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Paramnesia / Ultha – Paramnesia / Ultha

Pays : France / Allemagne
Genre : Black Metal
Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
Date de sortie : 24 Octobre 2017

Muets depuis 2014, les alsaciens de Paramnesia étaient de retour sur le devant de la scène à la fin du mois d’octobre, grâce à la sortie d’un split réalisé en compagnie de la formation allemande Ultha. Sorti (entre autres) par nos partenaires de Les Acteurs de l’Ombre, ce split a eu le mérite de proposer un contenu intrigant et plutôt conséquent à la communauté black, de quoi faire de lui l’une des sorties à surveiller en cette fin d’année. Mais suffisamment pour viser plus loin que cela ?


Réaliser un split n’est jamais chose aisée. Au delà de la complémentarité évidente que doivent avoir les titres des groupes concernés, c’est évidemment l’atmosphère générale de la musique qui est prise en compte au moment de juger de la réussite ou non d’une telle collaboration, sans parler de l’évidente masse de travail abattue par chaque protagoniste. Il est rarement question de splits dans nos lignes, mais l’exemple parfait d’un travail abouti associé à une complémentarité lacunaire concerne le split réalisé par Botanist et Oskoreien, sorti et chroniqué il y a environ un an. Néanmoins, avant même d’avoir posé une oreille sur le travail de Paramnesia et d’Ultha, on a comme une impression.

Même si les styles des groupes en présence sont évidemment un peu différents, difficile de ne pas déceler un certain potentiel au moment d’évoquer un split entre eux. Et la suite des événements ne va pas à l’encontre de ce constat, la sortie en présence est effectivement très réussie. Au coeur d’une atmosphère habitée, Paramnesia et Ultha ont chacun apporté un titre d’un peu moins de vingt minutes pour ériger un album monolithique extrêmement pesant, éprouvant même. L’ensemble se trouve être incroyablement compact, et ce malgré les quelques moments d’accalmies que l’on peut trouver chez les deux groupes.

Chez Paramnesia, le parti pris est clairement celui de la menace et de la corpulence. Les riffs sont lourds, les chants en arrière-plan hurlent de douleur ou éructent de rage, et la batterie, survoltée, bat la cadence comme pour écraser l’auditeur sous un poids inévitable. Les quelques passages plus calmes permettent certes de reprendre son souffle, mais aussi d’apprécier le travail d’ambiance réalisé par le groupe, qui a vraiment mis les bouchées doubles pour faire de « VI » un titre à part, offrant à son auditeur une expérience des plus singulières. Et la chose est réussie de manière magistrale, tant Paramnesia parvient à se montrer efficace sur un titre aussi long.

Le titre d’Ultha est un peu différent. Là où les allemands font mouche (si toutefois la chose était voulue d’entrée), c’est en ayant laissé « The Seventh Sorrow » démarrer plus doucement. Après près de vingt minutes de suffocation, la faute au titre de Paramnesia, il aurait été bien difficile d’entrer à nouveau dans un titre démarrant tambours battants. Au contraire, chez Ultha, la mise en bouche est prolongée, de manière à apprécier, là encore, le travail réalisé sur le plan atmosphérique. Là où Paramnesia se montre accablant, Ultha est plus dans la nuance, la suggestion. Les allemands ont visiblement travaillé de manière à déployer quelque chose de plus dérangé, de plus maladif.

On est loin de quelque chose de déchirant ou de lancinant à souhait, mais cette distance prise avec la douleur époumonée permet justement d’instaurer un climat incertain marqué par la mélancolie et la solitude. On apprécie d’ailleurs beaucoup les quelques chants clairs, qui sont du plus bel effet au milieu de la dissonance des guitares. Pour autant, même s’il se montre moins rentre-dedans que « VI », « The Seventh Sorrow » remplit son rôle de clôture à merveille et permet de faire naître des aspects inconnus chez Paramnesia sur le split. Que l’on parle des français ou des allemands, cette sortie est une franche réussite. Comme quoi, la complémentarité, ça fait tout.

La pari était un poil osé. Avec deux titres dont la durée frôle les vingt minutes, l’auditeur peut vite lâcher prise. Mais grâce à un travail de composition très réussi et à une atmosphère qui en jalouserait plus d’un, Paramnesia et Ultha ont offert un split d’une cohérence rare et dont le contenu contentera plus d’un adepte sceptique. À leur manière, les deux groupes ont fait à boire et à manger sur un split qui étonne par son efficacité et son contenu. Pour les deux formations, c’est de très bonne augure pour les années à venir.

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Fondateur / Rédacteur chef - maxime.deruy@gmx.fr

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