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Vesicant – Shadows of Cleansing Iron

Pays : Nouvelle Zélande
Genre : Black/Death Metal
Label : Iron Bonehead Production
Date de sortie : 14 Juin 2017

Il doit y avoir quelque chose de particulier dans l’air néo-zélandais… Une âcreté, une lourdeur, des spores de plantes carnivores… Ce que vous voulez, mais dans tous les cas, ces gens ne sont pas comme nous, surtout en ce qui concerne la scène black/death locale. Nous vous avons déjà parlé de Diocletian, fer de lance du courant war metal extrémiste et totalitaire. Aujourd’hui, nous restons dans le death/black, mais d’une autre trempe.

Vesicant n’avait sorti qu’une seule démo avant de se lancer sur son premier album. L’artwork avait déjà attiré l’œil de votre serviteur auparavant, avec ce quasi-monochrome marqué par le sceau rouge sang de l’entité. L’impression de massivité, de lourdeur et d’écrasement est déjà présente à la contemplation de ce qui semble être un monstrueux monument de pierre noire. Aucun contexte, pas d’univers perceptible en-dehors de cette masse ombrageuse et menaçante. Vesicant a choisi un artwork en harmonie avec sa musique. Sombre, inquiétant et monolithique.

Vesicant partage avec Diocletian deux éléments. Premièrement, la production assez étouffée, lourde, suffocante, ne laissant aucun répit. Secondement, la volonté d’enfouir l’auditeur sous une masse sonore compacte et sans issue. Si pour cela Diocletian martèle à tout va et détruit tout sur son passage, Vesicant préfère l’étouffement à l’assaut frontal continu. Attention, les attaques directes ne sont pas oubliées, elles sont même bien présentes, mais le groupe met beaucoup plus l’accent sur des parties plus lourdes et sournoises. Entre deux charges brutales, vous vous enlisez dans un océan de ténèbres denses et épaisses.

Pour donner un petit peu plus de précisions, Vesicant base sa musique sur des guitares extrêmement abrasives, sur sa basse sourde et sa batterie totalitaire. Les riffs sont souvent assez tortueux, pas vraiment complexes mais semblant ne jamais devoir cesser de tourbillonner et de sinuer. Vous ne trouverez pas une seule touche de lumière chez Vesicant, tout y est absolument strangulatoire. Les raids conjoints de batterie et de cordes sont d’une violence sans nom, les passages plombés vous pressent contre le sol impérieusement. On ne lutte pas, on est totalement dominé par ce déchaînement de forces ininterrompu.

Difficile de détailler un album si homogène. Toutes les pistes sont construites selon le même modèle, c’est-à-dire sans structure reconnaissable. Plus ou moins d’assauts et de crucifiement selon les pistes, plus ou moins de chant aussi, pas si présent que ça finalement. Très massif et guttural, celui-ci n’est présent qu’assez sporadiquement. Ses incursions sont parfaitement à propos. Différencier une chanson d’une autre n’a de toute façon pas beaucoup d’importance. Quarante minutes pour un album, ce n’est rien d’autre qu’un message très clair stipulant bien évidemment « à écouter d’une traite, sans pause ». Vesicant vise juste, sa musique est éprouvante et vite asphyxiante au mauvais sens du terme si l’on n’arrive pas à s’y plonger pleinement. En fait, Vesicant n’aura la politesse de vous écraser que si vous y consentez et lui demandez d’abord. Vesicant est un titan ombrageux qui ne prendra même pas la peine de vous réduire en miettes si vous n’avez pas la courtoisie de le supplier avec déférence avant. Si vous n’y tenez pas plus que ça, il continuera son chemin sans vous, avec un mépris et une indifférence total. Et ce sera tant pis pour vous.

Pas de doute, on sait faire de la musique extrême en Nouvelle-Zélande. Étrange tout de même, de constater que sur une île où il y a plus de moutons de d’hommes, la furie et la volonté de tout détruire naissent chez certains, au point de les amener à expier cette haine dans une musique plus extrême encore que celle de la plupart des autres scènes extrêmes mondiales. Rarement on aura eu une cette impression de subir de manière physique un album…

Lourd est le silence quand il succède à Vesicant. Venir après une musique aussi puissante et anéantissante, c’est une gageure. Vesicant ne laisse rien derrière lui, pas un souffle, pas un bruit. Épuisante, la musique de Vesicant l’est. Prenante et destructrice, elle l’est tout autant. Mais surtout, Vesicant est écrasant, étouffant et assassin. Un album atterrant, au sens douloureusement consenti du terme.

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