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Wolves In the Throne Room – Thrice Woven

Pays : États-Unis
Genre : Black Metal
Label : Artemisa Records
Date de sortie : 22 Septembre 2017

Qu’attendre de Wolves In the Throne Room en 2017 ? Après un Celestite qui avait désappointé beaucoup de monde, empruntant la voix d’un ambiant éthéré et aérien particulièrement prenant mais assez éloigné du black metal respirant les bois humides auxquels nous étions habitués, le groupe revient aux guitares saturées et aux blasts. Mais pour quel résultat ?

Premier constat, l’album est beaucoup plus court que ce à quoi les américains nous avaient habitués. Quarante-deux minutes à peine, pour des pistes comme de coutume assez longues. L’album se pare d’un artwork de toute beauté, aussi onirique que d’habitude, avec pour la première fois une trace de construction humaine. Dès la première piste, « Born from the Serpent’s Eye », le groupe emmène dans son univers si particulier avec des accords de ce qui semble être une mandoline, puis vient le premier blast sur lequel se pose un riff lancinant et porté par une douleur toute tragique. Les hurlements déchirés sont moins écorchés qu’auparavant, peut-être un peu plus sobres, moins réverbérés aussi. Après les habituelles pérégrinations forestières, un break peuplé de voix enchanteresses vient calmer le jeu, pour ensuite repartir sur une nouvelle mélodie transcendante sublimée par quelques effets sur les guitares. Une bonne première piste, très prenante.

« The Old Ones Are With Us » suit, et réutilise les classiques ambiances diffuses, distillées par un cocon de saturation réverbérée très confortable, sur lesquelles se perdent quelques notes et accords cristallins. Même chant, plus naturel qu’auparavant, et légèrement sous-mixé semble-t-il. Et comme nous parlons ici de Wolves In the Throne Room,  on ne pourra pas éviter les classiques nappes de clavier, qui se font peut-être plus discrètes ici que sur les albums précédents. Petite et très agréable surprise sur cette piste, le passage blues/folk mystique en milieu de piste, très inspiré et surprenant. On a l’impression d’écouter un album de Wovenhand pendant quelques minutes, et cela colle très bien à l’atmosphère du disque. Un gros point fort que ce passage chamanique à la David Eugene Edwards, d’autant plus que la piste continue avec un rythme plus lent, porté par un excellent clavier qui fait quitter le sol.

La suite de l’album continue grosso  modo dans cette lignée, alternant les parties purement black metal, avec des riffs très typés finlandais dans « Angrboda » et des passages plus aériens. Rien que du très classique chez nos loups américains, mais du classique de qualité qui rappellera à nos bons souvenirs un Celestial Lineage plus qu’un Two Hunters. Comme dans Celestial Lineage, le groupe tente de varier ses compositions, en incluant bon nombre de passages ambiant ou purement atmosphériques, sans aucune guitare saturée à l’horizon. D’une manière générale, l’album se fait peut-être moins immersif que Two Hunters, meilleur album du groupe selon votre serviteur. La thématique est moins forestière, moins feuille mouillée et mousse sur les arbres, mais un peu plus ésotérique et cosmologique.

Wolves In the Throne Room ne se renouvelle pas vraiment, mais fait bien ce que l’on attend de lui, plaçant ses petites expérimentations là où il en a envie, et tout cela passe très bien. Ce que l’on regrette, c’est peut-être un manque de moments de grâce, d’émerveillement total, comme on en trouvait sur Two Hunters. Souvenez-vous ces trémolos jubilatoires et si poignants au milieu de « Vastness and Sorrow »… Alors oui, on se dit à certains moments que certains riffs manquent un poil d’inspiration et que d’autres font un peu recyclage, mais ils sont vraiment bien mis en valeur et collent si parfaitement à l’ambiance développée par le groupe que franchement, on ferme les yeux et on profite sans que cela ne pose de vrai problème. Bon, la dernière piste est à part, on sent que les loups manquaient vraiment d’inspiration…

Finalement, Wolves In the Throne Room accouche d’un album sans vraie grosse surprise, avec toutefois quelques petites touches d’innovation plutôt très bien pensées. L’album est, il faut le reconnaître, moins marquant que d’autres productions du groupe, mais contient ses points forts, des chansons qui se distinguent. La deuxième piste en particulier est sûrement parmi les meilleurs du groupe. Les loups venus des forêts profondes d’Amérique signent un disque encore très marqué de leur patte si reconnaissable, qui ne souffre d’aucun réel défaut, ni ne se distingue par de réelles prouesses, mais qui maintient un niveau de qualité assez haut pour rester très agréable et plaisant.

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