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Burzum – Sôl Austan, Mâni Vestan

Pays : Norvège
Genre : Ambient / Dungeon Synth
Label : Byelobog Productions
Date de sortie : 27 Mai 2013

De ses premiers éclats à aujourd’hui, notre Louis Cachet national s’est toujours montré plein de ressources. Pour le meilleur, évidemment, mais aussi pour le pire. Tout le monde connaît son histoire, mais trop peu ont continué à la suivre de près ces dernières années, la faute aux sorties d’albums ambient bien éloignés des classiques de black metal dont l’artiste savait se rendre capable. Pour autant, depuis la sortie d’un Umskiptar un peu léger, Varg Vikernes n’a jamais souhaité faire machine arrière pour revenir à ses premiers amour que sont la vocifération, le blasphème et les riffs obsédants. Au lieu de ça, son public a eu droit à deux albums ambient pour le moins étonnants.


Des deux albums dont il est question, Sôl Austan, Mâni Vestan est donc le premier. Sorti en 2013 sans faire de bruit, l’album est autant décrié des adeptes de la première heure de Burzum qu’il est adulé par la communauté dungeon synth et plus largement ambient. Jusqu’ici, rien de bien surprenant. Mais pour ce qui est de la surprise, le onzième album de Burzum la manie plutôt bien, surtout au moment de sa sortie, alors que les sonorités qui lui donnent corps sont plutôt inconnues du public du projet de l’artiste norvégien. Voyons la chose en détails.

Du séjour carcéral de notre homme, on garde deux albums incroyables. D’abord le minimaliste et diablement efficace Dauði Baldrs, puis l’inégalable contemplatif Hliðskjálf. Par la suite, quatre albums black metal ont vu le jour chez Burzum, mais aucun réel retour aux sources n’était au rendez-vous, si ce n’est dans le cas de From the Depths of Darkness. Ainsi, lorsque le camarade Varg est revenu vers l’ambient en 2013, l’interrogation était de mise, surtout lorsque l’on considère le caractère un poil expérimental des quatre albums précédant Sôl Austan, Mâni Vestan. Effectivement, l’artiste a surpris son monde. Cet album marque une rupture de choix au sein de la discographie de Burzum, et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, la clarté sonore. Sôl Austan, Mâni Vestan est pour ainsi dire le premier album de Burzum doté d’un son aussi pur, aussi immaculé. Terminé le dark ambient lugubre, Burzum nous offre sur Sôl Austan, Mâni Vestan un ambient éthéré et vaporeux, mais pas que. En effet, il subsiste sur cet album un sens du rythme très intéressant, qui plus est avec des sonorités nouvelles en la matière. Comme sur Hliðskjálf, la contemplation est de mise, mais de manière différente. Ici, on a affaire à quelque chose d’éclatant, quelque chose qui va finalement à l’encontre de ce sentiment de prostration qui était jusqu’alors en vigueur au sein de l’ambient de Burzum.

Sôl Austan, Mâni Vestan s’apparente ainsi à une certaine bouffée d’air frais, et les choix techniques de Varg n’y sont pas étrangers. Le rythme lent est sublimé par une utilisation très pertinente de la guitare sèche et du clavier. Utilisés avec parcimonie (et peut-être trop de parcimonie dans le cas de la guitare), ces deux instruments apportent indéniablement quelque chose d’incroyablement aérien à la musique de Burzum, alors que cette dernière était jusqu’alors cantonnée à ramper dans la boue ou à croupir au fond d’une grotte. Cette espèce de virage stylistique fut d’autant plus intéressant qu’il nous a également prouvé que l’ami Varg pouvait réussir tout ce qu’il entreprenait. Ça en deviendrait presque rageant.

L’écoute de Sôl Austan, Mâni Vestan peut amener l’auditeur dans un état plus que propice à la méditation, ou simplement à la réflexion. Les sonorités de cet album sont de velours, et ses évocations, bien que faisant référence à une période reculée de l’Histoire de l’humanité, dégagent une espèce de sérénité parfaitement inexplicable. Le principal moment fort de cet album est sans doute le duo formé par les titre « Heljarmyrkr » et « Mâni Vestan ». Ouvrant la voie à la clôture de l’album avec « Sôlbjörg », ces deux pistes apportent une harmonie incomparable et une ambiance presque spatiale. Qui a dit que Burzum ne pouvait pas vous emmener dans les plus hautes sphères de la galaxie ?

Curieux album que Sôl Austan, Mâni Vestan. Tantôt atmosphérique à souhait, tantôt plus proche du sol avec l’utilisation de la guitare et des percussions, le onzième album de Burzum n’est assurément pas une sortie comme les autres, même au sein de la scène ambient. Pour autant, même s’il peut aisément lasser les auditeurs trop peu réceptifs, il sait se montrer magique et très profond si l’on veut bien lui donner une chance d’enivrer comme il sait le faire. Avant-dernier album de Burzum au moment où ces lignes sont rédigées, Sôl Austan, Mâni Vestan est peut-être l’un des albums les plus incompris du projet, mais il demeure pourtant l’un des meilleurs.

 

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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