Actualités

Arkhon Infaustus – Passing the Nekromanteion

Pays : France
Genre : Death/Black Metal
Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
Date de sortie : 6 Octobre 2017

Arkhon Infaustus, c’était le groupe de black/beath le plus marquant de la scène française il y a une quinzaine d’années. Deux albums axés sur la brutalité, puis deux autres s’essayant à quelque chose de plus fouillé, de plus retors et de plus varié. Pour votre serviteur, Arkhon Infaustus, c’est surtout Hell Injection, ses riffs écrasants, son alternance de chants death et black, et surtout ces larsens incessants et cette ambiance malsaine particulièrement mise en avant. Il se passait quelque chose de plus sur Hell Injection que sur les autres albums du genre, quelque chose de plus ignoble y était à l’œuvre.

Cette entité mauvaise à l’œuvre, c’est ce qui a toujours fait la particularité d’Arkhon Infaustus, ce qui le différenciait de Deicide, finalement assez ridicules dans sa grandiloquence bas du front, et autre Morbid Angel évoluant définitivement dans des dimensions trop éloignés de la Terre pour provoquer le mal-être profondément incarné d’Arkhon Infaustus. Hell Injection, c’était cette orgie d’insanités blasphématoires, d’ambiances morbides, de drogues conçues dans les alambics de Satan et de sexualité pervertie. Sur Filth Catalyst, votre serviteur ne retrouve déjà plus cette atmosphère déliquescente, et n’a même pas donné de vraie chance aux deux suivants. Les souvenirs évoquent des morceaux bien composés, riches et moins axés sur la bestialité, mais peut-être moins accrocheurs. Toujours est-il qu’après dix ans d’absence, le groupe porté par Deviant seul nous revient, soutenu par Les Acteurs de l’Ombre. Beaucoup n’aiment pas Deviant, beaucoup n’aiment pas non plus Les Acteurs de l’Ombre. Pourtant, beaucoup aiment Arkhon Infaustus.

Passing the Nekromanteion se divise en quatre longs morceaux, et dure en tout et pour tout une grosse trentaine de minutes. « Amphessatamine Nexion » ouvre le bal sur de longs et lents accords de guitare sépulcraux, rejoints par des chœurs orthodoxes. Le tempo s’emballe finalement doucement au cours de la seconde minute, et Deviant commence à grogner ses ignominies. Tout de suite, c’est la batterie qui marque, avec des parties de double-pédale bien fouillées et intelligentes. La chanson se fait somme toute plus vicieuse et écrasante que vraiment brutale, mais ne souffre pas de réel défaut et a le mérite de bien lancer l’EP. D’autant plus qu’elle est suivie par « The Precipice Where Souls Slither », qui elle, s’énerve déjà un peu plus. Le riff d’entrée bien tordu retient directement l’attention, le tempo reste élevé tout le long de la piste, les mélodies délétères se suivent et s’entrecoupent de passages plus lourds. Deviant n’a vraiment pas perdu sa voix, et s’arrache toujours le gosier pour sortir des vocalises très convaincantes. Votre serviteur ressentirait même une certaine influence à la Incantation sur l’ensemble de la piste…

Et malheureusement… La suite n’est pas aussi convaincante. Malgré de très bonnes saillies de double-pédale, « Yesh Li El Yadi » ne se démarque pas autant, restant assez entraînante par moment mais se plombant par une certaine redondance. Rien de catastrophique, on note en particulier la petite lead montante-descendante, mais rien qui marque vraiment. Et la dégringolade se fait sur « Corrupted Epignosis », qui s’endort complètement sur elle-même. Malgré le petit passage ritualiste, rien ne vient vraiment empêcher l’installation d’une linéarité et d’une monotonie grisaillante franchement ennuyeuse. Vraiment dommage…

Malgré un final en queue de poisson, ce nouveau cru d’Arkhon Infaustus est un genre de clair-obscur pas déplaisant, mais loin de l’odieuse superbe d’antan. Honnêtement, si comme moi l’on préfère la facette la plus bestiale d’Arkhon Infaustus, il n’y a pas de quoi tomber à la renverse. Les deux derniers opus de l’entité étaient déjà dans une lignée moins brutale, on ne peut pas dire qu’on ne s’attendait pas à retrouver l’Arkhon pré-disparition… Et finalement, pour quelqu’un qui n’a pas vraiment accroché à l’Arkhon Infaustus « intelligent », cet EP ne se défend pas si mal, malgré une grosse baisse d’intérêt passée la moitié du disque.

Honorable, on ne peut le nier. Bon, on aurait du mal à le dire, comme d’ailleurs à proclamer son contraire. Ce que déplore votre serviteur, c’est un gros manque d’efficacité. Ce n’est plus l’objectif du groupe depuis plus de dix ans, c’est acquis. Mais cela ne justifie pas cette grosse carence en accroche. D’autant plus que quand Deviant s’y met, il est encore capable de sortir de bons gros riffs bien méchants, réécoutez « The Precipice Where Souls Slither » pour vous en convaincre. Au-delà de ça, on peut saluer le travail de composition vraiment conséquent, et une production très plaisante elle aussi. En espérant que Deviant ne s’arrête pas là, et qu’il nous sorte dans quelques années un album recentré sur la brutalité, on peut en attendant s’accommoder de ce Passing the Nekromanteion qui ne démérite pas et plaira de toute façon sûrement beaucoup plus aux fans des derniers méfaits d’Arkhon Infaustus.

About dantefever (149 Articles)
Salut vous

2 Comments on Arkhon Infaustus – Passing the Nekromanteion

  1. Surtout que cela n’est pas un album.

    J'aime

1 Trackback / Pingback

  1. Premières annonces pour le Throne Fest 2018 – Heiðnir Webzine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :