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Kenosis – Consecrationem

Pays : Pays-Bas
Genre : Black Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 25 Août 2015

Il y en a vraiment qui n’ont honte de rien… Mais alors vraiment de rien. Kenosis vient des Pays-Bas, et ne fait pas du tout dans le black metal à la Deathspell Omega. C’est au-delà de ça, Kenosis fait du Deathspell Omega. Sans le moindre complexe en plus. Pas longtemps, certes, mais tout de même. Ce Consecrationem n’a rien d’une vraie consécration, il s’agit plutôt d’un signe inquiétant de manque d’inspiration, et d’une incapacité manifeste à digérer des influences musicales sans en faire un plagiat.

Pour commencer, Kenosis ne se cache de rien. Son patronyme est repris de l’album de Deathspell Omega qu’il semble vénérer le plus. Le culte Kênose de nos poitevins et finlandais nationaux a clairement été écouté en boucle par les néerlandais, au point de ne pas réussir à passer à autre chose. Et cette vénération sans borne à l’un des groupes les plus influents et les plus obscurs de la sphère black metal commence dès la première piste. Disons-le clairement, cette première chanson « Solifugae » est un copié-collé de l’introduction de « I » de Deathspell Omega. Bruits inquiétants en fond, rythme de batterie soutenu par la basse lourde et la guitare qui a exactement la même tonalité que sur l’album culte des français, même montée en puissance avec cette voix obscure qui prêche ses paroles mystiques.

La montée de fièvre est calquée sur « I », à un tel point que cela en devient scandaleux. Et évidemment, quitte à plagier, autant aller jusqu’au bout pardi ! Silence des instruments, samples de chœurs et de cuivres lointains, et pour finir, ce qui semble être exactement la même phrase prononcée par Mikko Aspa dans une autre chanson du groupe, sur fond de vide sonore juste avant que les assauts ne commencent. Faites l’expérience, même si vous ne vous intéressez pas à Deathspell Omega, vous aurez une idée de ce qu’est le vrai plagiat musical.

Sauf que passé sa faculté de copiage en tout point parfaite, Kenosis n’a pas le talent pour suivre passé son mimétisme. Les riffs qui arrivent rapidement sont extrêmement classiques, pas mauvais, mais annoncés par une introduction beaucoup trop spécifique pour se permettre d’être simplement corrects. Kenosis ne sait pas composer les riffs saccadés et frénétiques de Deathspell Omega, et tente de compenser cela avec une certaine angoisse, ses références bibliques et des mélodies vaguement vertigineuses, sans arriver une seconde à rester crédible après s’être grillé tout seul en nous annonçant une Kênose bis.

Comprenons-nous bien, si le groupe avait su ensuite proposer une musique intéressante et prenante, avec sans doute les influences qu’il revendique plus que clairement, cette introduction plagiée n’aurait pas été un problème. Faire un clin d’œil, même s’il s’agit plus d’une énucléation que d’autre chose ici, ça n’est pas un mal en soi. Seulement, quand on fait un clin d’œil aussi appuyé et que l’on n’assure pas musicalement derrière, on fait finalement encore pire qu’en ratant simplement son album.

Allez, pourquoi pas sauver « Katarsis » qui s’en sort mieux que ses sœurs, avec son arpège qui arrive à devenir hypnotique. Mais pour le reste, en particulier pour la dernière piste, il n’y a pas grand-chose à retenir. On note aussi rapidement un jeu de batterie un peu fouillé, qui aurait pu donner quelque chose s’il n’était pas au service de quelque chose d’aussi vide. Mais alors, vous aurez peut-être envie de demander l’intérêt d’une telle chronique. C’est vrai, vous auriez peut-être simplement passer votre chemin sans avoir connaissance de ce triste album si je ne vous en avais pas parlé. Votre serviteur avait simplement envie de parler du foutage de gueule que représente une telle production, et du phénomène quelque peu agaçant des groupes copiant simplement les riffs et structures de Deathspell Omega. Jusqu’à en arriver à de telles absurdités.

Clairement, il y a eu un avant et un après Deathspell Omega dans le monde du black metal, et le groupe a apporté un vent nouveau et de l’inspiration à une myriade de groupes. Mais dans le même temps, pas mal d’ersatz de l’entité mystérieuse sont apparus, et nous en arrivons maintenant au point où recopier une chanson devient envisageable. Le pire étant qu’une chaîne YouTube de très bon aloi habituellement, d’ailleurs étroitement liée aux productions de Norma Evangelium Diaboli, plébiscite le groupe… Enfin, peut-être Kenosis marquera-t-il le point de non-retour. Espérons-le tout du moins…

Allez, passons vite à autre chose. Kenosis ne doit pas retenir votre temps, il n’en vaut pas la peine. Cette chronique avait surtout pour but de mettre des mots sur un phénomène très dommageable, et Kenosis a au moins eu le mérite de servir d’exemple paroxysmique à ce que votre serviteur voulait décrire.

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