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Malokarpatan – Nordkarpatanland

Pays : Slovaquie
Genre : Heavy/Black Metal Folklorique
Label : Invictus Production
Date de sortie : 31 Octobre 2017

Alors ? Votre culture en metal slovène a-t-elle augmenté depuis la chronique du premier Malokarpatan ? Non ? Bon, eh bien je ne vous félicite pas. Vous avez donc droit à une séance de rattrapage avec le second album de la formation, qui revient deux ans après sa première œuvre vous hanter de mélodies épiques et de folklore rural.

Voyez-vous, il y a dans Malokarpatan un je-ne-sais-quoi de  très particulier. On n’a pas l’impression d’écouter des musiciens jouer de la musique ancienne, mais bien d’écouter directement les chansons des époques passées. Dans le premier album, Malokarpatan offrait un black metal raw, primitif, hanté et mystique, comme si à l’époque où Beherit enregistrait ses premiers sabbats blasphématoires, d’autres âmes damnées venues d’Europe centrale étaient prises de la même possession et livraient leur musique marquée d’une inspiration similaire en y incorporant les senteurs de leur pays. Si certains d’entre vous ont daigné écouter ledit album, vous vous êtes sûrement rendu compte qu’il était bon. Vraiment très bon, pour ne pas dire excellent. L’atmosphère folklorique omniprésente, l’odeur de vieille sorcellerie de campagne, le tout servi par des trémolo-pickings simples et prenants… Eh bien tout ça est de retour. Enfin, presque…

Disons-le tout de suite, Malokarpatan sur Nordkarpatanland est beaucoup moins black, et beaucoup plus heavy. On y retrouve les mélodies et l’entrain des premiers Angel Witch, du Maiden dans ses passages les plus épiques, et surtout du Venom à très haute dose. Et qui dit Venom dit agressivité et thrash metal primitif sous-jacent. On entend souvent, pour ne pas dire presque tout le temps, des riffs et rythmiques qui feraient beaucoup penser au Slayer de Show No Mercy. Et à ce niveau de lecture de la chronique, vous êtes sûrement en train de vous dire que le black metal est le grand absent de cet album… Et vous n’avez pas totalement tort. Que reste-il de black dans cet album ?

En termes musicaux, pas grand-chose. Quelques trémolos par-ci par-là, quelques mélodies mélancoliques… Mayhem et Darkthrone sont loin. Non, ce qui reste de black metal dans cet album, ce sont les éléments folkloriques et les ambiances. Et puis tout de même, ce chant bien rugueux, incanté, grogné et éructé, ce n’est pas black metal peut-être ? Non, ne répondez pas, ça l’est vous dis-je. Et en allant plus loin, les nappes de claviers qui viennent se poser régulièrement, ces samples folkloriques, les cœurs sur « V hustej Hore na Stračích Nohách Striga Chalupu Svoju Ukrýva »… Tout ça, cet ancrage constant dans la culture locale, le folklore et les traditions, tout cela donne un cachet totalement black metal à l’ensemble. On y retrouverait, pourquoi pas, l’influence des premiers Master’s Hammer.

La magie de Malokarpatan est bien présente sur cette seconde œuvre. Tout y est, tout s’y retrouve. Les mélodies ensorcelantes, les références à la culture populaire archaïque, le son rugueux… Il n’y a pas à tortiller. Malokarpatan, après s’être essayé au black metal le plus primitif qui soit, revient en donnant cette fois dans le heavy metal venomien, mais qui aurait troqué ses boucs et ses croix inversés pour mieux glisser entre ses notes des soupirs de sorcière. En fait, on oserait presque dire que l’on a ici la version plus rock de Cultes des Ghoules.

Certains seront peut-être déçus de perdre le black metal de Malokarpatan dans ses grandes largeurs. Après tout, vous venez ici en priorité pour du black metal. Mais honnêtement, à moins que vous ne soyez rétif à toute musique heavy tirée des années 1980, vous ne pourrez sans doute pas rester complètement insensible à ce disque. Tout y sonne tellement authentique, tellement sincère… Tout y est réussi. Les morceaux ne deviennent jamais longuets, les mélodies sont excellents, accrocheuses et énergiques, la production est géniale de simplicité, avec sa batterie toute nue, sa basse ronronnante et ses guitares qui auraient pu être volées à n’importe quel groupe de heavy plus énervé que les autres au début des saintes années 1980. Irréprochable, jouissif, entraînant, débordant de ce parfum si particulier du folklore slave.

Il faut laisser sa chance à cet album. Non, il n’est pas dans la stricte continuité du premier Malokarpatan, mais il est tout aussi excellent dans un domaine un peu différent, sans être totalement coupé de son aîné. Nordkarpatanland est un superbe album. Il est une seconde belle lettre de noblesse à inscrire sur le blason d’un groupe qui brille déjà par son authenticité et son talent. Jetez-vous sur ces Carpates du Nord, vous n’y trouverez que mélodies excellentes et mysticisme rural.

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