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Eneferens – In the Hours Beneath

Pays : États-Unis
Genre : Black Metal Atmosphérique
Label : Nordvis Produktion / Bindrune Recordings
Date de sortie : 1er Décembre 2016

Après deux albums et un EP en seulement un an d’existence, Eneferens, le projet solo de Jori Apedaile, va voir In the Hours Beneath réédité chez Nordvis Produktion fin octobre. Eneferens officie dans un black metal atmosphérique éthéré, aérien, et empreint d’une sobriété bien particulière. En quelque sorte, le défi de ce projet sera de transmettre cette sobriété et ce calme, sans tomber dans le plat et l’ennuyeux.

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Eneferens est ce genre de projet clivant pour les amateurs de black atmosphérique. En effet, le groupe déploie au maximum ses influences post-rock. On le ressent notamment par ce goût des passages acoustiques et clean lents, des mid tempi qui n’en finissent pas, et un chant tout en douceur, qui sonne comme une berceuse que viendrait nous chanter Jori pour nous endormir. En réalité, elle ne vous endormira que si vous n’arrivez pas à appréhender cette atmosphère bien spécifique. Parce que certes, cet album est peu accessible et demande un effort de la part de l’auditeur. Mais si vous arrivez vraiment à vous plonger dans cette ambiance, Eneferens sonnera comme une expérience mystique, et passe par une palette de sensations que veut nous transmettre Jori.

La démarche est bien particulière, la mélancolie que nous transmet cet album nous transcende par un effet d’alternance entre le sombre et le lumineux, avec une prédominance pour cette lumière qui nous éclaire, malgré les paroles en contraste. Les riffs les plus rapides, couplés aux parties vocales gutturales, évoquent souvent en même temps le désespoir et la beauté de la nature. Mais Eneferens vient ensuite nous tirer de ce désespoir en nous jouant ses riffs cleans en toute tranquillité. Et quand on repart sur des voix claires, on nous pousse à la méditation, on ressent une élévation spirituelle. Ce cheminement est en quelque sorte une « Ascension » de notre propre esprit qui nous pousse à aller plus loin que la mélancolie et voir de la beauté à travers nos sentiments négatifs. En quelque sorte, on soigne le mal par le mal, on nous tire vers le bas avec ces riffs désespérés, atmosphériques et mélodiques, et on plonge pour mieux remonter à la surface ensuite.

Je dois vous prévenir, Jori a fait le choix de mettre « Morning », le titre le moins accessible en début d’album. Mais il faut y voir un choix stratégique. Je m’explique, comme je l’ai déjà dit, cet album a peu de passages véritablement accrocheurs, il demande un réel effort pour s’y plonger. En fait on peut voir ce titre comme une épreuve à passer, beaucoup n’auront pas le courage de continuer, on a affaire à des guitares clean en tempo très lent qui feraient presque penser à du Sleep Dealer si Jori ne chantait pas par-dessus. Sa voix est d’ailleurs un grand atout, qui permet de donner un intérêt à des passages qui n’en aurait pas tellement en son absence.

L’album commence donc véritablement à partir de « Chrysanthemum » et atteint ensuite son apothéose avec « Through the White », qui voit se combiner des riffs rapides et le chant clair qui forme un mélange tout bonnement magnifique. Cette dernière aurait cependant eu meilleur place si elle clôturait l’album. « Refuge » et « Ascension » quant à elles, se veulent un peu plus progressives et contemplative, ou l’on peut noter un léger manque d’inspiration au niveau des leads et des soli. Mais on retrouve sur « Ascension » cette voix combinée à des riffs plus black, qui sont même agrémentés judicieusement d’effets d’écho et de reverb pour leur donner encore plus de profondeur.

In the Hours Beneath ne touchera pas tout le monde, c’est évident, de par la concentration qu’il demande, et aussi par cette sobriété omniprésente, cette volonté de faire dans l’émotion mesurée. À l’inverse d’un Woods of Desolation par exemple. Mais ce qui est ici intéressant, c’est que tous les aspects que je viens de citer peuvent attirer un certain public, qui aurait tendance à reprocher à nombre de groupes de black atmosphérique trop de grandiloquence dans la mélancolie, ou d’abuser de mélodies épiques qui ne les toucheraient pas. Alors, malgré un début difficile d’accès et ces quelques longueurs, je compte sur vous pour essayer cet album, et qui sait, peut-être serez-vous touchés par la lumière d’Eneferens.

 

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