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Satyricon – Deep Calleth Upon Deep

Pays : Norvège
Genre : Black Metal
Label : Napalm Records
Date de sortie : 22 Septembre 2017

Satyricon est une icône du black metal par la symbolique qu’il véhicule. Pionnier du black metal norvégien et mythique groupe ayant donné naissance à trois premiers albums de légende, il s’est par la suite complètement perdu sur le plan musical, et a perdu par la même occasion bon nombre de ses adeptes de la première heure. Comme beaucoup d’autres formations, Satyricon a fait des choix contestables, si bien qu’il s’agit aujourd’hui d’une formation assez controversée. Quoi qu’il en soit, les norvégiens reviennent au mois de septembre avec Deep Calleth Upon Deep, leur neuvième album. L’interrogation est de mise. Le duo a-t-il retrouvé son chemin ?


Depuis la sortie de l’unique et extraordinaire Nemesis Divina, en 1996, difficile de dégager un album de la discographie de Satyricon. Rebel Extravaganza éventuellement (et encore), mais c’est là tout ce que le groupe a pu proposer de fidèle à ses idéaux originels. Car depuis, le duo composé de Frost et de Satyr s’est drastiquement éloigné du black metal traditionnel pour se diriger vers quelque chose d’assez fade, quelque chose de très éloigné des trois albums qui lui ont valu d’entrer au panthéon des grands. Oui, depuis la trilogie médiévale, de l’eau a coulé sous les ponts, et ce n’est sûrement pas Deep Calleth Upon Deep qui va nous faire penser l’inverse.

Quatre ans après la sortie de son album éponyme, qui n’était pas une franche réussite, Satyricon met au monde un nouveau longue-durée. Et crevons l’abcès de suite, qu’est-il passé par la tête de nos artistes au moment du choix de l’artwork ornant la pochette ? Que cette oeuvre du grand Edvard Munch illustre la vision de l’album chez le duo, c’est une chose, toujours est-il que la pochette ressemble davantage à un banal croquis qu’à une oeuvre picturale aboutie, et Dieu sait que Munch a réalisé des choses bien plus conséquentes au cours de sa longue carrière. Le norvégien n’a-t-il rien fait de plus réussi aux yeux du duo ? Au risque de heurter, la pochette de Deep Calleth Upon Deep surprend par sa banalité et la perplexité qu’elle suscite. Mais après tout, cette pochette est à l’image de l’album lui-même.

Inutile de tourner autour du pot plus longtemps, d’autant que les deux titres dévoilés en marge de la sortie de l’album nous avaient déjà fait entrevoir le pire. En effet, Deep Calleth Upon Deep est un nouvel album ennuyeux et plat dans la discographie du groupe, le genre d’album qui contient trop peu de passages satisfaisants pour faire oublier tous ses manquements. Les choses démarraient pourtant bien, avec la première moitié de « Midnight Serpent ». L’introduction se montre assez énergique, Frost semble avoir une peu de rage à revendre derrière sa batterie, alors on la ferme en se disant que l’ensemble n’est peut-être pas aussi terne que prévu. Mais rapidement, le groupe retombe dans les travers qui lui ont valu la perte de son public originel.

Les riffs manquent de hargne et de consistance, Frost s’essouffle aussi vite que s’il avait soixante-dix ans, et l’atmosphère générale n’inspire à rien de particulier. En somme, on s’ennuie ferme. L’espoir selon lequel la piste suivante peut être meilleure que l’actuelle s’estompe bien vite à mesure que l’album défile, si bien qu’il devient difficile d’écouter l’album en une fois. Alors autant le préciser, Deep Calleth Upon Deep est un album qui pourra tout à fait trouver son salut auprès d’un public peu habitué aux joutes extrêmes du black metal. Tout n’est pas à jeter dans cet album, mais la déception est grande.

Le problème est le suivant, lorsqu’un groupe a sorti trois véritables hymnes du black metal dans les années 1990, il est déchirant de le voir produire de tels albums vingt ans plus tard. La musique évolue, les goûts aussi, et Satyricon n’est de toute façon pas seul sur la liste des portés disparus (mes salutations à Dimmu Borgir). Simplement, passer de The Shadowthrone à Deep Calleth Upon Deep, ce n’est ni plus ni moins que se faire du mal, du moins du point de vue des amoureux du black metal traditionnel.

De la même manière, même en voulant analyser l’album en tant que tel (c’est-à-dire sans comparer avec le passé du groupe), le constat est sensiblement similaire. Il est vrai que certains passages sont plaisants, comme sur le titre introductif ou sur « To Your Brethren In the Dark », mais globalement, par sa rythmique et son manque d’agressivité, Deep Calleth Upon Deep ne dégage rien de concret. Les pistes sont construites sur un schéma assez basique, et les sons de guitares peuvent également être très agaçants, comme sur « The Ghost of Rome ». Satyricon a fait exactement ce que l’on attendait de lui, mais surtout, Satyricon a complètement oublié comment faire du black metal.

Il est purement inutile de s’attarder davantage sur le nouvel album des norvégiens. Deep Calleth Upon Deep trouvera sûrement nombre d’amateurs, mais sûrement pas au sein de la communauté black attachée à une certaine authenticité. Les albums s’enchaînent et Satyricon perd peu à peu de sa superbe. Peut-être faudrait-il mettre un terme à l’hémorragie, sans quoi le duo finira par perdre tout le crédit accumulé à la suite de la sorties de ses premiers albums. Le Satyricon des origines est mort depuis belle lurette, et à force de vouloir raviver la flamme, Frost et Satyr vont finir par devenir la risée de toute une scène. La trilogie médiévale n’a jamais semblé aussi lointaine…

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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