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Live Report – Samaïn Fest 2017 – Jour 2

Après être hardiment monté à Rennes et avoir pris un très païen kébab accompagné du compagnon Corvino, votre serviteur était, en ce samedi matin, on ne peut plus disposé à profiter du festival.

Une fois le bracelet de rigueur obtenu, nous déambulons entre la salle de concert et les le parc municipal, avant de nous rendre à une très prenante conférence tenue par Greg, chanteur de Möhrkvlth, s’attachant à donner une vision claire et documentée de la fête de Samaïn, et d’une manière générale des fêtes calendaires celtes. Suivant immédiatement la conférence, la Gorsedd, organisation des druides de Bretagne, célébrera un rituel commémorant le Nouvel An celtique, mais plaçant aussi le festival entier sous la protection des divinités païennes. Une cérémonie réellement touchante, discrète et simple, qui aura marqué votre serviteur par son humilité et son humanité.

Place ensuite aux concerts. C’est Atrocia qui monte en premier sur scène. Le groupe se présente comme officiant dans un mélange de thrash et de death metal, mais votre serviteur et son compère y auront plutôt trouvé un death moderne, assez technique, assorti de grosses influences hardcore. Le groupe existe depuis 2003, et fait plaisir à voir. Les trois cordistes sont tout sourire, s’amusent visiblement beaucoup et manifestent leur joie d’être présent. La prestation est carrée, efficace, les riffs sont malheureusement très difficilement discernables. La malédiction coutumière des salles non prévues originellement pour la musique n’aura pas manqué de frapper, et le son restera assez moyens pour presque tous les concerts… En s’appliquant, on arrive toutefois à distinguer des mélodies bien trouvées, renforcées par une énergie et une dynamique qui font vraiment plaisir à voir. Une bonne découverte, qu’il faudra approfondir sur disque avec l’annonce alléchante de bons moments défouloir en perspective.

Red Dawn prend la suite, et assène un death metal technique moderne très caractéristique. Gros point positif, le chanteur est absolument partout, concentré d’énergie, souriant et enthousiaste pour dix. Les musiciens semblent parfaitement connaître leur affaire, et ce n’est une fois de plus que le son très dommageable qui viendra ternir la prestation. Cela et l’inintérêt total de votre serviteur pour le death moderne et technique. Enfin, on notera un groupe très sympathique, qui a vraiment l’air de savoir ce qu’il fait, qui dégage suffisamment d’énergie pour ne pas devenir lassant, même pour un non amateur.

Viens ensuite le premier groupe réellement attendu par votre serviteur, Skelethal. Et autant vous ne trouverez chez moi aucun album de death moderne, autant le vieux death metal poisseux et sombre à l’extrême trouve très facilement une place dans mes étagères. D’autant plus quand l’inspiration majeure de Skelethal est la légendaire scène suédoise, qui aura enfanté les non moins légendaires Entombed, Dismembered et leurs amis. Connaissant la musique des lillois, c’est avec un vrai enthousiasme que j’attendais le duo, augmenté d’un second guitariste et d’une bassiste. Le son est encore le gros point noir, mais bon Dieu quelle énergie, quelle furie !

Les morceaux s’enchaînent à toute allure, les gros trémolos rouillés à la Boss HM2 assassinent sans pause, et la batterie cogne avec hargne de bout en bout. Petite faiblesse de la voix en début de set, vite réglée par la suite. Très gros instant de jouissance, qui aura vu un public un peu calme se mettre à bouger la tête et lancer de petits mouvements sportifs de temps à autre. Très bonne prestation, excellent groupe, son qui ne rend pas honneur. Skelethal est très goûteux sur album, efficace en live et se révélera sans doute redoutable avec un son correct.

Première pause, première bières, premiers achats. Le très respectable Loïc Cellier se tient derrière son stand, semble heureux de discuter avec les fans de Belenos et vend ses albums à un prix très correct. C’est de bon cœur qu’on se sépare de quelques pièces pour obtenir les albums manquants. On passera également au stand des excellents Impious Desacration, qui fera craquer votre serviteur sur le premier Watain et le troisième Incantation pour à peine treize euros. Petit hommage à l’excellente Couille de Loups, qui est en train de devenir une bière fétiche de l’underground metal français.

