurez en déceler tous les secrets en étant suffisamment attentif…

Huit mois seulement après un très bon deuxième album, Black Wine Order remet le couvert et continue à nous en mettre plein la vue. Dirt est un album assommant et difficile à appréhender, mais il saura récompenser à sa manière les quelques auditeurs suffisamment valeureux pour se lancer à sa conquête. Le projet français confirme les espoirs placés en lui au moment de la sortie de son premier album. Peut-être va-t-il continuer sur sa lancée ?

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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