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Botanist – Collective : The Shape of He To Come

Pays : États-Unis
Genre : Black Metal Expérimental
Label : Avantgarde Music
Date de sortie : 1er Septembre 2017

Botanist fait partie de ces groupes et projets qui ont su se tailler une réputation respectable ces dernières années grâce à des choix musicaux qui sortent quelque peu des sentiers battus. Le cas du projet de green metal est d’autant plus particulier que son statut a sérieusement bougé ces derniers mois. Initialement projet solo d’Otrebor, Botanist est désormais un groupe à part entière, et se prépare notamment à la tenue d’une tournée européenne. En ce sens, il s’agit là du tout premier album de Botanist en tant que groupe, d’où l’appellation Collective dans le titre de l’album. Néanmoins, force est de constater que le virage a sans doute été un peu plus sec que prévu.


La musique de Botanist est absolument reconnaissable à la première sonorité. Un coup de dulcimer martelé, et voici l’auditeur littéralement propulsé au coeur d’un décor verdoyant et luxuriant dont seul Botanist a le secret. Normal, me direz-vous, avec de telles thématiques, qui ne sont pas parmi les plus répandues. Toujours est-il qu’avant que le projet ne devienne un groupe, il ne décevait jamais, repoussant toujours plus loin les limites de son éclatant royaume verdoyant. Le ton adopté jusqu’à présent vous aura sans doute donné quelques indications sur la teneur des propos suivants. Effectivement, il semblerait que Botanist ait fini par signer un album qui se situe loin de ses standards foisonnants.

Malgré une entrée en matière lente et portée sur des sonorités vaporeuses tout à fait propices à l’évasion, c’est bel et bien lors de la piste introductive que le premier froncement de sourcils viendra donner à votre visage une sérieuse expression de perplexité. « Praise Azalea the Adversary » commence en effet très bien, pour finalement se vautrer en beauté au moment où commencent à résonner les sonorités metal de Botanist. Que sont ces chants ? Où est passée la magie du projet américain ? La musique du projet d’Otrebor pouvait tout à fait se montrer noire, parfois même avec énormément de réussite, comme sur le split réalisé en compagnie d’Oskoreien, mais dans le cas de The Shape of He To Come, on se demande où est la cohérence.

Même si la musique présente sur l’album voulait effectivement se montrer crue, c’est une calamité absolue. On ne sait finalement plus très bien où donner de la tête ni même que penser, Botanist a décidément bien changé. The Shape of He To Come déborde de tous les côtés d’on ne sait vraiment quoi. Il s’agit parfois d’une volonté de rendre l’atmosphère plus obscure, mais on distingue aussi quelques choix techniques empruntés au post-rock, le tout se situant dans un maelstrom incroyable de sonorités plus alambiquées les unes que les autres. Et on ne parlera même pas de la médiocrité incroyable des chants clairs, qui sont majoritaires sur l’album, tant ils se montrent ternes au possible.

Mais nuançons davantage notre propos. Botanist n’est après tout pas passé du coq à l’âne, et son identité ne se trouve d’ailleurs pas remise en cause avec ce nouvel album. Simplement, il est tellement surprenant de voir qu’Otrebor ait accepté de tels changements chez Botanist que l’on en vient à se demander quelle sera la suite des événements. Le charme et l’espèce de féerie doucement menaçante ont laissé place à une musique pâle et sans saveur. The Shape of He To Come n’inspire à rien de particulier. Peut-être plaira-t-il, espérons-le d’ailleurs pour le groupe et son public, mais les fondations de ce nouvel album sont indéniablement différentes de celles qui ont fait le succès de Botanist, et la chose pourrait être vraiment préjudiciable pour les américains.

The Shape of He To Come apparaîtrait presque comme une volonté de la part de Botanist de rentrer dans le rang ou de composer une musique plus conforme aux attentes de la masse. Botanist était un projet novateur et absolument fascinant, et il est peut-être en train de devenir un groupe lambda qui se rend coupable de choix douteux. Les mots sont lourds, mais il le sont beaucoup moins que la déception ressentie à l’écoute de ce nouvel album. Peut-être aurait-il fallu pour Otrebor qu’il garde Botanist pour lui seul. Le fantasme auditif offert par Flora est décidément bien loin…

Que dire, sinon que The Shape of He To Come est une énorme déception ? L’album plaira sans doute à un certain public, mais j’émets des doutes quand à la réception des amoureux de la musique originelle de Botanist. Les quelques moments de pure douceur ne parviennent pas à faire oublier les manquements incroyables dont le groupe se rend coupable. L’interrogation qui prime est désormais celle qui questionne sur le futur de la formation. Le royaume verdoyant serait-il en train de faner ? Il a en tout cas cruellement perdu de sa superbe avec The Shape of He To Come.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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