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Vision d’artiste #1 – Erang

Voici donc le tout premier article Vision d’artiste, qui entend donner la parole aux artistes, mais dont le propos se concentre sur leur vision de la musique, sur l’importance qu’a la musique pour eux, davantage que sur leur propre travail. Aujourd’hui, l’artiste de dungeon synth Erang a accepté d’être le premier à répondre à nos questions.

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
J’ai sorti mon premier album de dungeon synth en 2012, à une époque où nous n’étions vraiment pas beaucoup à sortir de la musique sous cette étiquette là… Sur BandCamp, il devait y avoir une, ou maximum deux pages sous le tag dungeon synth. Depuis, le mouvement a grandi, et c’est tant mieux. J’ai développé mon propre monde, mes personnages et mon univers, qui sont une partie de moi depuis l’enfance. Vous pouvez en savoir plus sur la Terre des Cinq Saisons et sur le Royaume d’Erang sur mon site.

Quels groupes/projets t’ont initié à la musique ?
Je suis né en 1982, et à part certains titres de variété française entendu pendant l’enfance, j’ai le souvenir d’avoir été marqué par « U Can’t Touch This » de MC Hammer… Je précise, j’étais vraiment un enfant, et c’est bien sûr assez éloigné de mon univers aujourd’hui (rires). Sinon, mon grand frère s’est mis à écouter du hard rock et du metal, donc j’ai fait pareil au début, j’étais un très gros fan des Guns n’ Roses notamment. Je devais avoir onze ans. Ensuite, j’ai découvert la musique électronique. D’abord avec les plus connus, Daft Punk, Prodigy, et ensuite des choses plus pointues comme Aphex Twin, dont j’étais très fan, j’achetais tout ce que je trouvais (et à l’époque c’était difficile à trouver en magasin, c’était le tout début d’internet). J’enregistrais sur VHS ses clips sur M6 (oui, je sais que c’est difficile à croire, mais M6 passait des clips d’Aphex Twin la nuit). Et après ça, je me suis mis à écouter de tout sans aucune distinction, de John Cage à Summoning…

Quels groupes/projets t’ont donné envie de commencer toi-même à faire de la musique ?
Vraiment au tout début, je devais avoir neuf ans je pense, je suis tombé sur la pochette d’un vinyle de mon oncle du groupe The Spotnicks, et j’ai eu très envie d’avoir une guitare. Mon père en jouait un tout petit peu… Donc j’ai eu une guitare classique et j’ai dû prendre une dizaine de cours avant de laisser tomber, la prof ne me faisait bosser que du classique, des arpèges, alors que moi je voulais jouer du Metallica… Ensuite, vers l’âge de quatorze ans, je me suis mis à faire de la musique sur le PC de mon père avec Fasttracker 2. J’écoutais aussi pas mal de bandes originales de films (John Carpenter, Conan, Dark Crystal). Si on avance de presque vingt ans dans le temps pour en arriver à Erang, je faisais des musiques dans mon coin jusqu’au jour ou je suis tombé sur le blog d’Andrew, qui est l’inventeur du terme dungeon synth (ça fait du bien de le rappeler parfois). J’ai donc découvert Lord Lovidicus et Mortiis. Au même moment, je me suis mis également à écouter Burzum, principalement ses morceaux d’ambient totalement fantastiques (à l’inverse de ses idées politiques). Ce sont ces trois projets qui m’ont fait réaliser que ma musique pouvait intéresser peut-être d’autres gens que moi, et j’ai commencé à travailler sur mon premier album. J’ai fais une petite vidéo qui parle de tout ça ici.

Y a-t-il un(e) artiste qui te fascine tout particulièrement ?
Un artiste en particulier non, et j’ai passé l’âge d’être « fan » au sens premier du terme. Il y a de nombreux artistes que j’adore et dont je respecte grandement le travail, difficile d’en nommer un seul tant mes influences sont nombreuses… Mais spontanément, si je devais citer un morceau comme ça pour lequel le terme « fasciner » s’applique à mon sens tout particulièrement, je citerais « Song to the Siren », la reprise de This Mortal Coil. Ce morceau est envoûtant et mystérieux, c’est au-delà de la musique. De la beauté à l’état pur…

Quelle est ta manière de composer ?
Il n’y a (heureusement) pas de manière gravée dans le marbre, sinon ça perdrait, pour moi, tout son charme. Mais si je devais prendre un peu de recul pour regarder ça dans les grandes lignes, je dirais que j’ai très souvent trois façons de faire qui reviennent… La première, peu courante, c’est une mélodie qui me tombe dessus. Je ne saurais pas l’expliquer mais je me mets à chantonner ou siffler un air qui m’obsède et ensuite je le traduis en musique. La deuxième, c’est quand j’écoute un morceau d’un autre artiste qui m’inspire. Soit la mélodie, soit un son utilisé. J’essaye alors de voir comment il a fait, et en m’amusant avec j’arrive à quelque chose de nouveau et totalement différent. La troisième enfin, la plus courante je pense, c’est de m’installer sur mon poste de travail et de commencer à me balader dans mes sons et les presets de mes synthés jusqu’à ce qu’un son fasse tilt dans ma tête. C’est assez fascinant de voir comment un son, une texture, peut dicter une mélodie ou un riff…

Qu’est-ce qui t’inspire en-dehors de la musique ?
Tout… Ma vie, mes émotions, un livre, un film. Les films de fantasy des années 1980 et 1990. Un dessin, l’enfance à jamais disparue…

Que cherches-tu à transmettre quand tu composes ?
J’essaie avant tout de faire voyager, de transmettre la nostalgie d’un monde lointain. Emporter l’imagination de l’auditeur loin d’ici et le faire vagabonder dans un autre monde, un autre temps… Another World, Another Time…

Que penses-tu de l’évolution du dungeon synth ?
Que cela inspire de nouvelles personnes pour créer et s’exprimer c’est toujours une bonne chose. Après, comme avec tout, il y a de bons et de mauvais côtés à l’expansion d’un genre… Mais personnellement je m’en fiche, j’ai commencé à faire du dungeon synth quand personne n’en parlait et je continuerai à en faire même si ça faisait la une de TF1, ou pas, d’ailleurs. Je n’ai aucun plan et fonctionne à l’instinct, avec sincérité. Si demain je suis inspiré par autre chose je ferais un autre style de musique, même si le dungeon synth représente pour moi quelque chose de très personnel et d’important.

Quels sont tes projets à court et moyen terme ?
Là je suis en pleine remise en question. J’essaie plusieurs choses musicalement, j’expérimente… J’avais dans l’idée de partir sur quelque chose de vraiment différent, à la Ulver, mais je me rends compte après chaque expérimentation que j’en reviens toujours plus ou moins à mon univers (rires). Donc musicalement je ne sais pas, je laisse les choses et l’inspiration (re)venir… Sinon je viens de sortir deux CDJe travaille aussi à la sortie de ma première cassette mais c’est encore juste le début donc je ne vais pas trop en parler. Merci de m’avoir donné la parole et surtout un immense merci à tous ceux qui me suivent en France, la scène ici est encore petite mais c’est toujours un bonheur quand je reçois des messages auxquels je peux répondre en français !

Merci à Erang pour le temps qu’il nous a accordé.

About Maxime (344 Articles)
Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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