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Pagan Altar – The Room of Shadows

Pays : Royaume-Uni
Genre : Heavy/Doom Metal
Label : Temple of Mystery Records
Date de sortie : 24 Août 2017

Pagan Altar, c’est un nom de légende qui résonne pourtant aux oreilles de trop peu d’amoureux de metal. Et pourtant… Le groupe est présent depuis 1978, et n’avait pourtant pas sorti d’album avant 1998. Depuis, les albums se sont suivis, avec en pièces maîtresses Lords of Hypocrisy et Mythical and Magical, magnifiques récitals emplis de noblesse et de riffs typiquement anglais. Mais voici que Terry Jones, parolier et chanteur de la formation, est décédé il y a peu d’un cancer, laissant derrière lui ce qui sera sans doute l’ultime album de Pagan Altar, The Room of Shadows.

Somptueux, c’est le premier mot qui vient à l’esprit à la vue de cette splendide pochette qui orne cette chambre des ombres. Toute en teintes estompées, délivrant une atmosphère à la fois chaude et intrigante. Exactement comme l’est la musique de Pagan Altar. Souvenez-vous de vous il y a quelques années, écoutant entre peur et fascination un vieux conte mettant en scène sorcières et fantômes. Pagan Altar vous offre de revivre ces ambiances, mais avec une maturité et un attrait pour le folklore plus prononcé. Vous aimez toujours autant les histoires, mais vous les aimez plus subtils, plus complexes, plus sombres aussi peut-être.

Le groupe a donc composé ce qui sera sûrement les derniers morceaux sur lesquels nous pourrons entendre le fabuleux chant de Terry Jones. Comme il se doit, les morceaux sont plutôt longs, écrits selon un modèle très narratif. Dans ce style très tragique et épique si typique du groupe, les chansons relatant les légendes de la littérature et du folklore européen se déploient ; « The Portrait of Dorian Gray », « Danse Macabre » ou « The Ripper » viennent vous asséner leurs riffs d’un autre temps, rappelant à vos bons souvenirs Black Sabbath et la vieille garde anglaise.

Quel bonheur que de se plonger dans ces mélodies jouées sur des amplis pleins d’une délicieuse saturation chaude et organique ! Quel délice que de se laisser emporter par ces mid-tempi si prenants, étreints d’un cachet de noblesse, de classe et d’aristocratie toute britannique ! Jones se fait conteur, sorcier et barde tour à tour. Ses parties vocales sont sans conteste le point fort du groupe et se marient à la perfection avec les atmosphères mystérieuses et embrumées développées. Un peu nasillardes comme il se doit quand l’on est un disciple d’Ozzy, pleines d’emphase, tragiques et concernées par ses textes, vibrantes et incroyablement évocatrices. Tant d’émotion en une voix, c’est simplement prodigieux. Imaginez un mélange entre Ozzy Osbourne et Alan Averill de Primordial, ce dernier s’étant d’ailleurs sans doute beaucoup inspiré de Jones pour l’implication dans les vocaux et la dimension noble et tragique.

Pour entrer un peu plus dans le détail, les chansons sont souvent construites sur une alternance de quatre ou cinq mélodies, entraînantes ou plus arpégées selon l’atmosphère de la piste. Toutes fleurent bon les temps anciens ressuscités par la magie des riffs et la passion. L’album a l’air de s’échauffer progressivement avec « The Portrait of Dorian Gray », puis ne fait que s’améliorer pour atteindre des sommets sur des titres comme l’éponyme ou « The Ripper ». Introductions à saveur folk, riffs pleins de classe et de majesté, vocalises impériales de Jones, puis redescente petit à petit, durant laquelle l’empereur redevient conteur pour achever son récit. Splendide de bout en bout.

Pagan Altar a décidément une place tout à fait particulière dans les multiples formations de heavy anglais des origines. Le groupe dégage quelque de plus profond et de plus puissant que les autres. Très classique sur le fond, ce sont les détails qui distinguent Pagan Altar des autres et le hissent sur un autre plan. Jamais encore l’on avait narré les mythes anciens et ravivé les vieilles peurs avec autant de force et d’intensité. Jamais encore une voix ne s’était aussi bien assortie à des riffs pour faire revenir d’entre les morts les esprits d’autrefois afin qu’ils viennent, une fois de plus, danser sur les tombes.

Prions pour que la mort de Terry Jones ne signe pas la fin d’un groupe si important et créatif. Prions pour qu’un autre chanteur à la voix miraculeusement identique se manifeste, et prions surtout pour que le groupe continue d’influencer des formations à travers le monde comme ce fut le cas avec les québécois de Cauchemar. Buvons un verre à la santé du grand Monsieur qu’était et qu’est toujours Terry Jones, et précipitez-vous sur ce disque. Vous aurez du mal à trouver plus de sincérité dans l’évocation des vieilles heures de l’Europe que chez Pagan Altar.

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