Yugal sera esquivé honteusement par les deux membres présents de la rédaction, qui avaient vraiment besoin d’une pause. On ne suivra également Deathcode Society que de loin, appréciant au passage quelques mélodies et le décorum, mais qui n’aura pas fait grande impression de manière globale, la faute encore au son et à un chanteur qui devient difficilement supportable quand il monte dans les notes les plus hautes. Le black metal « baroque » n’aura de toute façon jamais été la tasse de thé de votre serviteur…

C’est l’heure du plat de résistance ! Belenos, l’un de groupes les plus respectés mais aussi méconnus de la scène black française prend possession de la scène. Après vingt ans, Loïc Cellier livre années après années des albums toujours au moins très bons, et n’offre qu’assez peu de concerts. Avec le temps, Loïc en vient à avoir presque un air noble, impressionnant, dégageant une réelle force tranquille. Tranquille, jusqu’à qu’il monte sur scène. Avec son line-up live, Belenos fait volontiers dans le black metal très virulent, voire parfois brutal. Le son est enfin à peu près correct, et on discerne assez les mélodies typiques de ce pilier de la scène black.

Le concert file sans pause, à une vitesse folle. « Terre de Brume », « L’Antre Noire »… Pas plus de six ou sept morceaux sont joués, mais quels morceaux ! La musique de Belenos est empreinte d’une élégance et d’une profondeur rare, et on est pris aux tripes par ces riffs mélodiques qui suscitent une vraie émotion. Frustration cependant, le groupe ne jouera pas l’hymne « Par Belenos »… Dommage. Belenos aura offert un concert sobre, propre, puissant et incroyablement évocateur. Un grand groupe que celui-ci, un grand musicien à sa tête.

Après cette longue journée, votre serviteur commencera à ressentir les effets conjugués du froid et de la fatigue. La nuit se fait fraîche, et la nourriture servie sur place, à prix très acceptable via un système de jetons, est chaude et donc parfaitement bienvenue. Il est temps de mobiliser ses dernières forces pour aller assister à la démonstration de force de Bölzer. Le géant Okoi Thierry Jones est présent depuis le matin parmi nous, et promène maintenant sa silhouette de titan à torse nu sur la scène envahie de fumée, plongée dans une sombre lumière bleue. Le concert commence, et le voyage s’entame immédiatement.

Le son est enfin bon, ce qui était une condition sine qua non pour apprécier la musique complexe aux sons profonds et variés de Bölzer. Impressionnant de voir cet homme aux allures de héros antique armé de sa dix cordes déployer ses mélodies hallucinées aux sonorités entrecroisées devant une foule très remplie et attentive. Silence entre les morceaux, Bölzer impose le respect. On notera simplement un slammer inopportun qui tentera un saut de la scène, visiblement raté à en juger par le « AH ! » très amusé de Thierry en fin de morceau, accompagné d’une désignation moqueuse du doigt. Le titan demandera d’une voix goguenarde et avec un magnifique accent anglais « un petit dosage de calme s’il vous plaît », avant de reprendre le concert.

La devenue culte « Entranced By the Wolfshook » clôt le concert sur son riff cosmique au possible, et Thierry quitte immédiatement la scène après avoir fait taire sa guitare. Le concert aura complètement mis à genoux votre serviteur, qui regrettera d’avoir épuisé ses deniers et repartira sans les productions du groupe suisse. Nous quittons assez rapidement les lieux, aidés par de sympathiques festivaliers qui accepteront de nous ramener en voiture jusqu’à Rennes.

Le Samaïn Fest aura été une très bonne expérience en ce qui me concerne. L’organisation aura eu le bon goût de ne pas en faire trop sur le paganisme, malgré la thématique du festival. Tous les groupes vus auront été de qualité, et il n’y a vraiment que le son de la salle qui soit réellement à déplorer. Les stands étaient bien fournis et très abordables, les festivaliers semblaient réellement passionnés par la musique mise à l’honneur, et l’ambiance globale aura été on ne peut plus sympathique. Indéniablement, les conférences et la cérémonie druidique auront apporté une dimension supplémentaire à l’événement, le rendant différent d’un festival lambda. La journée n’en restera que plus remarquable. Un grand merci et un grand bravo s’imposent donc pour l’organisation du Samaïn Fest, et l’on espère pouvoir se rendre à la prochaine édition de ce festival original. La Samaïn aura été célébrée comme il se doit.

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