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Heir – Au Peuple de l’Abîme

Pays : France
Genre : Black Metal
Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
Date de sortie : 20 Octobre 2017

Ça ne chôme pas en 2017 chez Les Acteurs de l’Ombre. Après les sorties des remarqués albums d’Arkhon Infaustus et d’Au-Dessus, et du remarquable album de Time Lurker, le label enregistre au mois d’octobre la sortie du premier album longue durée de Heir, en attendant celle de l’album de Spectrale dans quelques semaines. Après un EP et un split réalisé en compagnie de Spectrale et In Cauda Venenum, ce dernier ayant été également produit par le même label, voici Au Peuple de l’Abîme, un album plutôt attendu, même si personne ne sait réellement ce qu’il en est du contenu proposé par les toulousains…


Trois titres sur Asservi, trois titres sur le split sus-cité, c’est relativement maigre pour se faire une idée complète quand au talent (ou à l’absence de talent) d’un groupe donné. Fort heureusement, après le succès très acceptable de ces deux sorties, voici que la jeune formation est en passe de sortir son premier album. Avant toute chose, la pochette présente un travail absolument fantastique, l’artwork que nous avons sous les yeux étant sans doute l’un des plus réussis de l’année. Heir semble d’ailleurs afficher un sérieux penchant pour la Grèce antique par le biais d’Au Peuple de l’Abîme, mais nous approfondirons la chose plus loin dans notre propos.

Musicalement, le travail fourni par le toulousains est plutôt carré. L’ensemble sonne de manière très propre, peut-être même un peu trop, mais sa pugnacité vaut en tout cas le détour. Même si le rythme varie (ce qui, entre nous, permet à chacun de reprendre son souffle), les passages les plus cadencés sont assurément ceux qui donnent corps à l’album. Les moments plus calmes apportent quand à eux une espèce de poésie risquée, comme si le fait de contrarier le rythme affolant pouvait déclencher quelque colère. La progression au sein d’Au Peuple de l’Abîme se veut assez incertaine, la première écoute est ainsi l’une des plus exaltantes pour un auditeur en manque de repères.

Bien évidemment, l’album ne devient pas mauvais à mesure que l’auditeur l’apprivoise, non sans mal. Simplement, là où Au Peuple de l’Abîme secoue le plus, c’est lors de sa première exploration, lors de sa découverte. Il ne fait pas preuve d’une violence extraordinaire, ni même d’un poids extrême, mais le travail réalisé sur l’ambiance est tel qu’il se dégage quelque chose d’effrayant et d’imposant de cet album. L’atmosphère est assurément l’un des points forts de l’album de Heir, et les artistes ne se sont pas faits prier pour la rendre acerbe à souhait. On regrettera cependant un manque de richesse au sein de l’album. Il demeure difficile de réellement différencier les titres entre eux, et peut-être que l’apport de quelques frivolités aurait su changer quelque peu la donne.

L’aspect sludge de la musique de Heir est bien audible à sa puissance et à la lourdeur qu’elle dégage. On ira même jusqu’à dire que les toulousains ont su amené un appréciable côté corrosif à leur musique, notamment sur le titre « Meltem ». Nous en revenons donc aux thématiques. Comme le suggère la pochette ainsi que le titre des pistes, l’inspiration de nos musiciens semble avoir sérieusement fait trempette du côté de la péninsule hellénique. Statue grecque sur la pochette, et références à la personnification grecque du soleil sur « l’Heure d’Helios » et à un vent de la mer Égée sur « Meltem ». En effet, Heir aime la Grèce.

Les quarante minutes de l’album filent finalement assez vite alors que la consistance est au rendez-vous pour les cinq pistes. Malgré l’aspect intimidant de la musique, l’auditeur se prend au jeu rapidement, mourant d’envie de découvrir la suite des hostilités malgré l’animosité de l’album. Heir a fourni un travail cohérent et très bien ficelé. La marge de progression est encore grande pour faire de lui une formation de premier plan sur la scène française, mais sa maîtrise de l’atmosphère et de la pesanteur joue clairement en sa faveur. Assurément l’une des bonnes surprises de l’automne.

Heir nous a servi un black metal inspiré et somme toute assez moderne. Bien que cette dernière formulation soit généralement utilisée de manière péjorative dans ce cas de figure, n’y voyez là rien de négatif, bien au contraire. Au rayon des groupes aux sonorités actuelles, Heir parvient à bien capter l’attention et à transcender là où certains se vautrent dans la boue avec une grâce digne des plus grands. Nouvelle sortie très intéressante pour nos partenaires de Les Acteurs de l’Ombre, et nouveau groupe à suivre de très près sur la scène hexagonale. Ça commence à faire beaucoup.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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